VALSE AVEC BACHIR OU L'EMPREINTE DU CONFLIT
Tout sur VALSE AVEC BACHIR - La Critique - Photos - Le 2009-03-03 01:14:15VALSE AVEC BACHIR de ari folman
Après l'assassinat de Gemayel, l'ombre d'un drame atroce
Par son récit, Valse avec Bachir nous remet en mémoire l'une des plaies les plus sanglantes de l'Histoire des trois dernières décennies, celle du massacre des camps palestiniens et musulmans de Sabra et Chatila perpétré le 16 septembre 1982 par les milices chrétiennes du Liban. Comparable au carnage d'Halabja perpétré par Saddam Hussein, cette page funeste de l'histoire récente des luttes israélo-arabes reste ainsi un drame innommable et plus encore insupportable. Pourquoi ? Tout d'abord, parce qu'il va à l'encontre des règles même de la guerre. Effroyable ensuite parce qu'il a posé la question d'une action indirectement permise par un Etat, Israël, et visant l'abject assassinat de plusieurs centaines d'innocents.
En effet, en encerclant en cette semaine de septembre, les camps de réfugiés situés au sud de la frontière libanaise, Tsahal, l'armée israélienne, mit en place sans le vouloir ni le prévoir, les conditions d'une éradication sans merci. Organisé par les franges phalangistes des milices chrétiennes du Liban, le massacre qui allait se produire défia alors allégrement les lois internationales et viola les règles les plus élémentaires de protection des populations civiles. L'abominable en temps de conflit est toujours incertain mais il put dans une telle situation amplement se produire. Ainsi, viols, exécutions sommaires et autres exactions se multiplièrent, sans que l'on puisse recenser le nombre exact de victimes - entre 700 et plus de 3000 suivant les sources.

VALSE AVEC BACHIR de ari folman
La communauté internationale choquée qualifia alors cet acte avec des mots que l'on ne pensait jamais plus devoir utiliser. Au point même qu'une procédure visant à reconnaître un crime contre l'humanité fut vainement conduite en 2003 à l'encontre de l'Etat hébreux. Sans réelle suite. Dans cette veine, ce dernier tenta d'ailleurs une catharsis bienvenue ainsi qu'une explicitation salutaire et transparente grâce à la commission Kahane. Avant de laisser toutefois responsables et coupables globalement impunis. C'est donc dans ce contexte qu'il faut considérer Valse avec Bachir. Comme le récit hallucinatoire et personnel d'un ancien soldat qui servit à ce moment-là et qui ne s'en est jamais véritablement remis. Comme l'histoire revisitée d'une incompréhension qui vira vite à l'amnésie.
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