CINE : MY BROTHER'S WEDDING
Tout sur MY BROTHER'S WEDDING - La Critique - Photos - Le 2009-02-05 03:35:47David A. 8
MY BROTHER'S WEDDING
Un film de Charles Burnett
Avec Everett Silas, Jessie Holmes, Gaye Shannon-Burnett, Ronnie Bell, Denis Kemper, Angela Burnett
Durée: 1h20
MY BROTHER'S WEDDING de charles burnett
Sortie tardive, le film date de 1983, mais salvatrice du troisième long-métrage du cinéaste noir américain Charles Burnett, My brother's wedding est l'occasion de découvrir ou redécouvrir l'un des réalisateurs incontournables du cinéma indépendant qui a fait du réalisme social de la communauté afro-américaine sa principale préoccupation. Auteur de Warming by the devil's fire de la série de Martin Scorsese The blues très récemment, Killer of sheep, son second long-métrage a eu les honneurs d'une sortie en salle il y a peu et fait partie de la liste des cinquante films les plus importants de l'histoire américaine conservés par la bibliothèque du Congrès. Précurseur d'un cinéma vériste de la communauté noire moderne, Charles Burnett s'est tout de suite écartée de la tradition populaire de la blacksploitation des années soixante-dix qu'il juge impropre à bien représenter la réalité sociale de son pays à cette époque. Avant Spike Lee ou encore John Singleton (Boys'n' the hood), Charles Burnett n'a cessé d'observer les siens pour rendre compte des malaises qui hantent la communauté noire, aussi bien le creuset des générations que la difficile intégration des Noirs dans la société majoritairement blanche et protestante des Etats-Unis.
MY BROTHER'S WEDDING de charles burnett
Dans My brother's wedding, il est surtout question d'une appartenance à une identité, celle d'un jeune homme issu du ghetto et qui refuse d'en sortir comme le souhaiteraient ses parents et son grand frère. Au contraire il se rattache à tous les éléments qui lui rappellent sa condition ; il rend visite aux parents de son ami Soldier et leur apporte réconfort, il lit la Bible à ses grands-parents vieillissants, il prête main forte à sa mère dans sa boutique de pressing et enfin court après un voyou dans les ruelles de son quartier. Intelligent et débrouillard, il préfère l'humilité des siens aux grands projets d'avenir de certains. Le gospel est fortement présent dans la bande sonore du film, et l'on sent une quasi religiosité dans les choix que fait Pierce, ceux qui le mènent sur un chemin de croix personnel, qui l'éloigneront de sa famille au profit d'une plus haute idée de la communauté noire, celle du repentir et du respect au sujet d'une culture qui se métamorphose avec les générations, une culture dont la jeunesse oublie peu à peu les racines et les fondements. Un film avec quelques maladresses mais tout à fait sincère et franc sur une vision pessimiste d'une société qui se dévore elle-même.
David A.
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