LOS BASTARDOS : INTERVIEW AMAT ESCALANTE
Tout sur LOS BASTARDOS - La Critique - Photos - Le 2009-01-27 16:11:29LOS BASTARDOS de amat escalante
Comment est né Los Bastardos ?
Mon père est mexicain, ma mère vit aux Etats-Unis. Donc j'ai vécu dans deux univers différents. De ce que j'ai pu observer en grandissant de part et d'autre de la frontière, la crise de l'immigration actuelle, en particulier dans les états frontaliers du Mexique et des Etats-Unis, s'est véritablement intensifiée. Pour des raisons élémentaires, ces deux pays ont pourtant besoin l'un de l'autre. Tout ce qui est physique appartient au Mexique et cela rend service aux Etats-Unis qui exploitent par l'argent. Le film est une métaphore violente de ces relations.
Pourquoi choisissez-vous des acteurs non-professionnels pour vos films ?
Cela me passionne et j'aime regarder des films dans lesquels on ne remarque pas le jeu des acteurs. Par exemple, je suis très client du cinéma de Bruno Dumont pour ces qualités-là. Que ce soit dans Sangre ou Los Bastardos, j'apprécie que les acteurs apportent leur part de vécu au récit. Dans Sangre, l'acteur principal était mon voisin de palier et je l'avais choisi uniquement pour son visage. Dans Los Bastardos, les deux acteurs ne trichent pas avec leurs sentiments. Lors du tournage, on a dû modifier certains dialogues parce qu'ils n'étaient pas capables de les réciter. A certains moments, ils ont eu recours à l'improvisation, et cette démarche m'a enthousiasmé.
LOS BASTARDOS de amat escalante
Le premier plan, très impressionnant, annonce que Los Bastardos va être construit comme un western...
Totalement. Je le veux comme un western moderne où les deux personnages principaux sont des renégats, dans l'illégalité, errant dans une région typiquement réservée aux westerns. La différence, c'est qu'ils n'ont pas de chevaux. J'ai conçu le premier plan dont vous parlez en pensant à Et pour quelques dollars de plus, de Sergio Leone. Par-dessus, on a intégré de la musique minimaliste et expérimentale pour annoncer le choc à venir. Le film fonctionne à son image : comme une bombe sur le point d'exploser. Dans Los Bastardos, on entend de la musique uniquement pour les crédits. J'avais également pensé en ajouter au moment où les deux tueurs entrent dans la maison par la fenêtre. A l'écran, on ne voit que des mains qui sortent de l'ombre. Pour le générique, on a utilisé une typographie tranchante et rouge que l'on retrouvait déjà dans Sangre. La première inspiration, c'est Orange Mécanique. Ensuite, on l'a retrouvée dans plein d'autres films extrêmes comme Irréversible, de Gaspar Noé. Je n'ai pas vu beaucoup de films de Jean-Luc Godard mais je crois savoir que c'est l'un des premiers à avoir utilisé cette typographie.
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