box office

1

LOL (LAUGHING OUT LOUD)
entrées : 1 544 865 (2 semaines)




2

VOLT, STAR MALGRE LUI
entrées : 1 444 144 (2 semaines)




3

L'ETRANGE HISTOIRE DE BE
entrées : 1 478 534 (2 semaines)




4

CE QUE PENSENT LES HOMME
entrées : 310 809 (1 semaine)




5

LE SEMINAIRE
entrées : 295 258 (1 semaine)




6

TWILIGHT - CHAPITRE 1 :
entrées : 2 407 342 (6 semaines)




7

SLUMDOG MILLIONAIRE
entrées : 943 213 (5 semaines)




8

MEILLEURES ENNEMIES
entrées : 144 059 (1 semaine)




9

RICKY
entrées : 135 612 (1 semaine)




10

LA LEGENDE DE DESPEREAUX
entrées : 124 210 (1 semaine)

eddie murphy (3 Avril 1961 - )

On peut bâtir une carrière toute entière sur son unique talent. Eddie Murphy en est certainement la preuve la plus évidente, puisqu’on compte sur les doigts de la main

ses véritables réussites en près de trente ans de carrière. Et si la superstar a connu diverses fortunes au box-office, il est toujours parvenu à revenir sur le devant de la scène grâce à son bagout légendaire, son charisme évident et son capital sympathie qui ont fait de lui l’une des vedettes les plus appréciées de ces 25 dernières années. A l’occasion de la sortie de Norbit, nous avons donc décidé de soumettre sa filmographie au test du « classe/pas classe ».



SATURDAY NIGHT LIVE (1980/1984) - TRÈS TRÈS CLASSE

Nous sommes en 1980, et le SNL traverse une véritable période transitoire. Il s’agit désormais de former la relève, ceux qui prendront la place de John Belushi, Bill Murray, Dan Aykroyd ou encore Steve Martin, qui ont quitté l’émission pour connaître d’énormes succès au cinéma avec Les Blues Brothers, Arrête de ramer t’es sur le sable ou encore Un Vrai Schnock (et oui, les traductions françaises de l’époque laissaient à désirer…). Et sans rien vouloir enlever aux talents de Joe Piscopo, Robin Duke, Julia Louis-Dreyfus (la future Elaine de Seinfeld), Tim Kazurinsky, Andy Kaufman et même Billy Cristal, il faut reconnaître que la pérennité du célèbre show new-yorkais chapeauté par Lorne Michaels repose avant tout sur les épaules de Eddie Murphy, qui n’a que 19 ans quand il intègre l’équipe du SNL. Repéré dans les diverses scènes où il se produit depuis l’âge de 15 ans, Eddie Murphy va effectivement marquer le Saturday Night Live d’une empreinte indélébile, puisqu’il en sera l’une des stars les plus populaires, ainsi que l’un de ses sauveurs, puisque l’émission connaîtra grâce à lui une seconde impulsion, suite à des taux d’audiences catastrophiques.
Parmi ses créations les plus célèbres et les plus hilarantes, on retiendra ses multiples imitations de Stevie Wonder, son apparition en cinquième Beatles et son célèbre sketch dans lequel il se déguise en blanc pour voir comment ceux-ci sont considérés aux USA, mais également le rôle récurrent de « Buckwheat » (une parodie avouée d’un des enfants stars des Petites racailles) ou encore celui de Mr. Robinson, éducateur de survie dans un milieu urbain. Si le SNL révèle littéralement Eddie Murphy, ce dernier ne sera pas vraiment reconnaissant pour autant. Alors que la plupart des anciens membres du show, comme Steve Martin ou encore Dan Aykroyd, acceptent de revenir présenter l’émission de temps à autres, Eddie Murphy refusera la moindre invitation. Sa présence dans un épisode de la saison 10 en 1984 marque donc sa dernière apparition dans l’émission, qu’il ne retrouvera plus jamais, y compris pour faire la promotion de ses propres films.



48 HEURES - CLASSE

Pour son premier rôle au cinéma, Eddie Murphy ne commence pas par les seconds rôles ingrats et partage d’entrée le haut de l’affiche avec Nick Nolte. A l’origine, 48 Heures ne lui propose pourtant pas un personnage taillé sur mesure. En effet, le réalisateur Walter Hill et les producteurs Joel Silver et Lawrence Gordon essuieront les refus consécutifs de Gregory Hines, Richard Pryor et Denzel Washington avant de se rabattre sur la star du SNL. Du coup, le rôle de Reggie Hammond perd énormément de son sérieux, et dénote presque dans ce buddy-movie autrement plus sec qu’un Rush Hour ou un Bad Boys. Si le film ne cherche jamais à révolutionner le genre policier, ni même ne brille par un scénario percutant (pourtant écrit par les scénaristes de Piège de cristal), il s’avère suffisamment divertissant pour exploser le box-office. Sur le coup, personne ne semble imaginer que le succès est imputable à Eddie Murphy, puisque Walter Hill et Nick Nolte ont déjà connu les louanges du public auparavant. Quoi qu’il en soit, Eddie Murphy, véritable tornade irrévérencieuse et jouissive, sort du film avec un statut de vedette de cinéma prometteuse, qu’il va parvenir à entériner dès son prochain film.

UN FAUTEUIL POUR DEUX - TRÈS CLASSE

John Landis est lui aussi un habitué du SNL par défaut. En effet, on pourrait croire qu’il est le réalisateur attitré des vedettes du show new-yorkais, puisqu’il signe les passages sur grand écran de John Belushi et Dan Aykroyd avec les excellents American College et Les Blues Brothers. Et en cette année 1983, il assure à Eddie Murphy un succès de plus avec l’hilarant Un Fauteuil pour deux, dans lequel celui-ci partage la vedette avec Dan Aykroyd et la toute jeune Jamie Lee Curtis (avis aux érotomanes : elle y dévoile ses seins, ce qui mérite d’être précisé !). Ici, Eddie incarne un pauvre qui accède aux richesses d’un courtier new-yorkais suite au pari de deux millionnaires cyniques et trouve dans ce scénario malin un véritable tremplin pour son talent. Comédie de situation très travaillée, mais également traversée d’élans de crétinisme bienvenus (la scène dans le train avec le gorille !), Un Fauteuil pour deux reste ni plus ni moins que le meilleur film d’Eddie Murphy et rapportera 90 millions de dollars au box-office (un record en 1983), assurant à la star un contrat exclusif avec la Paramount, qui va distribuer tous ses films pendant la décennie à venir.



DELIRIOUS – TRÈS CLASSE

Alors même qu’il cartonne au cinéma et chaque semaine dans le SNL, Eddie Murphy ne renie pas pour autant le stand-up qui a révélé ses talents comiques. Toujours en 1983, il enregistre ce Delirious devant un public conquis (et déchaîné, puisque certains s’insulteront même pendant qu’Eddie joue sur scène !). Le show sera d’abord diffusé sur la chaîne câblée HBO, principalement à cause de son ton particulièrement virulent et anti-politiquement correct. Eddie Murphy y brise plusieurs tabous et s’attaque volontiers aux « groupes minoritaires » (les homosexuels en premier lieu) avec une fougue qui ne lui vaudra pas que des louanges. Peu importe, le spectacle est hilarant (il faut le voir imiter Mr. T en train de se faire sodomiser !), mais va tellement loin qu’il est longtemps resté sur les étagères du distributeur, principalement parce qu’il jure avec l’image familiale que la star s’est forgée dans les années 90. Heureusement pour les anglophiles, un DVD (non sous-titré malheureusement) édité par Anchor Bay vient tout juste de faire son apparition dans les bacs imports.



UNE DÉFENSE CANON – PAS CLASSE DU TOUT

Quand le film de Willard Huyck (Howard the Duck – tout est dit !) se prend une veste aux projection-tests, la Paramount décide de sauver les meubles et offre à Eddie Murphy un chèque conséquent pour partager le haut de l’affiche avec Dudley Moore, star déclinante de la comédie gériatrique. Le film repart alors en tournage afin d’intégrer une sous-intrigue rendant le tout encore plus bancal, sans pour autant augmenter le potentiel comique du projet, tout simplement absent. Eddie Murphy sera le premier à cracher sur le film à sa sortie, précisant tout de même qu’il ne pouvait pas refuser une offre aussi généreuse de la part de la Paramount. Quoi qu’il en soit, le seul mérite de ce film aussitôt oublié aura été de prédire l’invasion du Koweït par l’Irak avec six ans d’avance. Heureusement pour Eddie Murphy, ce bide n’entame en rien son ascension puisqu’il enchaîne aussi sec avec le plus gros carton de sa carrière.

LE FLIC DE BEVERLY HILLS – UN TOUT PETIT PEU CLASSE

A l’origine prévu pour Sylvester Stallone, Le Flic de Beverly Hills devait être un simple film d’action mené tambour battant et relatant les tribulations d’un policier des bas-fonds de Detroit qui mène l’enquête et fout le boxon dans un quartier huppé de Los Angeles. Stallone quitte le projet après de nombreuses réécritures (qui aboutiront à Cobra) et les producteurs Jerry Bruckheimer et Don Simpson font appel à Eddie Murphy, qui change le matériau du tout au tout, avec force improvisation et autres réécritures. Le sujet reste le même, mais le ton change complètement. Exit le polar musclé et place à la gaudriole absolument pas fine pour un sou. Quoi qu’il en soit, Eddie Murphy créé avec Axel Foley un personnage emblématique, duquel il est désormais aussi indissociable que Sylvester Stallone et Rocky Balboa ou encore Arnold Schwarzenegger et le Terminator. Pourtant, il faut bien admettre que le film est loin d’être aussi réussi que les oeuvres citées. A vrai dire, Le Flic de Beverly Hills cherche tellement à faire du pied aux spectateurs qu’il en devient rapidement énervant, d’autant que son réalisateur Martin Brest semble bien se foutre de ce qu’il filme. On pourrait même prétendre que sans les improvisations acharnées d’Eddie Murphy, il n’y aurait absolument aucune raison valable de voir le film. Pur produit fainéant du cinéma télévisuel tel qu’il a été pratiqué dans les années 80, Le Flic de Beverly Hills casse pourtant la baraque. On parle ici de chiffres qui approchent ceux de phénomènes comme Les Aventuriers de l’arche perdue et autres SOS Fantômes. Il s’agit, à ce jour, du plus gros succès d’Eddie Murphy, un succès qui repose d’ailleurs entièrement sur ses épaules. C’est bien la seule qualité qu’on peut trouver au film, même s’il ne montre qu’une infime partie du talent de la star…



GOLDEN CHILD – L’ENFANT SACRÉ DU TIBET – PAS CLASSE DU TOUT

Une fois le carton cosmique du Flic de Beverly Hills digéré, Eddie Murphy peut se permettre n’importe quoi. Ça tombe bien, c’est précisément ce qu’il fait ! Film d’aventure prévu à l’origine pour Mel Gibson, Golden Child – L’enfant sacré du Tibet est évidemment retaillé sur pièce pour convenir à la gouaille toute particulière de Murphy. Résultat : le projet devient une comédie ordurière et boursouflée d’effets spéciaux (impressionnants pour l’époque) qui ne fait même pas rire ceux qui l’ont initié et qui ne tient encore une fois que sur le charisme de sa star. Pourtant, le film fait une fois de plus carton plein au box-office : On n’arrête pas le rouleau compresseur Eddie Murphy, qui rétame tout sur son passage !

EDDIE MURPHY SHOW – TRÈS TRÈS CLASSE

Eddie Murphy, comme la plupart des comiques contemporains, n’a jamais caché son admiration pour Richard Pryor, son maître à penser. Avec ce Eddie Murphy Show, qui sera distribué en salles, il remonte une dernière fois sur scène et lui rend un vibrant hommage en s’inspirant clairement de ses routines, et va même jusqu’à le citer directement dans ses sketches. Ecrit par Keenen Ivory Wayans et Eddie Murphy, et réalisé par Robert Townsend, le spectacle reste tout simplement ce que la star a fait de plus précis sur scène. On peut voir ce Eddie Murphy Show comme une version véritablement aboutie de Delirious, mais il faut néanmoins admettre que le matériau traité est moins explosif. Qu’il s’en prenne aux relations entre hommes et femmes, aux tensions raciales entre les noirs et les italo-américains (à la sortie d’une séance de Rocky !) ou encore à Bill Cosby qui le trouve trop vulgaire, Eddie Murphy manie le verbe de façon virtuose, mais légèrement plus douce que sur Delirious. Evidemment, on est encore loin de la future période familiale, et le tout propose quelques véritables morceaux de subversion bien sentis à se taper la cuisse. Ni plus ni moins que ce que Eddie Murphy a fait de plus drôle !

LE FLIC DE BEVERLY HILLS 2 – UN TOUT PETIT PEU CLASSE

On se doutait bien que les recettes faramineuses du Flic de Beverly Hills appelaient une suite obligatoire. A vrai dire, la Paramount envisage de décliner le concept à la télévision, mais Eddie Murphy refuse de brader son talent sur le petit écran. Il accepte néanmoins de tourner cette suite pour laquelle tout le monde rempile, sauf le réalisateur Martin Brest. Il est remplacé par Tony Scott, fraîchement débarqué du succès de Top Gun, et la différence s’en ressent. Le Flic de Beverly Hills 2 est très loin d’être un grand film, mais en mettant Axel Foley aux trousses d’un gang de braqueurs de banques menés par la sculpturale Brigitte Nielsen, le futur réalisateur de Man on Fire et Domino parvient à arracher quelques rires sincères aux spectateurs qui payent tout de même une seconde fois pour voir le même film étiré en cinémascope et passé sous filtre orangé. A tout prendre, ça ressemble déjà plus à du cinéma que le premier opus, donc il n’y a pas de quoi se plaindre…



UN PRINCE À NEW YORK – MOYEN CLASSE

Quand la Paramount propose à Eddie Murphy le pitch de Un prince à New York, la star est loin de se douter du futur imbroglio juridique duquel elle va devoir se dépêtrer. En effet, le véritable auteur du pitch du film n’est autre que Art Buchwald, lauréat du prix Pulitzer en 1982. C’est lui qui suggère au studio de raconter l’histoire d’un prince africain qui se rend aux USA pour trouver la femme de ses rêves. Sur cette base, Eddie Murphy rédige un scénario qui sera réalisé de nouveau par John Landis. Le film se taille la part belle au box-office de l’année 1988, mais coûtera bonbon au studio, qui se voit attaqué par Buchwald, qui obtiendra gain de cause. Murphy n’est pas inquiété pour autant, puisqu’il est établi qu’il n’était pas au courant des affaires entre la Paramount et Buchwald au moment de la production du film. Quoi qu’il en soit, même s’il est un succès faramineux, Un prince à New York n’est pas aussi réussi qu’Un Fauteuil pour deux. Tout au plus a-t-on affaire à une aimable comédie romantique qui propose, pour la première fois, des rôles multiples pour la star, qui s’en donne à cœur joie sous les savants maquillages élaborés par Rick Baker. Ce procédé populaire va d’ailleurs devenir une norme dans le cinéma de Eddie Murphy, qui emprunte en fait l’idée à d’autres comiques comme son idole Richard Pryor. Amusant, mais oubliable.



LES NUITS DE HARLEM – PAS CLASSE

A la sortie de Golden Child, Eddie Murphy annonce son intention de passer à la production et à la réalisation avec un film sur lequel il sera le seul maître à bord. C’est en 1989 qu’il saute effectivement le pas avec Les Nuits de Harlem, film de gangster comique dans lequel il partage enfin la vedette avec son idole Richard Pryor. La rencontre des deux stars comiques aurait du produire des étincelles susceptibles d’en remontrer aux Dieux de la gaudriole, et il n’en sera pourtant rien. Car si Eddie Murphy est certainement un excellent acteur, il demeure un piètre réalisateur, ce que les critiques de l’époque ne manqueront pas de souligner. Au faîte de sa gloire et de sa mégalomanie, Eddie tombe de haut avec Les Nuits de Harlem, puisque le film est boudé par le public. Il faut dire que le film hésite constamment entre traitement sérieux et humour bas du front, quand il n’est pas là pour servir une fois de plus la soupe à une star de plus en plus imbue d’elle-même. Même Richard Pryor, qui n’a pas signé que des merveilles, sera très critique vis-à-vis du film au moment même de sa sortie. Les Nuits de Harlem reste l’unique réalisation de Eddie Murphy, qui ne repassera plus derrière la caméra…

48 HEURES DE PLUS – PAS CLASSE

Afin de redorer leur blason respectif, Walter Hill, Nick Nolte et Eddie Murphy fêtent leurs retrouvailles avec la suite de 48 Heures, judicieusement intitulée 48 Heures de plus. Plus encore que sur Le Flic de Beverly Hills 2, l’équipe ne parvient pas à cacher qu’il s’agit ici du même film, avec les mêmes scènes (l’attaque du camion, le Roxanne entonné par Eddie Murphy), à peine traversé de quelques idées en plus. On prend les mêmes et on recommence ? Oui, et le pire, c’est que le film rassure une fois de plus sur la capacité de Eddie Murphy à rameuter les foules. Seulement le cœur n’y est plus, et Eddie décide de prendre quelques congés pour se remettre sérieusement en question.



REMEMBER THE TIME – CLASSE

Avant de revenir au cinéma avec Boomerang, Eddie Murphy fait un petit caméo aux côtés du mannequin Iman et de Magic Johnson dans le clip de Michael Jackson Remember the Time, réalisé par John Singleton (Boyz’n the Hood). Une petite récréation, dans laquelle il incarne un pharaon jaloux, qui rassure les fans : le charisme évident de la star, qui n’a quasiment aucune ligne de dialogue, est toujours intact !

BOOMERANG – UN TOUT PETIT PEU CLASSE

Pour son retour au cinéma après deux ans d’absence, Eddie Murphy mise sur un projet personnel, dont il est une fois de plus l’initiateur. Il incarne ici Marcus Graham, un séduisant publicitaire qui traite les femmes de façon négligée. Un jour, il tombe sous l’emprise de Jacqueline et découvre qu’il est amoureux… avant d’être lui-même largué comme un malpropre. Réalisé par Reginald Hudlin, qui venait de faire sensation avec la petite comédie indépendante House Party, Boomerang sera effectivement un succès, mais fera principalement parler de lui car il s’agira de la première production hollywoodienne quasi-intégralement interprétée par des acteurs noirs. On ne peut pas vraiment parler de franche réussite, si ce n’est que le film aura le mérite de révéler plusieurs futurs grands noms de la scène hollywoodienne black, comme Halle Berry, Robin Givens, David Alan Grier, Lela Rochon, Tisha Campbell, John Witherspoon ou encore Chris Rock. On a connu pire casting !



MONSIEUR LE DÉPUTÉ – PAS CLASSE

Eddie Murphy quitte le giron Paramount le temps de faire ce petit film pour Disney. Afin de s’assurer un premier pas dans la comédie familiale ? Pas vraiment, puisque Monsieur le député se situe clairement dans la veine des comédies à l’humour gouailleur et cynique qui ont fait la réputation de la star. Pourtant, il manque clairement de verve à cette histoire de petit malfrat qui se fait passer pour un homme politique afin de profiter de l’argent des lobbys. Extrêmement moralisateur et avare en humour (drôle en tout cas), Monsieur le député aurait dû mettre la puce à l’oreille des fans, qui ne s’attendaient pas encore à ce que Eddie se range du côté des familles.

LE FLIC DE BEVERLY HILLS 3 – PAS CLASSE DU TOUT

Jerry Bruckheimer et Don Simpson étant relégués au purgatoire hollywoodien pour avoir produit le bide de Jours de Tonnerre, ce sont les producteurs Mace Neufeld et Robert Rehme (Jeux de guerre et Danger Immédiat) qui reprennent la franchise du Flic de Beverly Hills. Ils appliquent alors une méthode propre aux années 90 en délocalisant le concept du film original (Joel Silver avait déjà fait ça avec la série des Die Hard) pour plonger Axel Foley dans un parc d’attraction. Eddie Murphy reçoit la coquette somme de 15 millions de dollars et signe de nouveau avec John Landis, qui cumule les caméos de potes (John Singleton, George Lucas, Joe Dante, Ray Harryhausen, Peter Medak, Arthur Hiller…) sans trop se soucier du scénario, écrit en mode automatique par un Steven de Souza déjà en train d’encaisser son chèque « durement » gagné. Bref, vous l’aurez compris, Le Flic de Beverly Hills 3 sent des pieds et ferait même passer le premier film pour Piège de cristal. Le public refuse l’arnaque en bloc, et Eddie Murphy présentera même des excuses publiques en précisant qu’il vient des cités, et que là-bas, on ne refuse pas d’être payé une somme pareille. Ben voyons…



UN VAMPIRE À BROOKLYN – PAS CLASSE

Après s’être grillé avec une production aussi onéreuse que Le Flic de Beverly Hills 3, Eddie Murphy cherche à renouveler son image. Il accepte donc de tourner avec Wes Craven, également en perte de vitesse après le bide de son Freddy sort de la nuit, dans une comédie horrifique qui fleure bon les blaxploitation des années 70, Blacula en tête. Pour l’occasion, la star incarne de nouveau plusieurs rôles afin de souligner la teneur comique du film. Malheureusement, le projet ne marque des points sur aucun des deux tableaux. Pas assez drôle et pas assez horrifique, Un Vampire à Brooklyn ne possède même pas le charme suranné des vieilles productions AIP et sous entend que l’acteur et le réalisateur sont vraiment en perte de vitesse, ce qui est confirmé par le bide du film au box-office.

LE PROFESSEUR FOLDINGUE – CLASSE

L’heure est à la remise en question. Naviguant entre les projets vaniteux et les suites faites pour l’argent, Eddie Murphy doit donc de nouveau se remettre en question. Le Professeur Foldingue, qui marque sa première incursion dans la comédie familiale, lui permettra d’avancer masqué, puisqu’il incarne le gentil Sherman Klump dans ce remake de Dr Jerry & Mister Love, un professeur d’université obèse qui décide de trouver la formule idéale pour mincir et créé sans le vouloir une potion qui dédouble sa personnalité et le transforme en Buddy Love, beau mec vaniteux et clairement égocentrique. Murphy incarne les deux rôles (sous un maquillage pour Sherman, mais à visage découvert pour Buddy Love), ainsi que le reste de la famille Klump, et se paye une véritable auto-analyse sous couvert de comédie familiale pétomane gentiment amusante, mais surtout véritablement touchante. Sincère avant toute chose, Le Professeur Foldingue marque le premier succès mérité d’Eddie Murphy depuis un bail. Forcément, la tentation de tout gâcher n’est pas loin…



LE FLIC DE SAN FRANCISCO – UN TOUT PETIT PEU CLASSE

Nouvelle incursion dans la comédie policière pour Eddie Murphy, Metro est habilement retitré Le Flic de San Francisco chez nous, histoire de berner quelques spectateurs étourdis. Evidemment, le film n’a rien à voir avec la célèbre franchise, du moins de façon officielle. Car il faut bien avouer qu’au-delà de cette filiation typiquement française, Le Flic de San Francisco reprend la même formule éculée. Grosse différence, le film, bien que quelconque, est fait avec suffisamment de soin pour assurer un petit divertissement du samedi soir. Pas la peine de s’attarder dessus pour autant, puisque Le Flic de San Francisco n’apporte strictement rien à la carrière de la star, si ce n’est un bide de plus…



MULAN – PAS CLASSE

La grosse production animée de Disney de l’été 1998 est un joli film. Il se trouve qu’il est souvent parasité par des exigences de production totalement crétines (une soupe musicale remplaçant la musique de Jerry Goldsmith sur le rite initiatique de Mulan par exemple). Mushu, le petit dragon interprété par Eddie Murphy en fait partie. Après avoir passé une carrière entière à éviter les pires stéréotypes avec lesquels un acteur black est souvent obligé de composer, Eddie Murphy accepte donc de jouer les sidekicks comiques susceptibles de dénaturer l’ensemble d’une œuvre. La star n’en sort pas grandie, loin s’en faut. Ce n’est pas pour autant qu’elle s’arrêtera là.

DR. DOOLITTLE – PAS CLASSE
Le succès du Professeur Foldingue confirme qu’Eddie Murphy possède désormais un nouveau public composé de petits enfants. Autre remake, cette fois du film éponyme de Richard Fleisher, Dr. Doolittle place la star dans la peau d’un docteur qui entend les animaux parler. Dans les faits, il les entend surtout péter et roter, ce qui provoque multitudes de gags suffisamment raffinés pour que nos petites têtes blondes de moins de 6 mois puissent les comprendre. Pathétique.



MISTER G – PAS CLASSE DU TOUT

Enchaînant son troisième film de l’année 1998, Eddie Murphy montre clairement des signes de fatigue avec Mister G, une comédie soi-disant satirique à l’intérêt quelque peu limité. Mettant la star dans la peau d’un gourou prêchant la bonne parole sur une chaîne de télé-achat, le film semble fustiger le mode de vie bourgeois typiquement californien avant de prêcher, semble-t-il, la bonne parole évangile ! Si Mister G n’est pas très clair sur ses orientations, il semble évident qu’il s’agit d’un projet typique qu’Hollywood produit à destination… d’Hollywood. Ceci explique peut-être le bide mérité au box-office.

PERPÈTE – UN PEU CLASSE

Forcément, après un film aussi vide de sens que Mister G, n’importe quel projet passe pour du Shakespeare. Certes, Perpète est encore loin de rivaliser avec Hamlet et Macbeth, mais redresse quelque peu le niveau désormais catastrophique dans lequel s’enfonce la carrière d’Eddie. Associant à nouveau la star à Martin Lawrence (mais cette fois sur le haut de l’affiche), Perpète s’avère avant tout être une comédie dramatique vendue comme le dernier bulldozer rigolo en date des deux comiques. On en est loin, puisque c’est le ton mi-figue mi-raisin qui intéresse avant tout le réalisateur Ted Demme (disparu depuis) dans cette histoire de deux criminels qui découvrent la valeur de la vie après avoir été emprisonnés à perpétuité. Malgré un succès tout à fait estimable aux USA, le film sortira directement en vidéo en France, ce qui constitue une première dans la carrière internationale de la star.



BOWFINGER – TRÈS CLASSE

Il faut avouer que Eddie Murphy n’est jamais aussi bon que quand il s’associe aux anciens du SNL. Après Dan Aykroyd dans Un Fauteuil pour deux, il retrouve ici Steve Martin qui signe le scénario du film pour l’occasion. Bowfinger raconte l’histoire d’un réalisateur raté (Steve Martin) qui tente de monter son nouveau projet en utilisant comme doublure le frère jumeau un peu attardé de la plus grosse star d’Hollywood (Eddie Murphy) afin de tromper les investisseurs. Murphy incarne à nouveau un rôle double et excelle tout autant dans le registre de la star imbue d’elle-même que dans celui du gentil benêt prêt à tout pour faire le meilleur film possible. Inspiré par certains évènements biographiques de la carrière de Steve Martin (le personnage de Heather Graham renvoie à Anne Heche, ancienne petite amie de l’acteur), Bowfinger ne révolutionne en rien les règles de la comédie, mais s’avère suffisamment pertinent pour nous convaincre qu’il ne s’agit pas à nouveau d’un film fait par Hollywood, pour Hollywood. Les spectateurs potentiels ne se sont donc pas sentis exclus et ont réservé un bel accueil mérité au film.

LA FAMILLE FOLDINGUE – PAS CLASSE DU TOUT

Comme à chaque fois que sa carrière fait un pas en avant, Eddie Murphy décide de faire trois pas en arrière et se lance dans une énième suite qui massacre le potentiel initial de la franchise en question. Se souvenant que l’un des morceaux de bravoure du Professeur Foldingue reste la fameuse scène pétomane du repas familial, Eddie Murphy décide judicieusement d’axer cette suite sur la famille Klump, ce qui ne devrait pas trop lui faire d’ombre, puisque c’est lui qui en incarne tous les membres ! Le problème, c’est que la star, de nouveau en première place du podium, n’a plus besoin de s’auto-analyser et livre certainement l’un de ses films les plus ouvertement cyniques. La Famille Foldingue se vautre ainsi dans la vulgarité la plus crasse, vulgarité qui ne peut être totalement assumée par un classement tout public obligatoire pour assurer le succès du film. En l’état, La Famille Foldingue est un très mauvais film. Mais comme il s’agit de la suite d’un des films les plus sincères de Eddie Murphy (à défaut d’être le plus réussi), la faute de goût est impardonnable !



SHREK – PAS CLASSE...ou CLASSE (les avis divergent)

Prêt à bouffer à tous les râteliers pour rallier les suffrages du public familial, Eddie Murphy accepte de nouveau un rôle secondaire de sidekick dans un film d’animation, en synthèse cette fois. Seule différence avec Mulan, Eddie incarne cette fois un âne hâbleur et crispant, et non plus un petit dragon adepte du kung-fu. Sorti de ce détail mineur, la star se la coule douce dans un emploi qu’il connaît par cœur. Il aurait tort de ne pas en profiter, vu le succès faramineux de Shrek, mais c’est le fan de la première heure qui commence sérieusement à faire la moue…

DR. DOOLITTLE 2 – PAS CLASSE

On prend les mêmes et on recommence ? Ce n’est rien de le dire ! Encore plus décadent dans son utilisation de l’humour scatologique, Dr. Doolittle 2 n’apporte strictement rien de nouveau à la franchise, qui ne demandait pas vraiment à être déclinée sur plusieurs films (dont un récent direct-to-vidéo axé sur la fille Doolittle). Seul élément (involontairement) déridant, l’apparition surprise d’Arnold Schwarzenegger dans le rôle d’un ours pris d’une soudaine et violente envie de déféquer. Tout un programme !



SHOWTIME – PAS CLASSE

En rupture de comédies pour enfants, Eddie Murphy entame l’année 2002 avec sérénité. Showtime, son buddy-movie comique avec Robert De Niro (qui s’est découvert une passion récente pour le pognon… euh, pardon, la comédie) est scientifiquement conçu pour casser la baraque. La preuve, il n’y a absolument aucune idée neuve à l’intérieur de cette formule éprouvée. Les deux stars sont en fait réunies par un mince concept dans lequel elles incarnent deux policiers différents qui doivent faire équipe pour une émission de télé réalité. Evidemment, leur instinct les pousse à démanteler un important trafic d’armes. Le résultat est donc d’une platitude confondante, et aucun des deux acteurs ne parvient à rehausser le niveau. Au final, Showtime connaîtra un bide cinglant au box-office.

PLUTO NASH – UN PEU CLASSE

Tourné en 2000 et laissé sur le banc de montage pendant deux ans, Pluto Nash a tout du projet atypique, conçu presque par erreur par un studio avide de signer une star sous son giron. Croisement entre le film de gangster classique, le space opera et la comédie crétine, Pluto Nash est un ratage évident qui ne mérite pourtant pas qu’on s’acharne sur lui. Réalisé par le sympathique Ron Underwood (Tremors, Mon Ami Joe), le film possède une sorte de charme rétro et une patine inclassable pas franchement désagréable. Une sorte de plaisir coupable conçu de façon humble, du moins autant que possible dans le cadre d’une grosse production de studio. Nominé plus d’une fois à l’oscar du plus mauvais film, Pluto Nash a également l’insigne honneur d’être le plus gros bide de l’histoire du cinéma, puisqu’il ne rapportera que 7 millions de dollars pour une mise de 130 millions de dollars (budget et frais de promotion inclus). Les temps sont durs pour Eddie…



ESPION ET DEMI – PAS CLASSE DU TOUT

Autre buddy-movie de l’année 2002, Espion et demi réunit Eddie Murphy et Owen Wilson sous la direction de Betty Thomas, qui aura déjà dirigé Murphy dans Dr. Doolittle. Le film marque également le retour du producteur Mario Kassar, après une véritable période de vaches maigres. Inutile de préciser que Betty Thomas n’est pas la réalisatrice la mieux placée quand il s’agit de mettre en image des séquences d’action époustouflantes. Le film repose donc sur son duo de stars pour exister. Autant dire qu’il ne repose sur rien, puisqu’il est évident que tout le monde ici s’est donné le mot pour prendre l’oseille et se tirer. Le spectateur décide donc de garder la sienne et boude le film, ce qui clôt l’année 2002 sur un troisième bide pour Eddie Murphy qui l’a bien cherché, il faut le dire…

ÉCOLE PATERNELLE – PAS CLASSE

Retour aux valeurs sûres, donc à la comédie familiale. Le Eddie Murphy des débuts n’est plus qu’un lointain souvenir lorsqu’on le surprend dans Ecole Paternelle à monter un centre éducatif à domicile pour éduquer les enfants en bas âge. S’il faut bien avouer que certains des traits de caractère des enfants prêtent à sourire, l’ensemble tire encore une fois de plus notre Eddie préféré vers le bas.



LE MANOIR HANTÉE ET LES 999 FANTÔMES – PAS CLASSE DU TOUT

Autre franchise créée à partir d’une célèbre attraction du parc Disneyland (comme Pirates des caraïbes), Le Manoir hanté et les 999 fantômes ne connaîtra pourtant pas le même succès. Peinant à masquer que ses véritables ambitions sont uniquement commerciales, le film, réalisé par l’un des créateurs du Roi Lion et de Stuart Little, utilise Eddie Murphy uniquement à des fins rassurantes, afin de présenter aux parents du monde entier un visage familier sur un film qui utilise une imagerie issue du cinéma horrifique (et évidemment largement tempérée pour éviter la crise cardiaque à nos petites têtes blondes). Autant dire que la star ne sert ici absolument à rien, mais c’est devenu une question d’habitude…

SHREK 2 – PAS CLASSE...ou CLASSE (les avis divergent)<

La récente carrière d’Eddie Murphy se suit et se ressemble : après La Famille Foldingue (alias Le Professeur Foldingue 2) et Dr. Doolittle 2, voici donc Shrek 2. A-t-on vraiment besoin d’en dire plus ?



DREAMGIRLS – CLASSE

L’anecdote a fait le tour du monde : nominé à l’oscar du meilleur second rôle pour Dreamgirls de Bill Condon (Kinsey), Eddie Murphy aurait quitté la cérémonie en colère après avoir été dépossédé de la précieuse statuette, finalement remise à Alan Arkin pour son rôle dans Little Miss Sunshine. L’attachée de presse de la star a depuis tempéré l’évènement en précisant qu’il a toujours été prévu que Murphy quitte la cérémonie après l’annonce du vainqueur afin de passer le reste de la soirée en famille. Quoi qu’il en soit, si l’acteur a eu du mal à cacher sa déception, il faut bien avouer qu’on ne l’avait pas vu aussi juste depuis plusieurs années. Avec ce premier rôle véritablement sérieux, l’acteur aurait donc dû convaincre l’académie de son immense talent, même si la bordée de comédies familiales navrantes qui ont précédé Dreamgirls y est certainement pour beaucoup dans la décrédibilisation de la star auprès de ses pairs. Il n’en reste pas moins que le film est un véritable triomphe et devrait convaincre Eddie Murphy de persévérer dans cette voie sérieuse. Ce n’est donc que partie remise…






RESULTATS AVEC UN TITRE APPROCHANT



Film par Réalisateur




Film par Acteurs