L'attente n'aura pas été vaine, l'image 16/9 est de toute beauté. La définition est solide (l'image nous semble toutefois un peu trop douce) et les couleurs sont superbes. De plus, la compression est parfaitement maîtrisée.
Remixé pour l'occasion en DD 5.1, la bande son tient ses promesses. Les nombreux passages musicaux sont bien retranscrits en s'appropriant les 5 canaux mis à leur disposition (le tout reste cependant principalement ancré vers l'avant). Pour le reste, les arrières sont plus timides et ne réagissent que raremant face aux vannes de Wayne et Garth.
La VF dolby surround, bien moins dynamique techniquement , perd également beaucoup au niveau du doublage.
Reprenant la forme d'un programme TV américain avec la météo, le cours de fitness, le brady bunch, les menus sont laids mais assez originaux.
Close-up en plein cadre VO sous titré français va plus loin que la simple featurette promotionnelle. On apprend la génèse des personnages, le choix du réalisateur et à quel point le head banging est mauvais pour les vertèbres. D'une durée de 23'15, il est vraiment riche et pas seulement auto-complaisant (contrairement à 95% des bonus de ce genre) : Rob Lowe nous apprend par exemple à quel point Mike Myers, dont c'était le premier film, ne connaissait rien aux techniques du cinéma.
Le commentaire audio de la réalisatrice, fait souvent doublon avec le making of, mais est suffisament riche en anectodes pour être intéressant. S'il n'est pas sous-titré, il est tout de même facilement écoutable par les non-anglophobes, tant la diction de Penelope Spheeris est claire.
Wayne et Garth animent une émission débile affranchie de toutes règles audiovisuelles passant sur le réseau local. Un producteur calculateur voit en eux un potentiel énorme et décide de les signer.
Comment adapter les non-aventures de deux présentateurs pseudo-amateurs ne sortant jamais de leur cave et dont l ‘énormité des excentricités a fait les beaux jours du Saturday Night Live au début des années 90 ? C'est la question qu'a dû se poser le producteur Lorne Micheals avant de se lancer dans le projet.
La solution était simple : le décalage vis à vis des personnages. En adoptant le regard de témoins étranger au monde de Wayne (Robe Lowe dans le rôle du beau méchant de service) et en faisant passer les 2 héros pour des marginaux dont l'humour n'est pas forcément communicatif, le résultat sur grand écran tient plutôt bien la route. La partition musicale est de tout premier choix et le récit réserve quelques très bonnes séquences dont les 3 fins radicalement différentes.
Par Philip Dowland