EYES WIDE SHUT
Warner
1999
Drame
Format 1.33 - 4/3 uniquement - cc - Double couche
Langages : Anglais DD 5.1
Sous-titres : Anglais/Français
Critique Image
Présenté ici au format du négatif original obtenu directement au tournage par les caméras (1.33, tel que le voulait Kubrick), le master utilisé est impeccable. La définition est excellente à tous points de vue. Les contrastes sont volontairement poussés et parfaitement restitués ici. Le travail de compression et d'encodage est rendu difficile par le grain original de la pellicule. Warner s'en tire plutôt bien. Ce fameux ''grain cinéma'' cher à Kubrick a pourtant été un peu ''lissé'' par rapport à la copie. Malgré cette impression, certes subjective, de ''lissé'', certains arrières plans ou détails fourmillent. C'était inévitable et même souhaitable pour s'approcher de l'expérience ''Eyes Wide Shut'' au cinéma. Le plus surprenant est les couleurs superbement saturées d'une tenue exemplaire, un peu trop peut-être. La lumière fantasmagorique, très travaillée, (tournage en studio) est idéalement retranscrite. Warner a réussit un beau compromis entre impératif de qualité du DVD et choix artistique du réalisateur.
Critique Son
Anglais Dolby Digital 5.1 discret mais d'une subtilité exemplaire et en totale adéquation avec le film. La bande-son participe au rêve et à l'ambiance si particulière que seul Kubrick, maniaque du son et de l'image, sait créer. Beaucoup de ses films précédents ont été mixés en mono par soucis de ''ne pas égarer le spectateur en dehors de l'action qu'il voit à l'écran''. Il ne faut donc pas s'attendre à des hors-champs sonores spectaculaires de la part de Kubrick qui touchait pour la première fois au mixage numérique. Le 5.1 sert surtout pour la musique, partie essentielle du film. Suivant les ambiances recherchées par le réalisateur, elle est répartie sur tous les canaux avec ampleur ou bien très concentrée sur les enceintes avant. Pour s'en convaincre, il suffit d'assister à la scène d'ouverture où la musique du bal, censée être jouée live par un orchestre, est surtout intégrée au canal central. Puis, soudain, c'est l'invasion sonore et visuelle, tous les sens sont en éveil (wide open) et la musique de Chris Isaak emplit violemment l'espace sonore. C'est une musique d'illustration. Les deux se confondent alors dans le rêve comme en témoigne la scène orgiaque ou la musique ''live'' semble pourtant sortir des abîmes. Elle a une ampleur, une clarté et des basses exceptionnelles. D'un coup, le film subit un tournant. L'intervention sonore des quelques notes minimalistes martelées sur un piano met mal à l'aise. Elles sont le reflet d'une bande-son qui est spectaculaire non pas dans ses effets, mais dans la façon dont elle prend à partie le spectateur (et le personnage de Cruise).