Un beau transfert avec des couleurs à la hauteur des paysages sublimes des Rocheuses. Les ciels bénéficient d'un bleu très profond. Mais la définition grandiose est surtout sublimée par une chute dans une rivière au ralenti, véritable démonstration de fluidité et de détail. Quelques poussières peuvent apparaître par intermittence mais rien de gênant. Les choix lors des prises de vue en métrocolor ont été respectés avec des blancs légèrement saturés, parfois proche d'un rendu au filtre « star ».
Le film est proposé dans cinq langues différentes, uniquement en mono. Les voix et les effets sonores cohabitent efficacement, même s'ils sont parfois noyés sous un score musical très redondant. On déplorera également un manque de dynamisme dans les scènes d'actions, où les détonations des armes à feu manquent de relief.
Aucun bonus.
Deux farouches trappeurs portent assistance à une jeune indienne. Son nom est Lune Qui Court, une femme magnifique qui cherche à fuir l'homme auquel elle a été vendue, le chef des Blackfeet. Furieux, ce dernier jure qu'il scalpera les deux hommes afin de récupérer Lune Qui Court.
Ecrit par le frère de Charlton Heston, La Fureur sauvage (traduction « audacieuse » du titre original The Mountain men) est un film taillé sur mesure pour l'interprète de Ben-Hur, lui octroyant un premier rôle tout en virilité. Tourné au début des années 80, il s'inscrit comme un des pionniers des productions hollywoodiennes de l'ère Reagan mettant en scène un héros à la gloire du genre masculin. Toutes les scènes sont des démonstrations de force, prouvant « l'incroyable » résistance de son corps à tous les types d'épreuves, le froid comme la torture. Le réalisateur va même jusqu'à cadrer certaines scènes avec la jambe musclée de Heston en amorce en premier plan.
Pour ce qui est du traitement des Indiens, le résultat est très simpliste. Arthur Penn, entre autres, avait réhabilité le statut de cette civilisation en réalisant Little Big Man. Mais ici, les Indiens n'ont qu'un choix de personnalité très limitée, soit naïf, soit pervers mais le plus souvent violent. La Fureur sauvage se situe dans cette catégorie de divertissements réalisés au premier degré mais uniquement visible au second degré, vu la vision manichéenne risible qui y est délivrée.
Par Thomas Legal