Totalement indigne du support. L'image n'est pas meilleure que celle d'une VHS usée (c'est même pire). Souffrant d'un manque total de définition (on a rarement vu une image avec un piqué aussi faible), le transfert souffre de toute évidence de l'utilisation abusive du réducteur de bruit. L'image est ainsi ultra lisse et les arrières plans sont totalement figés. Bref, c'est tout sauf ce que l'on veut voir en DVD.
A noter que les sous-titres apparaissent dans les bandes noires, donc pour ceux qui voudraient zoomer sur leur TV 16/9 (du fait de l'absence de transfert 16/9), il faudra s'en passer.
La seule piste présente (VO mono d'origine) n'est guère plus séduisante que l'image. Manquant de précision et de dynamisme, elle possède l'unique avantage d'être épargné par le souffle.
Menus musicaux mais fixes avec une certaine recherche esthétique (même si on est bien loin de l'esprit du film). Pour les bonus, il faut se contenter des biographies et filmographies en menu déroulant de Marlon Brando et Karl Malden, ainsi que de quelques pertinentes notes de production accompagnées de l'affiche originale.
Ayant attaqué une banque, Rio et Dad sont pris au piège. Ne leur restant qu'un seul cheval pour s'enfuir, ils tirent au sort celui qui partira avec le magot à charge de revenir avec des renforts. C'est Dad qui l'emporte mais ce dernier disparaît dans la nature laissant son compagnon être inculpé seul du vol. Cinq ans plus tard, Rio s'évade de prison bien décidé à se venger de Dad, devenu shérif.
Unique incursion de Marlon Brando derrière la caméra, La vengeance aux deux visages est un western hors normes. A l'instar de son anti-héros qui subit d'atroces souffrances (Brando lui même dans l'interprétation la plus masochiste de sa carrière, à côté le père Clint, c'est un enfant de coeur), le film a connu les pires galères : dépassement de budget astronomique (plus de trois fois la mise initiale), durée du tournage qui n'en finissait de s'allonger (6 mois au lieu des 6 semaines prévues), remplacement du réalisateur officiel (Brando remplaça en effet...Kubrick) et pour finir coupes sévères dans le montage final (des presque cinq heures initiales, il ne reste plus que deux heures quarante).
Qu'importe, La vengeance aux deux visages appartient à cette race de chefs d'oeuvres maudits qui résiste à tous les obstacles. OEuvre baroque à la lenteur sublime, rappelant le cinéma japonais préfigurant celui de Leone, La vengeance aux deux visages est à la fois un joyau et un ovni, le genre de film qu'on voit une fois par décennie tout au plus.
Par Laurent Pécha