
CINE : MESRINE : L'INSTINCT DE MORT
Tout sur MESRINE : L'INSTINCT DE MORT - La Critique - Photos - Le 2008-10-29 05:25:21MESRINE : L'INSTINCT DE MORT de jean-françois richet
Richet ne se lance jamais dans l'ambiguïté tout comme Mesrine est conscient de sa nature d'assassin : il développe plus encore, à la place, la complexité d'un personnage qui ne cèdera jamais. Jamais avec les autres, jamais avec lui-même ! Les sacrifices se feront toujours un peu plus violents, un peu plus durs ; les coups moraux toujours un peu plus puissants que les balles qu'il encaisse sans rien dire dans maints coups fumeux... Il préférera toujours aller de l'avant que d'accepter de stagner, quand bien même ce passage à une vie stable serait la place qui lui convient. Électron libre qu'on ne peut arrêter, Mesrine : L'instinct de Mort retrace ces années de fougue durant lesquelles il s'essaiera à tout pour mieux s'en séparer. Amant éperdu, ami fidèle, redoutable adversaire et père monstrueusement absent, l'homme restera fier et sûr de ses valeurs même dans l'adversité la plus terrible... Assassinats, cambriolages, courses poursuites, il semblera chercher un peu de piment, laissant sur le côté par obligation ceux qu'il aime mais qui le retarderont dans sa frénésie de vie et de mort. C'est dans cette folie que va s'investir Richet pour mieux encore tenter de cerner un personnage qui se fuira tellement qu'il en deviendra totalement insaisissable. Alignant les séquences qui bâtirent sa légende, de ses évasions folles aux fuites délirantes de pays en pays, le réalisateur tentera d'offrir les passages manquants mais mouvementés sur lesquels pourra se reposer le spectateur dans le second volet, Mesrine : L'ennemi Public Numéro 1, celui-ci reprenant la vraie figure médiatique qui frappa la France dans les années 70. Préférant toujours se faire témoin que véritable conteur, le réalisateur frôlera l'intimité de cet homme qui, toujours dans cette première partie, commencera à se perdre, ne sachant plus très bien où se trouvent les limites des mondes qu'il fréquente. S'assimilant à un danger même pour ses proches, son égoïsme suicidaire prenant le pas sur l'amour excessif, il fera les premières expériences de la perte de tous les repères qui jusqu'alors lui offraient encore quelques chances. C'est ce semblant de raison disparaissant qui, petit à petit, va le conduire à une vaine tentative de reconstruction au travers de justificatifs tous plus ahurissants les uns que les autres. Cette recherche de raison d'être, cette quête désespérée de lui-même le conduiront dans les méandres de la mégalomanie et de l'ivresse du pouvoir, toute ascension quelle qu'elle soit se terminant fatalement, en cas d'excès, par une chute. Mais comme le dit si bien le carton final et en d'autres mots : ceci est une autre histoire...

































