On privilégiera la version originale dans tous les cas. Elle se révèle en effet plus précise, évoquant un relief plus équilibré à l'ensemble de la construction sonore typiquement lynchienne.
En 2.0, les voix de la version françaises sont trop mises en avant par rapport à une installation sonore en
background dont on ne peut percevoir toute la richesse. En effet, l'omniprésence des arrières plans sonores créent un fil conducteur auditif angoissant dont il semble qu'il peut exploser à tout moment (fin du premier épisode,
May the Giant Be With You, par exemple). La stéréo anglaise parvient en fait à trouver un meilleur équilibre entre ce leitmotiv et les dialogues.
C'est véritablement en 5.1 et surtout en DTS (au piqué encore plus subtil, surtout sur les enceintes arrières) que le travail artistique est considérablement dévoilé. Si la version française parvient à rattraper quelque peu son retard avec une meilleure balance qu'en stéréo, la spatialisation de la version originale provoque un envoûtement intense et prendra à parti votre matériel. Les basses (très présentes chez David Lynch, d'
Eraserhead à la séquence introductive de
INLAND EMPIRE) sont merveilleusement entreprenantes et ajustées. Il y a surtout la partition d'Angelo Badalamenti qui parvient à se dégager de cet empire sonore avec l'idée que le compositeur est l'un des plus grands quand il s'agit de fausser les pistes et surprendre l'auditeur. Un mixage de qualité qui ravira les mordus de home-cinema...
Seul bémol, l'impossibilité de changer de format sonore en cours de lecture. On se doit donc de repasser par le menu.