Disney via ici Dimension se met enfin au 16/9. Le résultat est tout de suite significatif. La définition de l'image est excellente, voire par moments parfaite. Les teintes sont ainsi très naturelles et les couleurs pimpantes, notamment dans les scènes du lycée. Quant aux scènes plus sombres dans la maison de Mrs Tingle, la qualité du contraste permet une très bonne lisibilité.
Presque en même temps que Universal (Red Violin), Disney nous propose ce qui va maintenant être de plus en plus souvent la règle : la possibilité de choisir entre la piste DD 5.1 et la piste mixée en DTS. Malheureusement, Mrs Tingle n'est assurément pas le film qu'il fallait pour apprécier pleinement la différence entre les mixages. Bien sûr, on note d'emblée une meilleure dynamique sur la piste DTS mais c'est à peu près tout. Le film étant relativement sage d'un point de vue sonore, les effets surround sont ainsi rares.
En dehors de ce comparatif qui s'avère vain à effectuer, force est de constater que les deux pistes mises à disposition sont d'un très bon niveau et bénéficient notamment d'une très bonne répartition des canaux.
N'ayant que les sous-titres anglais mis à disposition, la compréhension de l'intrigue nécessite une certaine connaissance de l'anglais (langage ''jeune'' oblige).
Chez Disney, toute avancée technologique doit être synonyme de bonus. Le transfert 16/9 est donc la seule source d'interactivité qu'on peut trouver exception faite de la traditionnelle bande annonce. Les menus sont comme d'habitude fixes et aucune musique ne vient accompagner votre courte navigation. Enfin, soyons positifs, ils sont enfin passés au transfert anamorphique.
La première réalisation de Kevin Williamson, scénariste de Scream et autre Souviens-toi l'été dernier est loin d'être convaincante.
Selon Williamson lui-même, l'histoire de ces jeunes lycéens qui kidnappent leur sadique professeur après avoir reçu une mauvaise note est une extrapolation de ce qui aurait pu lui arriver. Un de ses anciens professeurs lui aurait ainsi mené la vie dure : ''elle a tout fait pour me paralyser. Notre dernier devoir de classe consistait à écrire une nouvelle. Elle m'a interrompue en pleine lecture et a dit devant tout le classe : c'est nul ! On ne devrait même pas avoir à vous écouter. Abandonnez toute idée de devenir écrivain''.
Williamson a failli en être persuadé. Heureusement il n'en a rien été et il a pu nous offrir ce petit bijou qu'est Scream. Le problème, c'est que s'il est un très bon scénariste (encore qu'en voyant ses autres projets Souviens toi l'été dernier ou Faculty, on peut commencer à en douter), il n'a pas fait ses preuves de metteur en scène.
Mrs Tingle nous en fait la démonstration. L'exposition est bâclée. Le rythme du film est lent. Mais là où le bas blesse, c'est le manque d'imagination au niveau du déroulement de l'histoire. Le concept est bon (ce qui permet d'ailleurs de tenir notre attention pendant 90 minutes) mais Williamson s'en contente et ne fait qu'empiler les scènes habituelles des films teenagers américains. Rien ne vient déranger le cours prévisible de l'histoire (là où au contraire, Scream étonnait par sa relecture du genre).
Le novice Williamson n'a pas su transcender son scénario. Heureusement, il a eu du flair pour son casting : Katie Holmes et Helen Mirren en tête sont parfaites et leur joute verbale et physique est le principal atout du film.
Par Laurent Pécha