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CINE : MESRINE : L'INSTINCT DE MORT

CINE : MESRINE : L'INSTINCT DE MORT

Tout sur MESRINE : L'INSTINCT DE MORT - La Critique - Photos - Le 2008-10-29 05:25:21


Sous la coupe de Guido, un membre de l'OAS auquel Depardieu offre une incarnation splendide et digne de ses plus grandes prestations, Mesrine va tenter d'évoluer dans un microcosme parallèle au système traditionnel. Dérouté par l'Algérie et croyant en des valeurs auxquelles ses parents ont fait honte lors de l'occupation allemande, il va tenter de se reconstruire ou plutôt de se trouver au travers de braquages violents et de crises de mégalomanie extrême. Le plus désespérant et le plus bouleversant dans ce personnage étant cette volonté quasi permanente d'aspirer à revenir à une vie honorable sans jamais y trouver goût. D'une complexité rare offerte par un Cassel plus inspiré que jamais et qui s'assoit directement dans la cour des grands, Jacques va petit à petit savourer la vie en s'associant dans tous les coups pouvant l'emmener vers une mort certaine. Agissant comme un fou terrifié de se savoir mortel et ne supportant pas de pouvoir profiter de ses dernières heures, l'écorché vif tendra vers tout ce qui pourra le conduire à sa perte ou à la gloire. C'est un peu dans ce registre que ce cantonne ce premier épisode, celui d'un homme bien plus fragile qu'on ne le pense et qui s'attachera à vouloir brûler la chandelle par les deux bouts... D'actes les plus abjectes aux impressionnants moments de bravoure du grand banditisme, Mesrine se comportera en transition parfaite entre les gangsters du passé et la criminalité moderne : sans foi ni loi, c'est pourtant son code d'honneur totalement improbable qui lui offrira les faveurs de ses amis, des femmes, du milieu et... du spectateur ! Finalement, il devient presque sympathique sous toutes les saloperies qu'il commet. Ou s'il ne l'est pas, il en devient presque compréhensible sans pour autant être excusable ou légitime. Au contraire, il en devient passionnant par sa faculté à se considérer comme le méchant dans le jeu des gendarmes et du voleur, chaque tour en prison n'étant qu'un moment de répit avant la reprise de la partie. Sidérant par une lucidité à toute épreuve, terrifiant par son implacabilité, il assume bientôt pleinement son statut d'amical danger, l'homme s'attachant à n'attaquer que les représentants du pouvoir et à descendre les représentants de la loi ou les pourris de son milieu qui s'opposent à lui...




MESRINE : L'INSTINCT DE MORT de jean-françois richet

Richet ne se lance jamais dans l'ambiguïté tout comme Mesrine est conscient de sa nature d'assassin : il développe plus encore, à la place, la complexité d'un personnage qui ne cèdera jamais. Jamais avec les autres, jamais avec lui-même ! Les sacrifices se feront toujours un peu plus violents, un peu plus durs ; les coups moraux toujours un peu plus puissants que les balles qu'il encaisse sans rien dire dans maints coups fumeux... Il préférera toujours aller de l'avant que d'accepter de stagner, quand bien même ce passage à une vie stable serait la place qui lui convient. Électron libre qu'on ne peut arrêter, Mesrine : L'instinct de Mort retrace ces années de fougue durant lesquelles il s'essaiera à tout pour mieux s'en séparer. Amant éperdu, ami fidèle, redoutable adversaire et père monstrueusement absent, l'homme restera fier et sûr de ses valeurs même dans l'adversité la plus terrible... Assassinats, cambriolages, courses poursuites, il semblera chercher un peu de piment, laissant sur le côté par obligation ceux qu'il aime mais qui le retarderont dans sa frénésie de vie et de mort. C'est dans cette folie que va s'investir Richet pour mieux encore tenter de cerner un personnage qui se fuira tellement qu'il en deviendra totalement insaisissable. Alignant les séquences qui bâtirent sa légende, de ses évasions folles aux fuites délirantes de pays en pays, le réalisateur tentera d'offrir les passages manquants mais mouvementés sur lesquels pourra se reposer le spectateur dans le second volet, Mesrine : L'ennemi Public Numéro 1, celui-ci reprenant la vraie figure médiatique qui frappa la France dans les années 70. Préférant toujours se faire témoin que véritable conteur, le réalisateur frôlera l'intimité de cet homme qui, toujours dans cette première partie, commencera à se perdre, ne sachant plus très bien où se trouvent les limites des mondes qu'il fréquente. S'assimilant à un danger même pour ses proches, son égoïsme suicidaire prenant le pas sur l'amour excessif, il fera les premières expériences de la perte de tous les repères qui jusqu'alors lui offraient encore quelques chances. C'est ce semblant de raison disparaissant qui, petit à petit, va le conduire à une vaine tentative de reconstruction au travers de justificatifs tous plus ahurissants les uns que les autres. Cette recherche de raison d'être, cette quête désespérée de lui-même le conduiront dans les méandres de la mégalomanie et de l'ivresse du pouvoir, toute ascension quelle qu'elle soit se terminant fatalement, en cas d'excès, par une chute. Mais comme le dit si bien le carton final et en d'autres mots : ceci est une autre histoire...

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