Critique Image
D'entrée, la première impression qui se dégage à la vision du film c'est le grain vidéo assez persistant dans les arrière-plans. Cependant, soit parce qu'on s'y habitue, soit parce qu'il est réellement moins flagrant par la suite, cela ne vous gênera pas longtemps. Sinon nous avons à faire à un très bon master avec très peu de drops, tâches ou autres griffures de pellicule. Ce qui ressemble fort à une petite gageure au vu de l'âge du film. Le souvenir qu'en avait votre serviteur à la sortie du cinéma n'était pas aussi flatteur.
Quant au travail d'encodage, hormis le grain vidéo cité plus haut, il se situe dans la très bonne moyenne de la collection MGM. Le noir et blanc est d'une rare intensité et magnifie amoureusement les hallucinants jeux d'ombres et de lumières qui hantent tout le film. Les contrastes sont justement rendus et nous permettent d'apprécier cette photo souvent déstabilisante.
A noter enfin que le film fut tourné sur pellicule 35 mm au format 1.33. Ne vous alarmez donc pas à la vision du petit carton présenté juste avant le début du générique qui croit bien faire en nous précisant que le film a été ''formaté pour s'adapter à votre téléviseur''. Une croyance de plus en plus manifeste chez nos amis d'outre-Atlantique qui veut que tout film n'ayant pas reçu le label ''widescreen'' ait été obligatoirement charcuté.
Critique Son
Le travail de restauration qui avait été effectuée pour la sortie du Laserdisc Criterion est avantageusement repris ici. C'est un mono très clair et étonnamment enveloppant qui prend corps dès le début du film pour ne plus vous quitter ensuite. Il est le contrepoint efficace de cette photo surréaliste mentionnée plus haut. Il est aussi à l'image de la voix de Robert Mitchum dont le timbre peut passer par toutes les octaves et qui répond à l'humeur binaire de son personnage : LOVE-HATE.
La version française est du même acabit et l'on retrouve avec plaisir la voix de Mitchum des westerns de notre enfance.