
CINE : MESRINE : L'INSTINCT DE MORT
Tout sur MESRINE : L'INSTINCT DE MORT - La Critique - Photos - Le 2008-10-29 05:25:21Florent Kretz 9
MESRINE : L'INSTINCT DE MORT
Un film de Jean-François Richet
Avec Vincent Cassel, Gérard Depardieu, Cécile de France, Gilles Lellouche, Michel Duchaussoy, Florence Thomassin, Myriam Boyer, Roy Dupuis, Elena Anaya
Durée : 1h55
Date de sortie : 22 Octobre 2008
MESRINE : L'INSTINCT DE MORT de jean-françois richet
De Jacques Mesrine, bandit légendaire ayant fait régner la terreur dans les services de police pendant quelques années terribles, les grandes lignes sont connues de tous. Des exploits, des fusillades improbables et une fin aussi violente qu'une vie consacrée à l'opposition permanente et à la contestation virulente par les armes. Autant d'épisodes affolants dans un feuilleton qui faisait rêver les marginaux et terrifiait les autres. Que ce soient les braquages successifs des banques d'une même rue, ses évasions à répétition ou cette popularité démesurée entretenue par les médias, Mesrine se sera imposé comme une icône : une de celles à la fois salissante et prestigieuse, de celles qui créent l'Histoire mais qui l'écrivent en lettres de sang. L'arrivée d'un nouveau métrage autour du personnage avait de quoi faire grincer les dents ou au contraire réjouir. Outre le fait qu'un projet relatant la vie du hors-la-loi se devait d'être à la hauteur des exploits du personnage, c'est surtout le fait même de lui consacrer encore une oeuvre qui dérangeait quelques détracteurs, soulignant assez légitimement que la mise en images de ses aventures risquait de faire l'apologie de la délinquance, voire de la criminalité. Pourtant il n'en est rien, Richet se lançant à corps perdu dans ce premier épisode, censé nous sensibiliser un temps soit peu au futur truand. En effet, tout comme Cassel qui, plutôt, avait refusé la première version du script car héroïsant un peu trop le bandit, le réalisateur va s'atteler à la mise en chantier des deux épisodes avec une finesse dans l'approche assez incroyable. D'une maturité surprenante et sur les lignes d'Abdel Raouf Dafri qui suivent les grands passages de la vie du truand, Jean-François Richet ne se prononcera jamais lui-même quant à sa véritable vision du personnage titre, faisant même preuve d'une humilité somptueuse en semblant ne se poser qu'en faiseur d'images. Car si le jeune réalisateur endosse à merveille le costume de maître de cérémonie, c'est pour ne jamais tomber dans la facilité de la sacralisation ou au contraire du dénigrement.

MESRINE : L'INSTINCT DE MORT de jean-françois richet
D'un regard aiguisé et adulte, il sonde l'univers d'un pauvre type à la dérive qui finira par trouver sa véritable raison d'être dans le crime. Ni plus, ni moins ! Hors de question de prendre parti, le seul avis légitime étant celui du spectateur qui endosse pour l'occasion l'habit de juge à l'instar des Français durant les événements il y a plus de vingt ans. Au contraire, Richet va mettre toute sa maestria à l'oeuvre pour satisfaire non pas les actes héroïques d'une magie impressionnante mais plutôt pour leur offrir le panache et le prestige qui leur convient. De même qu'il s'applique à aménager sa mise en scène de séquence en séquence, virevoltant d'une nervosité forte à la poésie irréelle d'un amour de vacances avant de retomber dans les fusillades frénétiques. Adieu sensationnalisme de la mise en images ou l'apogée de la scène d'action comme il en avait fait preuve dans sa reprise du Assaut de Carpenter. Jean-François Richet revient à une fébrilité plus sobre, plus humaine, beaucoup plus viscérale qui rejoint à merveille l'état d'esprit d'un homme que rien ne pourra arrêter si ce n'est la mort. D'ailleurs, si le film s'ouvre brillamment avec les dernières minutes de la vie du criminel, l'intrigue véritable ne débute quelques secondes plus tard que par une autre mise à mort : acteur principal d'une torture sur un prisonnier pendant la guerre d'Algérie, il se verra obligé d'assassiner le jeune ennemi. En l'espace de cette seule scène, qui correspond sans doute à son premier acte violent, Richet décrit la légende : Mesrine, homme insaisissable qui choisira toujours une énième alternative aux propositions énoncées. Impossible alors de cerner à l'avance ce personnage dont le caractère semble irrégulier au point d'en être terrifiant. Là où son retour et ses premiers temps en France sembleront se passer sans trop de remous, c'est sans doute sa première pulsion meurtrière non plus pour un pays mais pour lui qui le fera naître : passionné, jusqu'au-boutiste, sans concession, le Mesrine raconté par Richet sent bon le chien fou paumé.



































