Malgré un beau contraste lors des nombreuses scènes nocturnes du film, la compression laisse par contre vraiment à désirer, provoquant de désagréables fourmillements dans les arrières plans. Dommage.
Le niveau sonore proposé sur la piste anglaise est plus élévé que sur la piste en version originale mais possède aussi un souffle plus perceptible. Pour ce qui est de l'ambiance musicale, la musique envoutante de Ryuichi Sakamoto aurait méritée plus que ce mono de facture classique.
La traduction proposée sur la piste anglaise est assez différente de celle des sous-titres anglais que l'on ne peut malheureusement pas supprimer, ce qui est fort désagréable, vu leur taille et leur couleur plutôt voyante (jaune).
Un menu fixe au visuel assez sombre (les options sélectionnées s'éclairent) avec un chapitrage titré et imagé. Pas de supplément...
Ai, une prostituée de luxe spécialisée dans le sado-masochisme et autres pratiques fétichistes, subit les excès de ses riches clients aux moeurs très particulières. La journée, elle redevient une jeune femme plutôt renfermée sur elle-même qui espère secrètement retrouver l'homme dont elle est amoureuse et qui malheureusement pour elle est déjà marié...
Douze ans après avoir adapté à l'écran son premier roman Bleu Presque Transparent (un Trainspotting avant l'heure, toujours inédit en France), l'écrivain à succès Ryu Murakami (Les Bébés de La Consigne Automatique) réalise un quatrième long-métrage dont il a également signé le scénario.
Ce film nous plonge dans l'univers déviant de certains milieux riches Japonais, dont Ai est le témoin actif. Les séquences de mises en scène SM imaginées par l'esprit fertile de ces client(e)s constituent la majeure partie de ce film où l'érotisme est souvent lié à la notion de danger (sans parler d'humiliation).
En effet, l'héroine ne sait jamais à l'avance sur quel type de personnage(s) elle va tomber. Et elle n'est jamais au bout de ses surprises, comme par exemple lorsqu'un client phantasmant sur la nécrophilie lui demande de simuler la mort avant de la posséder. Mais c'est aussi parmi ces clients qu'elle va tromper sa solitude (en compagnie d'une dominatrice héroinomane) et tenter de trouver confiance en elle.
Filmé de manière sobre et baignant dans une ambiance à la limite du fantastique (l'excellente musique de Ryuichi-Furyo-Sakamoto doit y être pour quelque chose), Tokyo Decadence ne donne pourtant qu'un petit apperçu du talent réel de Ryu Murakami.
Par Frédéric Ambroisine