Contrairement au zone 1 sorti l'année dernière, l'édition zone 2 présente une image anamorphosée. La définition s'en ressent et parvient à être d'un niveau plutôt bon. Cependant, le niveau de détails proposé reste souvent insuffisant comme le démontre les gros plans sur les visages où le piqué de l'image n'est d'une très grande précision.
Le DVD possède aussi deux atouts : une colorimétrie homogène et une compression maîtrisée (très peu de bruit vidéo et c'est plutôt une bonne surprise pour MGM).
Un Dolby Surround dans la norme. Utilisant très peu les enceintes arrières (musique lors du générique, quelques effets sonores lorsque l'action s'emballe), le mixage demeure sage. La dynamique est loin d'être mémorable et c'est plutôt du côté de la clarté de l'enceinte centrale que viennent les satisfactions les plus significatives.
Si la piste française possède un rendu équivalent à la piste anglaise, elle demeure moins performante ne serait ce que pour le doublage de Kathy Bates qui rend la performance de l'actrice bien moins impressionnante.
Un menu fixe et muet démontre qu'il s'agit d'une sortie bien quelconque pour l'éditeur. Cette absence d'effort dans la présentation des menus se retrouve dans l'indigence des bonus offerts. Seule la bande annonce est disponible et encore uniquement en Vo, mono mais tout de même au format et en 16/9.
Grièvement blessé, le célèbre auteur Paul Sheldon (James Caan) est sauvé d'une mort certaine par Annie Wilkes (Kathy Bates), infirmière vivant recluse dans une maison coupée du monde. L'écrivain va alors s'apercevoir pour son plus grand malheur que Annie est une fan invétérée de ses romans et son besoin de connaître la suite des aventures de Misery, l'héroïne créée par Paul, va la faire disjoncter.
Pour sa deuxième adaptation d'un écrit de Stephen King (après le brillant Stand by Me), Rob Reiner réussit un thriller étouffant où la tension monte inexorablement pour mieux faire éclater dans un final rageur et cruel, la violence contenue du duel psychologique que se livre les deux protagonistes.
Huit clos étonnant de maîtrise interprété par deux acteurs au sommet de leur forme (Kathy Bates tour à tour émouvante et follement inquiétante, a bien mérité son Oscar de la meilleure actrice), Misery parvient également à intégrer dans un suspense éprouvant ponctué de scènes chocs saisissantes (le « pétage » de jambes administré par Annie) une réflexion (certes légère) sur les rapports affectifs exacerbés qui peuvent naître entre célébrités et fans.
Par Laurent Pécha