Malgré son âge, le master ne souffre d'aucun défaut majeur et mis à part une ou deux poussières on ne peut pas lui reprocher grand chose. Les couleurs sont riches et naturelles et la définition quasi parfaite. Du point de vue de la compression, Warner fait de l'excellent travail et redonne ainsi au film une toute nouvelle jeunesse.
Le film bénéficie d'une remasterisation anglaise Dolby Digital 5.1 et si les effets sonores sont magnifiquement répartis sur les différents canaux, les dialogues sont un rien écrasés sur la voie centrale. Mais dans l'ensemble, il faut avouer que l'on redécouvre le film. Bonne surprise sur la piste française, qui si elle est en mono, se voit offrir un bien meilleur rendu des dialogues et sait faire preuve d'un bon dynamisme. A noter : un doublage de très haute tenue.
Un menu fixe mais musical d'un esthétisme on ne peut plus classique. Malheureusement, en supplément on ne trouve que la bande annonce du film en VO et en plein cadre. Dommage, car un tel film aurait sans aucun doute mérité un soin plus poussé de ce coté.
Le lieutenant Kelly (Clint Eastwood) est bien décidé à ramener chez lui un petit souvenir de la guerre. Ce petit quelque chose n'est en fait rien d'autre que 14 000 lingots d'or. Pour cela, il recrute une bande de lascars tous motivés par l'appat du gain.
La meilleure comédie satirique jamais réalisée sur fond de guerre
Clint Eastwood retrouve le réalisateur Brian G. Hutton pour la seconde fois après Quand les aigles attaquent. Mais cette fois-ci, il n'est plus vraiment question de film de guerre à proprement parler mais plutôt d'une espèce de western antimilitariste où Eastwood abandonne le personnage de vrai gentil pour interpréter un personnage plus proche du gangster.
Le propos du réalisateur s'accorde parfaitement avec le contexte des années 70, les Etats-Unis cherchant une issue au conflit vietnamien. Il y tient des propos anarchistes qui seront d'ailleurs appuyés la même année par le film de Robert Altman, MASH avec le même Donald Sutherland.
Si Brian G. Hutton apporte un soin tout particulier à la reconstitution historique et à l'aspect esthétique de son film, la force du récit provient de sa capacité à panacher avec brio les scènes d'action, l'humour et le suspense. Ainsi, et malgré la multiplication du nombre de morts à l'écran, De l'or pour les braves relève bien plus du divertissement, mené tambours battants par un casting haut en couleurs, que du film de guerre pur et dur. La scène devant la banque étant un véritable moment d'anthologie, digne des plus grands westerns de Sergio Leone.
Par Pascal Faber