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GEORGE A. ROMERO : L'HOMME REVOLUTION

Tout sur DIARY OF THE DEAD - La Critique - Photos - Le 2008-06-20 05:59:51


Alors que beaucoup constatent avec douleur que le maître a peut-être un peu perdu de sa fougue et de son franc-parler, il serait bon de faire un retour sur tout ce qu'il a par le passé apporté au cinéma au travers de ses deux films majeurs que sont les cultissimes Nuit des Morts vivants et Zombie. Une manière donc de comprendre aussi dans quels contextes ces deux chefs d'oeuvres sont sortis de façon à bien cerner en quoi ces deux films furent novateurs. Petit flash back rapide au pays de ceux qui se relèvent après le trépas de manière à remettre les choses en place et de rendre à George ce qui lui revient, bien entendu !




DIARY OF THE DEAD de george a. romero

Il est assez logique que quiconque jetant un coup d'oeil peu passionné à quelques images de la Nuit des Morts vivants puisse trouver le film vieillot et considérer que le métrage n'a plus rien de son aura de chez d'oeuvre... Bien entendu, ce cas est choisi volontairement extrême et un avis pareil ne pourrait être tenu que par quelqu'un qui ne connaît pas grand-chose au cinéma en général et encore moins au langage filmique. Cependant, il est vrai que sans certaines données historiques, son statut d'oeuvre révolutionnaire pourrait sembler usurpé. Cependant, il est pourtant amplement mérité tant le film a marqué un changement radical dans l'histoire du cinéma. De plus son intrigue apocalyptique est témoin d'une époque et d'un monde sur le point d'éclater, qu'elle tache (in)consciemment de retranscrire. Commençons par ce qu'il y a de réellement novateur par rapport à l'histoire générale du cinéma. S'il est clair que le fantastique, l'horreur et l'épouvante sont des données que l'on ne peut retirer au fondement du septième art, il est aussi certain que leurs formes et le champs lexical qui servit à les retranscrire a eu tendance à changer au fur et à mesure des époques. Aussi dès les films de Georges Méliès, la peur et l'imaginaire se font présents au sein d'oeuvres telles que Le manoir du diable en 1896 ou la beaucoup plus connue Caverne maudite. Bien sûr, ces incursions n'ont strictement rien à voir avec ce que l'on connaît aujourd'hui mais pourtant l'engouement est là et ne cessera d'augmenter au fur et à mesure, et c'est grâce à cette popularité que des films tels que Le Cabinet du docteur Caligari, emblème du cinéma expressionniste réalisé par Wiene, ou encore le toujours aussi efficace Nosferatu le vampire de Murnau en 1922 purent voir le jour.




DIARY OF THE DEAD de george a. romero

La notoriété du genre ne cessant jamais d'augmenter, il fut alors fort logique de voir apparaître ce que l'on considère encore aujourd'hui comme les grands classiques, ceux qui provenaient des Studios Universal et qui savaient faire frémir l'audience avec classe et le tout dans des fictions soignées et léchées telles que leur tout premier essai qu'est le Fantôme de l'opéra en 1925 ou la série des monstres sacrées des Dracula et autres films de James Whale, ces Universal Monsters qui connurent leurs heures de gloire de 1932 à 1948, imposant ainsi un dialecte référence que renforçaient d'autres chefs d'oeuvres tels que les films de Jacques Tourneur, les King Kong et autres Chasses du Comte Zaroff. Et ce ne sont pas les classiques naissant dans les années 50 qui changèrent la donne puisque des films comme La chose d'un autre monde, L'invasion des Profanateurs de Sépultures ou La mouche noire ne firent qu'imposer une bonne fois pour toute une manière de raconter de façon à ce que le genre reste toujours sous une forme de fiction noble, et ce même s'il ne s'agissait que de séries B fauchées dont Corman fut le pape dès les 60's ou de l'horreur grand guignol et gothique que produisit la mythique Hammer ouvrant les horizons et les possibilités. Cependant la première amorce de révolution se joue en 1960 avec l'un des chefs d'oeuvre d'Hitchcock, le toujours aussi efficace Psychose, qui outre le fait d'avoir l'une des séquences les mieux maîtrisées de tous les temps est surtout le moment où le cinéma de genre tel qu'on le connaît commence à montrer une certaine réticence à rester un divertissement convenu : en effet, malgré le fait que la folle aventure de Norman Bates soit parfaitement mise en scène et racontée telle une fiction, c'est surtout le fait que soudain on commence à accorder au film que ces événements se déroulent dans une réalité et non plus dans une fiction romanesque qui fait franchir au Cinéma une première marche que Romero, huit ans plus tard, transcendera avec une réalisation inventive et courageuse.

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