L'image est très soignée. S'agissant plus particulièrement de combats d'infanterie, c'est-à-dire d'hommes confrontés au combat sur le terrain, le réalisateur a souvent placé son objectif au ras du sol, ce qui est très bien rendu dans cette copie : les couleurs naturelles sont bien retransmises et le contraste entre la beauté flamboyante des paysages mélanésiens et les flammes et la fumée des explosions supporte parfaitement la compression DVD.
Le réalisateur ayant voulu privilégier un son réaliste plutôt qu'un son genre ''film de guerre hollywoodien'', le film bénéficie d'un Dolby Digital 5.1 non pas omniprésent et assourdissant mais très sobre dans l'efficacité. En fait, les bruitages d'armes semblent même sous-dimensionnés par rapport à la réalité, ce qui est plutôt inverse à ce à quoi on assiste habituellement...
Les menus ne bénéficient d'aucune animation, n'offrent pas la moindre biographie ni filmographie. En revanche, on a droit gratuitement et intégralement aux chansons mélanésiennes tirées d'un cd-audio dérivé du film...
Sorti en France quelques temps après Saving private Ryan,le film de Terrence Malick a à la fois bénéficié de la relance par celui de Spielberg, de l'attrait du public pour les films de guerre, tout en étant desservi par sa comparaison avec ce dernier. En fait, les deux films ne se situent pas sur le même niveau. Tiré d'un livre écrit en 1965 par James Jones -déjà auteur de Tant qu'il y aura des hommes, qui a combattu et été blessé à Guadalcanal, The thin red line semble paradoxalement moins réaliste que Ryan, non pas qu'il s'agît d'un énième Hollywood-s'en-va-t-en-guerre. Non, l'écrivain comme le réalisateur, qui a remarquablement respecté son propos, ont semble-t-il voulu révéler leur vision philosophique voire mystique de la guerre.
Suivant un groupe de soldats américains à la reconquête de Guadalcanal tenue par lesJaponais, la caméra étudie les caractères séparément et successivement, ce qui permet aux auteurs, différentes approches de la vision de l'humanité face à un destin violent, fatal ou non.
Toutefois, grâce au talent de T. Malick, l'aficionado du film de genre, comme le cinéphile amateur de drame humain y trouvera son compte.
Par Patrick Thanh