Malgré une compression prise en défaut à de nombreuses occasions (la fumée, ça pardonne pas), l'image s'en sort honorablement. Principalement grâce à une image bien définie et une belle colorimétrie, les tons verdâtres de la jungle et des uniformes ressortant de manière très convaincante.
La VO doit se contenter d'un Dolby Surround tristounet (c'est toujours mieux qu'une stéréo comme indiquer sur la jaquette) qui s'avère certes équilibré mais totalement absent en termes de dynamique et d'ampleur. Les pistes françaises remixées façon Arkamys possèdent un tout autre rendement. L'ouverture des canaux s'avère effective, la brutalité et l'âpreté du combat prend alors toute sa dimension et on est séduit par les multiples effets surrounds (principalement le bruit des balles). C'est la piste DTS qui se montre la plus spectaculaire sans toutefois pouvoir rivaliser avec des vrais mixages 5.1 de films de guerre plus récents (La chute du faucon noir pour ne citer que le plus proche).
Il faudra se contenter du film puisque l'édition ne propose qu'un seul supplément : la bande-annonce de Hamburger Hill en Dolby Surround, 16/9 mais dans un master particulièrement abîmé.
Film méconnu et surtout sous-estimé, Hamburger Hill n'a par certains côté pourtant rien à envier à des oeuvres aussi prestigieuses que Platoon et autre Full Metal Jacket. En évoquant le tragique destin de ces soldats chargés de prendre une colline aux vietnamiens, John Irvin s'est attaché à être le plus réaliste possible. Un seul objectif : montrer à quel point la guerre est terrifiante, horrible et au final dérisoire. Malgré une progression scénaristique un poil stéréotypée (heureusement, les acteurs, tous excellents, sauvent alors la mise), le cinéaste touche au but. Son Hamburger Hill est un spectacle d'une violence rare qui provoque un sentiment de répulsion et de dégoût. Le grand mérite en revient à Irvin qui a su de manière implacable mettre en images la brutalité et l'absurdité (terrible moment où les hélicos américains tirent sur leurs propres soldats) des affrontements, à l'image des ces impressionnants travellings latéraux qui ne cessent d'accompagner la montée des américains vers ce qui n'est qu'une illusoire « terre promise ».
Par Laurent Pécha