ESPION(S) : INTERVIEW NICOLAS SAADA - PARTIE 1
Tout sur ESPION(S) - La Critique - Photos - Le 2009-01-23 10:21:00ESPION(S) de nicolas saada
« J'ai envie de me dire que si Espion(s) existe en dépit de tout ce que l'on m'a dit, ce n'est pas une victoire narcissique, c'est bien au-delà la preuve que ce que j'aime et ai aimé dans le cinéma peut servir de bouclier, de principe pour en faire. » Nicolas Saada
Mettre en scène, écrire et prendre la décision d'un long après les Parallèles, pourquoi ce choix ?
Les circonstances expliquent cela. Après les Parallèles, j'avais écrit un premier scénario qui adaptait un roman, je l'ai proposé à huit producteurs et tous m'ont dit non. Je ne me suis pas découragé, je l'ai donc laissé de côté, sachant que je le tournerai un jour et je me suis dit : aujourd'hui, il y a un vrai marché pour les films de genre, comment puis-je m'intégrer à cette envie tout en proposant un projet qui me ressemble autant que celui qui a été refusé. J'ai alors réfléchi à ce qui m'avait fait aimer le cinéma, ce qui m'avait donné la flamme. Et parmi les films qui me marquèrent le plus enfant, il y avait Le testament du Docteur Mabuse, M le maudit de Fritz Lang et les films d'Alfred Hitchcock : La mort aux trousses, Les 39 marches et L'homme qui en savait trop. Entre temps, j'avais mûri, j'avais grandi, j'avais écrit, j'avais un autre rapport aux films, aux scénarios et donc ouvert mon rapport au cinéma. Alors, je me suis dit qu'il fallait que je combine tout ce que j'ai appris depuis ces années et ce premier choc cinématographique lié à Lang, Hitchcock mais aussi Preminger. Et cela m'a amené à l'idée de raconter une histoire d'amour entre un homme et une femme à travers un film d'espionnage.
ESPION(S) de nicolas saada
Votre cinéphilie et votre passion du cinéma ont donc servi de point de départ à Espion(s) ...
Il y avait effectivement cette passion derrière et à vrai dire, Espion(s) était déjà un film que j'imaginais lors de l'écriture de mon premier scénario. Mais je l'imaginais beaucoup trop lourd pour un premier film et je l'envisageais plutôt en second. Les choses ne se passent jamais comme on le veut au cinéma, c'est ce qui en fait la magie. Donc ce film s'est retrouvé en première ligne et ce que j'ai fait, c'est écrire seul une première version du scénario. C'est-à-dire sans producteur, sans soutien financier ni argent. J'étais seul avec moi-même et le plaisir de cette situation était que je n'avais nul compte à rendre, nul désidérata à supporter. C'était une affaire entre moi et moi. En même temps, ce fut assez risqué car je menais ce projet en parallèle d'autres tâches pouvant me rapporter suffisamment pour vivre et poursuivre. Cette période a ainsi duré six mois. Depuis très longtemps, j'avais cette idée et je la nourrissais par des lectures, des conversations, de l'écoute de musiques et un matin, lorsque je me suis mis à l'écriture du scénario, tout est venu assez vite. Au bout de six mois, je suis arrivé à une première version que mon agent de l'époque a commencé à faire circuler.
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