toutes les news L'AUTRE VS 35 RHUMS : POESIE URBAINESommaireTHE EXPENDABLES : VAN DAMME VS STALLONE

THE WRESTLER : INTERVIEW DARREN ARONOFSKY

Tout sur THE WRESTLER - La Critique - Photos - Le 2009-02-06 16:01:24


Dans The Wrestler, Darren Aronofsky filme la renaissance d'un acteur, Mickey Rourke, et d'un personnage, ancien catcheur à la mode, abandonné par tous. Avec un budget ne dépassant les trois millions de dollars et une économie d'effets, le cinéaste réalise l'antithèse de The Fountain.




THE WRESTLER de darren aronofsky

Comment travaille-t-on avec Mickey Rourke ?
Le film ne serait rien sans Mickey Rourke. Il repose intégralement sur ses émotions, sur son propre passé. Avec un autre acteur, cela aurait donné un résultat différent. J'avais d'ailleurs pensé prendre Nicolas Cage à un moment donné avant de me raviser. Quand nous écrivions le scénario, nous avions Mickey en tête et que lui. A chaque fois que je pensais à un autre acteur, ça n'avait aucun sens. Cela m'a pris deux ans pour trouver l'argent nécessaire afin de faire ce film parce que tous les producteurs ne voulaient pas miser un kopek sur cet acteur. Unanimement, ils le trouvaient antipathiques et pour eux, un film avec Mickey Rourke était synonyme d'échec. Dans l'industrie cinématographique actuelle, il est considéré comme artistiquement mort. Seul Wild Bunch a cru dès le départ au projet et nous a considérablement épaulés pour que nous travaillions dans de bonnes conditions. Sans eux, rien n'aurait été possible.

La mise en scène évoque le registre intimiste des frères Dardenne. Vous revendiquez ?
Je suis très admirateur du travail des frères Dardenne. Pour The Wrestler, les influences proviennent de sources très diverses comme Fat City, de John Huston ou Wanda, de Barbara Loden. J'ai montré plusieurs films de ce genre à l'équipe pour que l'on détermine l'esthétique générale de The Wrestler. Je cherchais un style proche du cinéma-vérité. La seule différence, c'est que l'on savait à l'avance là où il allait tomber alors que dans le cinéma-vérité, si le personnage sort du champ, alors on le perd pendant une seconde et ensuite on le retrouve. Ici, on devait tout voir. Pour toutes les scènes de combats, je tenais à ce que l'on capte toutes les émotions du catcheur. Le cinéma-vérité est basé sur une forme d'improvisation. Dans The Wrestler, rien n'était totalement improvisé. Je savais vers quelle direction nous allions.

Pourquoi avez-vous choisi l'univers des catcheurs ?
Le catch est un sport très populaire aux Etats-Unis et je ne comprends toujours pas pourquoi les spectateurs se passionnent pour ça. Depuis quelques années, c'est devenu populaire au-delà des frontières américaines. C'est un sport unique, encore que le mot "sport" ne soit pas un mot adéquat pour le définir, je parlerais plutôt de représentation. Peut-être que le public américain voit dans le catch quelque chose de très symbolique : la confrontation entre le bien et le mal à travers des personnages très caractérisés. Les catcheurs d'aujourd'hui ressemblent à des gladiateurs. En disant ça, je ne veux pas manquer de respect aux fans de catch. Cela n'a jamais été mon but en réalisant ce film. Eux-mêmes savent à l'avance que tout est bidon. On l'a appris au début des années 90 via la WWE. En y repensant, cela m'a beaucoup fait penser au film Amadeus, de Milos Forman dans la relation amour-haine entre un artiste et son public. Le public adore insulter les catcheurs et inversement. D'un point de vue profane, ces rituels paraissent étranges. Ce qui a été le plus dur pendant le tournage, ça a été de montrer la souffrance des catcheurs alors que tout le monde s'imagine que c'est truqué. Comment créer des effets sonores pour retranscrire les mutilations corporelles ? Notre challenge, ce fut de montrer que la violence est réelle. En postproduction, il fallait s'assurer que les coups paraissent vrais. La problématique du film, c'est comment réussir à rendre faux le faux ? Le catch est un prétexte, cette histoire parle de n'importe quel sport ou n'importe quelle danse. D'ailleurs, j'ai travaillé les scènes de combats comme des ballets chorégraphiés. Quand les sportifs atteignent un certain âge, ils ne peuvent plus faire ce qu'ils veulent. C'est ce dont parle The Wrestler : comment faire lorsque l'on ne peut plus contrôler son corps et son coeur ?

Avez-vous été confronté à des difficultés pendant le tournage ?
La grande raison pour laquelle on va au cinéma, c'est avant tout pour être dépaysé, découvrir des lieux que l'on ne connaît pas. Avec The Wrestler, j'avais l'opportunité de montrer ce qui se passe dans les coulisses. Pendant tout le film, j'étais fasciné par les détails, le corps de ces hommes et le fait que cet univers est unique en son genre. Nous tournions les scènes de combat durant de vraies combats de catch. On a utilisé l'énergie de la foule pour créer l'ambiance. Mickey et moi étions plus à l'aise à l'idée de travailler avec de vrais catcheurs plutôt que de faire appel à des cascadeurs. Cela faisait partie du réalisme, du style documentaire que nous recherchions. Les conditions de tournage durant ces scènes étaient sauvages mais c'était grisant car on se serait cru en plein chaos.




THE WRESTLER de darren aronofsky

Pourquoi The Wrestler négocie un tel virage dans votre filmographie ?
Le besoin de se renouveler, d'ailleurs toute l'équipe est quasiment nouvelle. The Wrestler est un film radicalement différent par rapport à tout ce que j'ai expérimenté par le passé. Pour un artiste, je pense qu'il est important de se lancer des défis personnels, de toujours essayer de se surpasser. Et tous les artistes vous le diront. Même Madonna a dit un jour qu'il fallait se réinventer tout le temps (il glousse). Pour la première fois, je n'ai pas travaillé en préparant un story-board. Je n'avais pas préparé pour les scènes de combat en amont, j'ai tout fait sur place avec les acteurs et je ne vous cache pas que cela m'a effrayé car je n'ai pas l'habitude de travailler dans ces conditions. Généralement, j'aime que tout soit planifié, clair, précis. Cette fois-ci, je me suis laissé guider par une forme d'instinct, comme si je ne cherchais plus à contrôler ce que je racontais, comme si je cherchais à me laisser submerger par l'émotion de Mickey. Je ne pense pas par exemple que Mickey faisait vraiment attention à son image. A certains moments, il ne faisait pas de différence entre ce qui était filmé et ce qui ne l'était pas. C'est ce qui renforce l'idée que The Wrestler se situe quelque part entre la fiction et le documentaire.

> Lire la suite de l'article

  

[p1] [p2]

CINE : THE WRESTLER, LE NOUVEAU CHOC DE DARREN ARONOFSKYCINE : THE WRESTLER, LE NOUVEAU CHOC DE DARREN ARONOFSKY

A chaque nouveau long métrage, Darren Aronofsky utilise une forme cinémat...
 
vos avis Ajouter un avis
Spielburger Sur le point d'abandonner    08 fév
VIRGILE et Robocop ?    07 fév
 


Imprimer cet articleEnvoyer cert article à un ami

Notez ce film

note des internautes :
9.2/10
(12 votes)

Les autres films

 
agenda cinema
 
blogs
 



box office

1

L'ETRANGE HISTOIRE DE BE
entrées : 826 315 (1 semaine)




2

LOL (LAUGHING OUT LOUD)
entrées : 738 734 (1 semaine)




3

VOLT, STAR MALGRE LUI
entrées : 727 387 (1 semaine)




4

TWILIGHT - CHAPITRE 1 :
entrées : 2 195 038 (5 semaines)




5

WALKYRIE
entrées : 515 493 (2 semaines)




6

LES NOCES REBELLES
entrées : 872 374 (3 semaines)




7

SLUMDOG MILLIONAIRE
entrées : 772 644 (4 semaines)




8

DE L'AUTRE COTE DU LIT
entrées : 1 616 512 (5 semaines)




9

YES MAN
entrées : 631 799 (3 semaines)




10

ESPION(S)
entrées : 318 167 (2 semaines)