Avec sa photographie très variée, les grains sombres nocturnes défiant les journées pimpantes, le film de Tony Giglio parvient pourtant sans peine à franchir le cap de la compression DVD qui, si elle n'accomplit pas ici de réels miracles, assure pleinement le spectacle. Les contrastes y gagnent assurément et les différentes nuancées sont fidèlement retranscrites.
Pas de jaloux puisque VO et VF se partagent avec la même générosité une piste Dolby Digital 5.1 et une autre DTS chacun pour un résultat percutant. Coup de feux, explosions et poursuites assurent la cadence une heure et demi durant sur l'ensemble des canaux avec une précision soufflante. Amateurs de petit son s'abstenir.
Malheureusement, à l'exception d'un lien Internet, aucun supplément n'est proposé. Pas même une bande annonce.
En apparence, Chaos propose tout pour charmer l'amateur du cinéma de genre bien troussé. Un casting aguicheur, un braquage, une prise d'otage, sirènes de polices hurlantes, négociateurs, snipers et cambrioleurs de haut vol plus au fait des méthodes d'amadouement que les spécialistes de crise eux-mêmes. Tout y est, et transformer le plaisir à cadence répétée pour proposer quelque chose de bien plus finaud que le simple Caper movie séduit tout autant puisque du chaos se reflétera la théorie de l'incontournable voyou donneur de leçons.
Néanmoins, basculer tour à tour dans la cambriole futée, le buddy-movie noir et la vendetta intellectuelle ne parviendra pas à atteindre l'originalité tant ciblée puisque aussi pelotée soit-elle, l'intrigue fleure le déjà-vu incessant en plus de se compliquer inutilement la vie. L'ordre est effectivement au coeur du chaos au même titre que la révélation finale s'étalera de tout son long beaucoup trop tôt. Trop de complications, trop de trop, qui nuisent à pitch de départ pourtant alléchant et qui ne parviendra à imposer le film que comme un simple téléfilm de luxe. L'histoire l'a souvent démontré, il ne faut parfois qu'un pas pour qu'un polar malin dérobe le statut d'oeuvre immanquable. Malheureusement, Chaos n'a pas osé le franchir.
Par Arnaud Mangin