Seven 7
2005
Format 1.77 - 16/9 compatible 4/3 - Double couche
Langages : Anglais DD 5.1 - Français DD 5.1 - Polonais : DD 5.1
Sous-titres : Aucun
THORGAL : ENTRE LES FAUX DIEUX
Réalisateur:
Sébastien RostActeurs :
Durée : 160 minutes
Suppléments : Vidéo strip des Archers. Documentaire de la TV polonaise. Interviews
Date de sortie DVD : 00 0000
Critique Image

Curieux exercice que de critiquer une image encodée en 16/9e dont la particularité est justement de ne pas répondre aux ratios d'image auxquels le cinéma et la télévision nous ont habitués. En effet, et c'est aussi ce qui fait la spécificité du BDVD, chaque image (on parlera d'ailleurs plutôt de vignette) provient d'un album de bande dessinée. Ceci veut dire que les formats sont pratiquement identiques à leur équivalent papier, et qu'ils ne sont donc limités que par l'imagination du dessinateur et les besoins de la mise en page. Leur éclatement en différentes cases isolées brise l'unité de la page de BD rectangulaire telle qu'on la connaît, et Sébastien Rost (concepteur visuel de ce BDVD) ne s'est pas fait prier pour en jouer. Les différentes vignettes apparaissent donc sur fond noir, parfois jumelées avec leurs vignettes voisines dans un jeu de champ / contrechamp reconstitué, parfois démultipliées avec différents niveaux de zoom pour mettre l'accent sur un détail ou un personnage, parfois divisées en plusieurs portions qui vont s'afficher successivement, parfois affichées en plein écran quand le format d'origine le permet...
Une seule règle ici: pas de règle. Ou plutôt si; tous les moyens sont bons pour recréer le vertige et la sensation de mouvement d'un vrai film de cinéma. Ne vous offusquez donc pas si vous constatez que certaines vignettes sont tronquées par rapport à leur équivalent papier, ou que d'autres se voient retouchées ou déplacées par rapport à la position qui était la leur dans la BD: tout ceci participe d'une volonté d'offrir l'expérience visuelle la plus cohérente et la plus dynamique possible. Sur ce point, passé le premier moment de surprise de voir une succession de zooms et de panoramiques sur des images fixes, on est bien forcé de reconnaître que le défi est relevé.
La compression et la saturation des couleurs n'ont quand à elles rien à se reprocher, et pour cause: il s'agit ici de dessins numérisés à partir des planches originelles. Pas de mouvements compliqués à reproduire, pas de fumée, d'eau... Simplement le trait subtil de Rosinski et les couleurs de l'album. Quand à l'effacement des phylactères (les bulles si vous préférez), il est invisible, à tel point que l'on ne se demande jamais où pouvaient bien se trouver ceux-ci dans la version papier. Du très beau travail.
Critique Son
On sera en revanche un peu moins cléments avec la partie sonore, la faute à un doublage laissant parfois à désirer. Donner une voix et des intonations à des personnages que l'on a appris à connaître et que l'on s'est appropriés au fil des ans n'était assurément pas chose facile, et force est de constater que le film n'y parvient que par intermittence. On reste ainsi dubitatif devant le choix du doubleur choisit pour incarner Thorgal, celui-ci étant affublé d'un léger accent. Tranquillisez-vous: cet accent est suffisamment discret pour que l'on ne puisse déterminer sa provenance, et il se fera d'ailleurs oublier après quelques minutes de visionnage. Mais il n'empêche... On émet également des réserves sur la comédienne qui prête sa voix à Kriss de Valnor: non pas que celle-ci joue mal, bien au contraire, mais son timbre de voix paraît beaucoup trop jeune et "espiègle" pour le personnage (qui est, rappelons-le, la femme fatale ultime). Histoire d'enfoncer le clou, on pourra pointer du doigt certains personnages (Pied d'Arbre, Ogotaï), dont la performance n'est pas toujours à la hauteur de nos attentes. Mais celles-ci n'étaient-elles pas démesurées en regard du potentiel de la BD?
Un mot enfin sur la prononciation des noms, qui ne sera peut-être pas conforme à la vôtre: ici, Thorgal Aegirsson se prononce "Aeghir", Yariay se prononce "Yariaille" et Aynée se dit comme "Ainée".
Les voix anglaises quant à elles sont bien choisies, mais la diction est un peu "scolaire" (un défaut récurent des doublages anglo-saxons). De toute façon, une BD d'obédience franco-belge ne devrait-elle pas se suivre en français?
Le mixage 5.1 est quand à lui de très bonne facture, tant en VF qu'en VA, et les sons d'ambiance rempliront la pièce avec une belle générosité. La moindre des choses pour un film dont la vocation est de nous immerger dans l'univers de la BD d'origine.