COCAINE COWBOYS de billy corben
Entre jeunesse, immigration et folie
Si l'on excepte le film Miami-New York de Franck Capra, Miami, ville démesurément attirante et nauséeuse, a gagné à partir des années 1970, l'attention des cinéastes de l'Amérique hollywoodienne. A la mesure de ce que la petite cité floridienne était devenue depuis les années 1960. En effet, la charmante cité balnéaire tranquille, réservée autrefois à une villégiature d'un certain âge, n'est plus la même. Devenue désormais la capitale américaine du glamour argenté et de l'ostentation, le visage de cette dernière a changé. Considérablement. Portée par l'immigration cubaine et l'opportunité des grands trafiquants sud-américains de s'implanter ailleurs que dans la mégalopolis et les grandes cités californiennes, Miami est ainsi devenue en quelques années seulement la capitale nord-américaine de la drogue et la plaque tournante de la cocaïne. Avec pour corollaire, des bouleversements sociaux, économiques et urbanistiques comme jamais les Etats-Unis n'en avaient connu en si peu de temps.
Réhabilitée mais aussi vilipendée par sa violence endémique, Miami s'est imposée comme la cité américaine des trente dernières années. Avec son lot de contrastes forts et de réussites emblématiques. En effet, la deuxième ville de Floride après Jacksonville, en bénéficiant du rayonnement de la Sun Belt ? a tiré son épingle du jeu et a en retour profondément attiré le cinéma des dernières décennies. Lieu privilégiée de l'immigration cubaine (JFK, Havana et Scarface), Miami est devenue l'avant-garde des relations privilégiées de l'Amérique avec le reste du continent. Parfait symbole du communautarisme à l'américaine avec ses quartiers réservés et exemple parfait d'une division sociale et géographique initiée par l'argent, la cité des Everglades cristallise aussi les oppositions et autres failles de l'American Way of life (Cocaïne cowboys, 2 fast 2 furious, Bad boys 2).
bad boys 2
Jeune et branchée, la perle touristique du sud des Etats-Unis affiche sa frime (Miami Vice, Bad Boys) mais aussi les contrastes les plus violents, contrastes qu'entrevoient par exemple des séries télévisées comme Les Experts : Miami ou Miami Vice. Réunissant les extrémismes de tous bords (Bad Boys 2), les archaïsmes les insupportables (racisme, guerre des clans) et la nouveauté la plus outrageante (Bad Boys), Miami donne sa pleine vigueur à l'expression du Salad Bowl. De fait, pleinement politique, cette nouvelle capitale du jeu à l'américaine (L'Enfer du dimanche, Miami Vice) se caractérise aussi par l'actualité des problèmes qui la traversent : la corruption, la délinquance, la drogue, la difficulté à s'intégrer et la latinisation de la société américaine. En effet, à la mesure de l'espoir qu'elle suscite, la quarante-cinquième ville des Etats-Unis a su aussi bien héberger les rêves déchus que les réussites triomphantes. Scarface en est l'exemple parfait lorsque l'on songe à l'histoire dramatiquement « américano-cubaine » de Tony Montana. En même temps, le fait qu'Oliver Stone ait choisi pour cadre de ce remake du Scarface d'Hawks est des plus révélateurs du nouveau statut et de la réalité actuelle de la cité des Caraïbes.
[p1] [p2]
![]() | ||
|
CINE : COCAINE COWBOYS « Passionnant et digne des productions documentaires les plus réussies du genre,... | ||
![]() | |||||
| |||||





























