Si l'on occulte un léger voile granuleux sur certains plans, Universal s'en tire avec les honneurs dans cette charlottade toute en couleurs. Ces dernières sont tout simplement étincelantes et bénéficient d'une excellente saturation. Certains contrastes auraient mérités d'être un peu plus appuyés et la luminosité un rien accrue mais la facture générale reste globalement très honnête.
La bande sonore fait preuve d'un manque flagrant d'amplitude et de relief et il n'y a guère que les scènes musicales qui sortent un peu du lot, et ce en anglais comme en français. En revanche, si vous voulez prendre un minimum de plaisir à ce film, boudez la version française surjouée à outrance.
En guise de bonus, Universal nous sort tout un lot de scènes coupées ou rallongées (non étalonnées et non mixées pour la plupart mais en vost) et dans la majorité des cas, on comprend pourquoi celles-ci furent écartées au montage.
N'est pas Priscilla qui veut !
Voulant surfer sur la vague (et sur le succès) « Priscilla folle du désert », To Wong Foo vole au ras des pâquerettes et ne possède jamais la pertinence et l'intelligence de son modèle. On se demande bien ce que Wesley Snipes et ses deux collègues sont venus faire dans cette aventure pour le moins ridicule et sans fond. Pas la moindre once de finesse quand à l'humour, il faut creuser profond pour le trouver. En revanche, la caricature grotesque est au rendez-vous. A éviter à moins que les clichés et autres avatars du genre soit votre tasse de thé !
Par Pascal Faber