Bien que le film ne soit pas si vieux (un peu plus de 10 ans), il accuse le coup. Surtout au début où la poussière est plus que présente tout comme les défauts de pellicule. Mais la bonne initiative de MGM est d'avoir effectué un transfert anamorphique. Cela permet de gommer, petit à petit, les défauts du master utilisé. La définition de l'image est plus qu'acceptable et le contraste est bien appuyé. L'encodage étant réussi, on pardonne plus facilement les imperfections.
Pour les amateurs, une version recadrée est proposée sur la face B.
Le film qu'il soit en anglais ou en français est seulement en Dolby surround. De qualité équivalente, on ne regrette pas un remixage en 5.1 qui dénature souvent un film n'ayant pas été conçu dans cette optique. D'autant plus que le Dolby surround proposé est d'une redoutable efficacité et n'est à aucun moment avare en effets arrières. Tout au long du film, la dynamique sonore est bonne et la répartition des canaux exemplaire. Il manque toutefois un peu de pêche à l'ensemble ce qui vous obligera à augmenter le volume de votre ampli.
Comme souvent chez MGM (lorsqu'il ne s'agit pas d'une édition étoffée) le strict minimum nous est offert : un livret de 4 pages qui sera peut être un jour directement mis sur le DVD et une bande annonce dans un état lamentable et non 16/9. Voilà, c'est tout et c'est trop peu.
Le sergent Gallagher (Gene Hackman) se voit confier une mission de routine : escorter un soldat mis sous arrêt (Tommy Lee Jones) d'Europe vers les Etats-Unis. La mission se complique lorsque le prisonnier s'échappe et que Gallagher s'aperçoit qu'il se trouve au centre d'un terrible complot militaire.
The Package ou plutôt Opération crépuscule est le prototype de la bonne série B bien troussée comme Hollywood savait nous les concocter à sa grande époque. Devenue bien rare de nos jours, voici une bonne occasion qu'il ne faut pas laisser passer. D'autant plus que tout tend vers l'efficacité, aussi bien le scénario librement inspirer de l'assassinat de J.F. Kennedy, que les acteurs (les toujours parfaits Gene Hackman et Tommy Lee Jones) et la mise en scène d'Andrew Davis, bien plus inspiré ici que dans les sombres merdes qu'il nous a pondu ces derniers temps.
C'est le rythme qui fait la force des bonnes séries B et celui de Opération crépuscule est d'un très bon niveau. Tout le superflu est laissé de côté : ainsi, les retrouvailles entre Gene Hackman et son ex-femme sont on ne peut plus vite expédiée et leur possible nouvelle romance est renvoyée au calendes grecques (quoi de plus normal puisque le sort du monde libre dépend de Hackman). Andrew Davis dresse méthodiquement la toile d'araignée qui s'abat sur le héros et accumule les pièges pour lui barrer la route. Le suspense en sort ainsi grandi et le spectateur est captivé tout du long par l'intrigue.
Au final, rien de bien révolutionnaire, simplement l'assurance d'avoir passé un excellent moment. Bref, une bonne série B.
Par Laurent Pécha