Il est amusant de constater que chaque éditeur a ses particularités et ses caractéristiques au point que certains de ses dvd se ressemblent fortement. Comme par exemple ici avec ce Billy Elliot dont l'image rappelle fortement celle d'American Pie, à savoir une belle copie, une définition impeccable, une compression soignée qui laisse apparaître un léger grain sur les arrières plans et un télécinéma chaleureux et coloré mais qui manque sérieusement de luminosité et de contraste.
On a le choix entre la VF, un bon doublage, et la VO, toutes deux en DD 5.1 de même puissance et de même dynamique. Au point qu'il est impossible de les partager. L'accent y est surtout mis à l'avant, mais les arrières et le canal de grave se réveillent de manière impressionnante chaque fois que la bande-son du film le permet comme lors des scènes d'affrontements entre grévistes et policiers ou certains moments musicaux et dansants.
Des menus anamorphosés au design typique de Universal, tous fixes et muets. Hormis les habituelles notes de production, les bio/filmographies des principaux acteurs et du réalisateur et la bande-annonce (1.85, 4/3, Dolby Surround, 2mins31secs) très bien conçue, on trouvera en bonus une section spéciale DVD-Rom comprenant des documents supplémentaires sur le film et une galerie de photos ainsi qu'une featurette non sous-titrée (2.0, 4/3, 22mins50secs) qui délivre quelques intéressantes informations.
Il est vrai qu'à l'origine, on n'était guère emballé par ce Billy Elliot, d'abord parce qu'il s'agissait encore d'une comédie dramatique sociale anglaise comme on les déteste, ensuite parce que son pitch ne nous faisait guère envie et que l'on pouvait en imaginer aisément le déroulement et les situations. Pourtant, il faut avouer que cette histoire de petit bonhomme qui découvre sa vocation de danseur pendant la terrible grève des mineurs de 1984, auxquelles participe sa famille, dispense quelques jolis moments : la relation entre la prof de danse et Billy, les scènes entre enfants, les séquences d'entraînement et les chorégraphies enragées de Billy. Parce que le metteur en scène, qui vient du théâtre et dont c'est le premier film, possède un certain sens du cadre, du découpage (malgré l'abus qu'il fait du montage parallèle), du rythme et de la direction d'acteur. Et parce que son film a l'immense qualité de se dérober à chaque fois qu'apparaît une scène attendue. Autant d'éléments positifs qui ne suffisent cependant pas à compenser les deux principales faiblesses de Billy Elliot : son absence de regard d'une part, son incapacité à se choisir un sujet (parmi tous ceux envisagés) et le traiter en profondeur, de l'autre.
Par Renaud Moran