THE WRESTLER : LE NOUVEAU DARREN ARONOFSKY
Tout sur THE WRESTLER - La Critique - Photos - Le 2009-02-13 03:44:59THE WRESTLER de darren aronofsky
The Wrestler peut être vu comme l'antithèse de The Fountain et par extension tous les précédents longs-métrages de Darren Aronofsky, plus porté sur une expérimentation formelle tapageuse. Est-ce qu'il se serait calmé? Peut-être. En tous les cas, son équipe a changé. Si Clint Mansell s'occupe une nouvelle fois de la bande-son (mais une bande-son assez discrète qui trouve son apothéose avec un morceau de Bruce Springsteen en générique de fin, palliant l'absence de celui de David Bowie sur The Fountain), on note beaucoup de modifications dans l'équipe technique ou dans la production (Eric Watson, son fidèle associé, ne le produit plus). C'est la première fois que Matthew Libatique n'assure pas la photo, remplacé par Maryse Alberti, venue du documentaire, qui a fait ses preuves chez Todd Haynes et Todd Solondz. C'est la première fois aussi que Darren Aronofsky se laisse avoir par un scénario, signé par Robert D. Siegel, rédacteur en chef du journal satirique américain The Onion, dont il dit avoir apprécié le sens de l'humour.
THE WRESTLER de darren aronofsky
Il n'est pas nécessaire d'aimer les précédents films de Darren Aronofsky pour apprécier celui-ci. D'ailleurs, ceux qui y sont réfractaires seront ravis de voir le réalisateur de Requiem for a dream oublier les effets tapageurs pour contrarier son savoir-faire afin qu'il ne dégénère pas en un académisme maison. Pour ses fans, qui risquent d'être un peu déconcertés, c'est un signe de maturité inouï. Le cinéaste use de nouveaux artifices, plus discrets et pourtant aussi efficaces, et laisse son personnage principal vivre par ses propres moyens sans être subordonné à une logique dramatique (ce que ses détracteurs lui ont reproché à l'époque de Requiem for a dream). L'histoire est d'un classicisme éprouvé. Le cinéaste sublime l'argument avec humilité, en concentrant la dramaturgie à l'extrême et en donnant la possibilité à Mickey Rourke de modifier ses répliques. Ainsi, ce speech hallucinant que son personnage balance avant un combat et qu'il faut évidemment considérer comme celui de l'acteur. OEuvrant sur ce coup pour un cinéma intimiste, engagé vers l'humain, Aronofsky filme le corps éprouvé et le visage tuméfié de Rourke. Réputé pour un style qui privilégiait beaucoup les effets de prise de vue et de montage, il s'exprime cette fois dans le dépouillement et crée une atmosphère intime et feutrée, en contradiction avec le cadre, les coups, la fureur du public des combats. On retrouve aussi son goût pour la subjectivité (il n'y a pas un plan qui ne soit pas habité par le catcheur).
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