THE SPIRIT : INTERVIEW FRANK MILLER
Tout sur THE SPIRIT - La Critique - Photos - Le 2008-12-29 11:36:45THE SPIRIT de frank miller
L'impression première lorsque l'on découvre vos travaux en tant que dessinateur, c'est de « lire un film », tant votre travail graphique est imprégné de l'essence même de la narration propre au cinéma. Pourquoi avoir attendu tant de temps avant de vous lancer dans la réalisation ?
Je ne voulais pas faire ça ! Ça ne m'a jamais tenté et vous m'auriez posé la question il y a quelques années, je vous aurais certainement dit que l'on ne me verrait jamais derrière une caméra. C'est Robert Rodriguez qui m'a débauché : il a su me séduire et m'attirer vers ce job en me proposant de co-réaliser l'adaptation de ma bande dessinée Sin City. C'est lorsque je m'y suis mis que j'ai découvert la magie que représentait la collaboration avec les acteurs. J'y ai bientôt pris goût et, aujourd'hui, je ne peux plus m'arrêter. Pour répondre un peu plus précisément à votre question, je n'ai jamais attendu avant de me lancer dans le métier puisque je n'en voulais pas. C'est juste venu à moi.
Votre film se permet quelques belles libertés par rapport au travail d'Eisner et aux conventions cinématographiques traditionnelles. Quelle a été la marge de manoeuvre que vous vous étiez donné sur ce film ?
Assez bizarrement on pourrait assimiler ma liberté à celle qu'avait Will Eisner lorsqu'il débuta les aventures du Spirit. Très jeune déjà, il souhaitait naviguer dans l'univers des super héros mais pensait que des icônes telles que Batman ou Superman étaient des personnages de cirque et il voulait apporter une alternative. C'est avec cette vision là qu'il s'est mis à inventer son héros en le résumant à un imper et un chapeau. Il a pris la liberté d'aller proposer un héros qui s'apparentait à un type normal... Lorsqu'il l'a présenté à l'éditeur, ce dernier fut intéressé mais n'approuvait pas l'absence de costume. Eisner qui était aussi peu généreux de son temps que de son argent, au lieu de retourner plancher sur une nouvelle version, a juste pris un crayon et dessiné un masque sur ses planches ! En un coup de crayon, il s'est affranchi des obligations et des conventions, c'est ce que j'ai essayé de faire. Je crois que cette anecdote suffit amplement à justifier ma liberté de réalisateur.
THE SPIRIT de frank miller
Votre première tentative de réalisation s'était faite sous l'épaule de Robert Rodriguez qui, techniquement, n'est pas un novice et on supposera même que vous avez pu apprendre quelques bonnes ficelles à ses côtés... Alors, concrètement, que vous a apporté l'expérience Sin City ?
J'ai appris à reprendre confiance en moi. Je suis retourné chez moi, je me suis assis à ma table de travail et me suis remis à bosser sur mes dessins et mes projets. C'est une chose que je n'avais pas faite depuis longtemps. J'ai repris des idées qui passaient comme ça mais qui me tenaient à coeur. Et je les ai développées. Je me suis rendu compte que je pouvais être seul derrière ma table, préparer des boulots sans l'aide de personne et que ces derniers se révèleraient tout de même cohérents. Enfin, cohérents jusqu'à ce que des types comme Samuel L. Jackson viennent tout foutre en l'air !
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