125 - 2ème sous sol [2007]
Efficacement emballé, un thriller déjà vu.
126 - Eden Lake
Un torture movie. A réserver aux amateurs.
127 - Manipulation
Début prometteur puis patatras. Dommage. Pour Ewan McGregor.
128 - Prom Night – Le bal de l’horreur
Mauvais scénario (comme pour l’original). Sinon l’ensemble est plutôt efficace.
129 - Semi Pro
Lourd et peu drôle.
130 - The Eye
Remake sans saveur d’un film sans saveur. Jessica Alba aussi belle que peu convaincante.
131 - Rec
Une relecture des Romero Movies à la sauce Dv. Bof.
132 - Cloverfield
Parti pris dv très discutable et acteurs fades. Déception. Très bons effets spéciaux.
133 - Vicky Cristina Barcelona
Plein de clichés. Peu naturel. Pour Penelope qui enflamme la péloche durant quelques scènes.
134 - La Guerre selon Charlie Wilson [2007]
Une satire bien lourde. Julia Roberts très bien.
135 - Mesrine – Partie 1 : L’instinct de mort
Froid, violent et sans point de vue. Deux films pour ça ! Ca daille ! Cassel, bien sous ses différentes perruques.
136 - MR 73
Trop écrit. Peu naturel. Marchal déçoit.
137 - Les Chimpanzés de l’espace
Bof bof… Humour très puéril, personnages stéréotypés. Les plus petits seront moins regardants.
138 - Promets-Moi
Lourd et hystérique. Kusturica déçoit.
139 - 3H10 pour Yuma [2007]
Western inégal. Pour Crowe.
140 - Sans arme ni haine ni violence…
Ni saveur.
141 - Détention Secrète [2007]
Moyennement convaincant. Pour Meryl Streep.
142 - My Name is Hallam Foe
Un film indé chiant et peu crédible.
143 - La famille Suricate
La voix off de Canet insupporte. Belles images pour film trop étiré.
0
144 - Un Conte de Noël
Réalisation prétentieuse, scénario creux. Pour Deneuve et Roussillon.
145 - All the Boys love Mandy Lane [Inédit]
Début réussi puis le film s’enfonce peu à peu vers une conclusion ridicule digne d’un scénar de collégien. Naze et gratuit.
146 - Mensonges d’Etat
Sans saveur. Ridley Scott tourne en rond.
147 - Astérix aux Jeux Olympiques
Les première trente minutes regardables. Après c’est débauche et cie dignes de TF1.
148 - Love Gourou
Peu de scènes à sauver !
149 - Sisters [Inédit]
Un remake du film de De Palma sans intérêt !
150 - The Babysitters [Inédit]
Des baby-sitters couchent avec le père de famille pour gagner plus d’argent. De mauvais goût et sans recul.
151 - Hell Ride (inédit)
Un grindhouse movie tout pourri.
156 - Doomsday
Brouillon. Déception de la part de l’auteur de The Descent.
157 - Le limier –Sleuth [2007]
A part Micheal Caine, un naufrage de mauvais goût. Brannagh arrête de réaliser !
158 - Cleaner [2007]
Thriller daté. On est pas loin d’Hollywood Nights.
159 - Lust Caution [2007]
Une croûte académique. Long et ronflant.
160 - Capitaine Alatriste [2006]
Académique. Croûte là aussi. Trop long aussi.
161 - Speed Racer
Mise en scène de très mauvais goût. Criard et idiot.
162 - The Deaths of Ian Stone [Inédit]
Au départ original pour se transformer en film sans queue ni tête. Frustrant et navrant.
163 - Redacted [2007]
De très mauvais goût. Le choix de la dv est là aussi un mauvais choix pour un mauvais film. Il y avait d’autres moyens de parler de la guerre d’Irak.
164 - 30 Jours de Nuit [2007]
Un film d’horreur bien raté avec un Josh Hartnett comme souvent, beau mais fade.
165 - Le Jour où la terre s’arrêta
Remake sans aucun intérêt d’un film de Sf daté. Traitement vu 10 000 millions de fois et Keanu Reeves, transparent.
166 - Intraçable
Violent, gratuit, navet ! Qu’est venu foutre Diane Lane ici !
167 - Spirits
Remake déguisé de The Grudge. Clichos clichos. Aucun effroi.
168 - Rien que pour vos cheveux
Mise en scène et montage à chier ! Pour Sandler… et encore !
169 - Death Sentence [2007]
Complaisant et ultra violent pour rien.
170 - Blonde and Blonder
Un nanar sympatoche avec Pamela Anderson nullissime, presque touchante. A côté d’elle, Denise Richards mérite un Oscar.
171 - Le Crime est notre Affaire
Mauvais montage, scénario, post synchro pour un Agatha Christie mineur. Une fantaisie vraiment forcée. Frot, Dussolier et Rich très biens et le reste à la traîne.
172 - Diary of the Dead
Très mal filmé (en dv) et mal interprété. Un mauvais Romero qui tire sur la corde.
173 - Angles d’Attaque
Mal filmé, mal monté. Un pilote lambda de série Tv policière.
174 - High School Musical 3
No comment ! Idéologiquement et cinématographiquement pauvre. Paraît que les ados adooooooorent…
175 - Crimes à Oxford
Gris comme la pluie. Passionnant comme lire l’annuaire en entier d’un coup !
176 - Cortex
Navrant tout simplement. Un film de genre à la française aux dialogues trop écrits.
177 - Storm Warning
Un gros nanar d’horreur us. Avec Nadia Fares. Rien à sauver.
00
178 - Martyrs
Prétentieux pensum grotesque plus que film d’horreur. Un film qui renie ses origines modestes mais qui s’autorise les pires trucs du cinéma. Atroce.
179 - Mon espion préféré
Catastrophe industrielle. Meg Ryan needs help !
180 - Dante 01
La méga bouse 2008. Pourtant des qualités filmiques. Mais quel scénar ! Premier film vu de l’année 2008, plus gros nanar de l’année. Lambert Wilson, formidable. Non je plaisante là !
15 ACTRICES DE L’ANNEE 2008
Sally Hawkins (Be Happy)
Meryl Streep (Mamma Mia!)
Yolande Moreau (Séraphine)
Kristin Scott Thomas (Il y a longtemps que je t’aime)
Tilda Swinton (Julia)
Helena Bonham Carter (Sweeney Todd)
Angelina Jolie (L’Echange)
Sylvie Testud (Sagan)
Natalie Portman (Deux Sœurs pour un Roi)
Ellen Page (Juno)
Anna Faris (Smiley Face)
Carice Van Houten (Dorothy)
Frances McDormand (Burn After Reading)
Catherine Frot (L’empreinte de l’Ange)
Nicole Kidman (Australia)
15 ACTEURS 2008
Daniel Day Lewis (There Will be Blood)
Johnny Depp (Sweeney Todd)
Heath Ledger (The Dark Night)
Daniel Auteuil (La Personne aux Deux Personnes)
Josh Brolin (No Country For Old Men, W - L’improbable président)
Samuel L. Jackson (Harcelés)
Emile Hirsch (Into the Wild)
Richard Jenkins (The Visitor)
Joaquin Phoenix (Two Lovers)
Eddie Marsan (Be Happy)
(Dossier)
TOP / FLOP 2008
5 etoiles chef d'oeuvre 4 etoiles grand film 3 etoiles bon film 2 etoiles reussi 1 etoile moyen
0 mauvais 00 ultra mauvais - Liste des 180 films visionnés
* * * * *
1 - Sweeney Todd – Le diabolique barbier de Fleet Street [2007]
Chef d’œuvre chantant et sanglant. Burton à son zénith.
* * * *
2 - The Dark Night
Brillant tout simplement. Nolan n’a pas encore déçu ! Ledger, chapeau bas !
3 - L’Echange
Grand film d’un grand auteur. Mélange de drame et de thriller. Angelina Jolie est fort convaincante. Son meilleur rôle assurément.
4 - There will be Blood [2007]
Grand film, grands acteurs, grand réalisateur. Ironique et glaçant.
5 - Wall-E
Un scénario brillant, une réalisation éblouissante, une 3d pharamineuse de réalisme et un personnage inoubliable. Wall eeeeeeeeeeeeee....
6 - Be Happy
Une bulle d’air rafraîchissante. Merci Mike Leigh... Merci.
7 - Entre les Murs
Cantet n’est jamais meilleur que lorsqu’il fait dans le vrai-faux docu.
* * *
8 - Into the Wild [2007]
Brillantes interprétation et réalisation pour un récit initiatique poignant.
9 - Phénomènes
Shyamalan fait de la série b. Oui mais une grande…
10 - Two Lovers
Un beau film sur le passage à l’âge adulte et le choix amoureux qui en découle.
11 - Soyez Sympas Rembobinez
Frais. Une œuvre qui rend hommage au cinéma de la plus belle façon. Le meilleur Gondry.
12 - Julia
Un hommage à Gloria de Cassavetes fort convaincant avec une Tilda Swinton grandiose. Le come back de Zonca.
13 - Juno [2007]
Hilarant et touchant. Un personnage frais, formidablement campé.
14 - Surveillance
Puissant malgré une fin grand-guignol attendue. Mais cela fait aussi le charme de ce film névrosé. Lynch, fille à son papa…
15 - X Files Régénération
Grand plaisir et intrigue palpitante. Mise en scène de qualité. Gillian Anderson rules.
16 - Harcelés
Bon scénar où la tension croît minute par minute. Jackson tétanisant.
17 - The Mist
Angoissant et intelligent. La fin est une claque.
18 - L’Heure d’été
La succession d’une famille bourgeoise. Fin, racé . L’un des meilleurs films français de l’année.
19 - Obscénité et Vertu
Frais et touchant. Madonna promet en cinéaste.
20 - Australia
Une belle fresque à la mise en scène formidable. Nicole Kidman et Brandon Walters émouvants dans leur histoire mère-fils. L’histoire d’amour classique convainc moins.
21 - JCVD
Une réussite et une surprise. Van Damme enfin bon. Terriblement touchant/troublant.
22 - Teeth
Original et très réussi. Plus subtil qu’il n’y paraît.
23 - J’irai dormir à Hollywood
Un docu qui met la pêche en montrant une Amérique peu filmée.
24 - Nos Souvenirs Brûlés [2007]
Un drame d’une grande sensibilité tout en gros plans subtils et sublimes. Del Toro et Berry au diapason.
25 - Funny Games Us.
Remake quasi identique par le même réalisateur pour le même effet. Bravo.
26 - Deux Sœurs pour un roi
Duel Portman/Johansson au sommet. Portman gagne. J’en frémis encore.
27 - Il y a longtemps que je t’aime
Un drame intense par ses non dits. Scott Thomas/Zylberstein trouvent leurs meilleurs rôles.
28 - Séraphine
Formidable Yolande Moreau. Réalisation très réussie. Quelques longueurs tout de même pour un portrait d’artiste émouvant.
29 - Parlez-moi de la Pluie
Jaoui/Bacri encore et encore... oui mais toujours fin et drôle.
30 - No Country for Old Men [2007]
Noir c’est noir ! La réalisation est sublime. Le duel Brolin/Bardem aussi. La fin moins.
31 - Vilaine
Caustique et hilarant. La comédie qui grince et qui fait du bien !
32 - The Spirit
Visuellement magnifique et follement amusant. Que demande le peuple !
33 - Faubourg 36
Beaucoup de soin stylistique. Histoire à l’ancienne et bons numéros d’acteurs.
34 - L’empreinte de l’ange
Angoissant et touchant. Frot et Bonnaire sont au diapason.
35 - The Strangers [inédit]
Un film d’horreur qui réhabilite suspense et angoisse. Chapeau.
36 - Sagan
Testud géniale. Biopic légère et réussie. Bonne mise en scène malgré une lumière grisâtre.
37 - La Personne Aux Deux Personnes
Un ovni. Auteuil formidable. Vive la France des fois !
38 - Cliente
Un portrait caustique des relations tarifées ou non. Belle humanité.
39 - Southland Tales [Inédit]
Un film bancal mais d’une inventivité et d’une originalité incroyables. Malheureusement toujours inédit.
* *
40 - Bonneville [Inédit]
Un road movie mélancolique avec trois actrices parfaites (Jessica Lange/Kathy Bates/Joan Allen).
41 – Tout… Sauf en famille
Tordante et très bien interprétée, une comédie très réussie.
42 - Madagascar 2
Scénario moins habile que le premier compensé par une avalanche de gags décalés et un second degré jouissif. Pas une seconde d’ennui.
43 - W – L’improbable président
Stone revient vers le cinéma après deux gros fours. Réussi. Brolin formidable en Bush Jr.
44 - Vinyan
Réalisation formidable pour film hypnotique. A voir.
45 - Smiley Face [2007]
Anna Faris est un génie comique. Yeah Man !
46 - Jackpot
Pas subtil mais furieusement drôle.
47 - Rails and Ties [Inédit]
Le premier de la fille d’Eastwood. Pour Marcia Gay Harden et Kevin Bacon, émouvants.
48 - It’s a Free World [2007]
Histoire édifiante et interprétation très convaincante de Kierston Weiring.
49 - Dorothy
Une intrigue déjà vue mais un traitement original et inquiétant. Les deux actrices excellent.
50 – Une Fiancée pas comme les Autres
Très jolie fable sur la tolérance. Ryan Gosling, formidable.
51 - Les Bureaux de Dieu
Répétitive mais très intéressante chronique du planning familial.
52 - La Fille de Monaco
Première heure légère comme un bon champagne. Fin ratée. Louise Bourgoin est une révélation.
53 - Solitaire
Une série b d’horreur efficace et réussie. La fin est bâclée.
54 - Sans Sarah rien ne va !
Trivial et sympa.
55 - Rock’n’rolla
Barré et furieusement sympathique.
56 - Appaloosa
Un peu longuet sinon un bon western.
57 - Savage Grace [Inédit]
Un film dérangeant sur une passion dérangeante (un jeune homme qui tuera sa mère avec laquelle il entretient une relation incestueuse). Pour les acteurs formidables, Julianne Moore en tête.
58 - L’œil du Mal
Ultra efficace. Tout simplement.
59 - Reviens-Moi [2007]
Superbes choix artistiques. Dommage que le scénario s’effiloche petit à petit.
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critiques express : THE SPIRIT - TOUT SAUF EN FAMILLE... (Critique Cin�ma)
12/31/2008 11:47
ESPRIT ? ES-TU LA ?
Trois ans après l’adaptation ciné de son comic book, par ses soins et ceux de Robert Rodriguez (Sin City), Frank Miller passe de nouveau derrière la caméra, mais pour cette fois ci adapter, le comic book d’un autre, The Spirit de Will Eisner. Quelle drôle d’idée me direz-vous ? Quel drôle de film vous répondrai-je ! A l’évidence, son expérience réussie sur grand écran a plu au bonhomme, et de ce fait lui a permis de créer ce film ovni à mi chemin entre bd et polar. A l’instar de Sin City, The Spirit va à fond dans l’irréel, dans l’esthétique poussée, et permet à Miller de s’approprier ce comic. De ce fait Sin et Spirit se ressemblent à bien des égards visuellement et thématiquement, avec ici beaucoup plus d’humour néanmoins. The Spirit est un vengeur de l’au-delà qui plaît énormément aux femmes et qui va devoir se battre contre Octopus (délirant Samuel L. Jackson), le bras droit de ce taré (excellente Scarlett Johansson) et son ex d’enfance (sublime Eva Mendes), tout en jonglant entre les femmes, son inspecteur de police, pour lequel il est espion et la fille de celui-ci qui est son nouvel amour. Ce drôle de héros va naviguer dans une ville qu’il aime par-dessus tout, sa vraie histoire d’amour. Le film, en plus d’être follement amusant (la scène délirante du chaton pour ne citer qu’elle), est un pur joyau esthétique, preuve de la maîtrise formelle de Miller et marque de son univers fabuleux. Avec The Spirit, Miller confirme un auteur, qui entre glamour, noirceur et humour macabre, navigue à vue… et bien en plus !
* * *
The Spirit de Frank Miller – Sorti le 31 décembre
MERRY FUCKING CHRISTMAS
Brad et Kate sont heureux tous les deux. Loin de leurs familles respectives, ils coulent des jours paisibles et heureux. Mais un noël va bousculer tout ça. Parés à embarquer dans leur avion pour le soleil, ils se voient obligés de passer quatre noëls avec leurs familles éclatées (leurs parents respectifs sont divorcés), à cause de vols annulés. Four Christmases, au départ, fait peur. De par sa nature (une comédie qu’on devine essentiellement fondée sur les valeurs chrétiennes chères à cette période de l’année) et de par sa sortie programmée au bon moment (ou presque avec une semaine de retard). Mais on se trompe car le seconde film de Seth Gordon veut justement égratigner la sacro- sainte fête de noël. Interprété avec talent par Reese Witherspoon, qui revient à la comédie, et Vince Vaughn, ce couple qui s’entend mal avec leurs familles, va accumuler les bourdes avec insistance. Au départ plutôt classique, la comédie vire à la Benstillerie des plus furieuses. Gags hilarants (la scène où Vaughn pose une antenne parabolique vaut son pesant de cacahuètes), abattage comique du couple incroyable, seconds couteaux aux petits oignons (Robert Duvall, Sissy Spacek, Jon Voight, Jon Favreau, Kristin Chenoweth) tout ça à un train d’enfer mais sur un canevas bien maîtrisé. De maison en maison et de noël en noël, le couple ne va pas arrêter de les enchaîner. Bon ceci dit, il y arrive le moment, où on nous ressort le laïus sur la famille (rien ne vaut la famille ou plutôt rien ne vaut la famille qu’on fonde) avec effets déjà vus, mais cela n’enlève en rien aux qualités précitées, qui font passer la pilule instantanément d’une comédie furieusement barrée.
* *
Four Christmases de Seth Gordon – Sorti le 31 décembre
Lars and the real Girl est un film touchant. Son sujet casse gueule (un homme qui refuse l’affection des autres tombe amoureux d’une poupée en latex) aurait pu en faire une comédie lourdaude avec moult blagues rances mais pas du tout. Ryan Gosling dans le rôle de Lars, péquenaud touchant, trouve ici son meilleur rôle. Et Craig Gillespie, le metteur en scène, pour son premier long fait montre de réelles capacités de conteur. Même si le film s’étire un peu sur la fin, cette fable touchante sur la tolérance est un vrai bol d’air frais.
* *
D.J. Caruso retrouve Shia LaBeouf pour un nouveau thriller high-tech après le très divertissant Disturbia. Son Eagle Eye, suspense paranoïaque sur fond de contrôle des humains par les machines, n’est pas sans rappeler un autre film d’action du même tonneau, le réussi Ennemi d’Etat de Tony Scott. Et même si Caruso fait plus de l’œil au cinéma de Kubrick (à deux fois par des références à Full Metal Jacket et 2001), son cinéma ressemble plus à celui du frérot Scott. Efficacement emballé et interprété Eagle Eye divertit franchement. Mission accomplie donc !
* *
I Feel Good… na na na na na… Petit doc sympa et fort inégal à vous conseiller pour ses octogénaires fort attachants. Pas pour la réalisation, médiocre, qui en rajoute des louches dans le pathos via une petite musique au piano pour évoquer certaines disparitions, et un filmage très amateur on stage. Malgré les redondances, la voix off crispante, l’émotion finit par percer (la reprise de Fix it de Coldplay, touchante malgré le filmage/montage pingre). Young@heart (le vrai titre) finit par séduire grâce à ces vieux qui donnent la pêche.
* *
Séances de rattrapage en pagaille. Commençons par LE film que je ne voulais pas voir, mais que j’ai vu car j’admire Catherine Deneuve, Un Conte de Noël de Arnaud Depleschin. Eh bien encore une fois, j’aurai dû me fier à ma première impression. Il n’y a pas plus prétentieux comme mise en scène, et creux comme scénario que celui-ci. Il démultiplie les façons de filmer mais cela ne l’empêche en rien de filmer du vide, des personnages désincarnées. Pour Deneuve et Roussillon, couple aussi hétérogène que rigolo. Sinon R.A.S, c’est médiocre.
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Il y a mieux, bien mieux à voir dans le cinéma français, L’heure d’été d’Olivier Assayas en est un exemple. Son œuvre balance entre œuvres simples (en apparence) et œuvres torturées où le cinéaste expérimente pas mal, avec toujours en tête un cinéma exigeant et réussi. Ici il radioscopie avec douceur et profondeur, une famille bourgeoise, qui après la mort de la matriarche, doit se partager les biens de cette dernière et ainsi (ou non) perpétuer un patrimoine (ici une maison). Beau film, interprètes très bons (Binoche, Berling, Rénier…) et beau parallèle entre les œuvres d’Art et les biens personnels, nous questionnant, nous, spectateurs, sur les vraies choses qui ont de la valeur. Brillant.
* * *
Là c’est le genre de film où je décroche complet : le torture movie. Eden Lake, au départ n’était pas de cette eau là, créant une vraie tension, et faisant croire à une nouvelle pépite de suggestion. Mais que nenni, spectateurs amateurs de boucherie vous serez servis ! Pourtant très bien filmée et interprétée, cette histoire qui se veut une critique sociale (les pauvres petits descendants d’une Angleterre qui se délite), n’en n’est pas moins lourdingue et déjà vue. Pour amateurs uniquement !
*
Rayons comédies romantiques, on retrouve la rayonnante Katherine Heigl dans 27 Dresses. Ou comment s’apercevoir que l’habit ne fait pas le moine et encore moins le bonheur. Elle attend le prince charmant sauf que celui-ci tombe amoureux de sa jeune sœurette. Elle est la demoiselle d’honneur number one mais n’arrive pas à monter dans la hiérarchie de l’amour. Peut-être que ce type franchement horripilant serait le bon ? Scénario classique servi efficacement par ce petit film à voir sous la couette. Drôle par moments, touchant à d’autres, pas révolutionnaire pour un sou… Un film de couette ouais…
* *
Ce qui n’est pas le cas du longuet P.S I love you, qui donne vraiment envie de se lever du lit et de faire quelque chose de plus intéressant.
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critique AUSTRALIA (Critique Cin�ma)
12/24/2008 6:08
AUTANT EN EMPORTE… LE KANGOUROU
Il aura fallu attendre sept années pour découvrir le nouveau long métrage de Baz Luhrmann après son chef d’œuvre coloré et musical, Moulin Rouge, l’un des meilleurs films des années 2000. Sept ans de projets avortés (Alexandre le grand avec DiCaprio), de suspense quant à son prochain, pour finalement finir sur un projet bien particulier : une œuvre épique sur l’Australie d’avant la seconde guerre mondiale, avec de nouveau Nicole Kidman, intitulée sobrement Australia.
Kidman y interprète une aristocrate anglaise, partie sur les terres des Kangourous, vendre des terres familiales, que son mari, infidèle, devait vendre : Faraway Downs. Elle est hautaine, coincos mais elle va rencontrer l’amour. Amour multiple, tout d’abord pour « Drover », le cow boy un peu rustre qui va l’aider a vendre son bétail (Hugh Jackman), Nullah, petit aborigène qui ne trouve pas sa place dans cette société qui condamne la mixité (il est métis), et évidemment le pays.
Tout d’abord félicitons les acteurs, tous très bons. En tête on retrouve une Nicole Kidman changée. Comme je l’avais dit la semaine dernière dans un courrier paru dans Les Inrocks (petite pub allez hop !), la carrière de Kidman laissait de plus en plus à désirer de par ses choix trop attendus, ses interprétations figées, et son visage Botoxé à l’extrême. Ici, retrouvant l’homme qui lui a offert son meilleur rôle (Satine) elle s’abandonne totalement, faisant retrouver à sa palette de jeu ses couleurs d’antan. Dans les présentations des personnages, Baz Luhrmann a, comme toujours, une façon très personnelle de commencer un récit. Ainsi sa Sarah Ashley, misis Boss, est une femme pincée, complètement à côté de la plaque. La première rencontre avec Hugh Jackman est à cet égard croquignolette. On pourra citer aussi une scène de voiture très drôle (« Ohh I love the kangaroosssss ») et une autre où elle chante Somewhere over the rainbow, sans rythme, au petit Nullah, avec énormément d’humour. Comme quoi la comédie lui va comme un gant, lui permettant de faire oublier quelques instants l’importance de son statut de star. Ici, non plus filmé comme une femme parfaite mais comme une actrice, Kidman est à son zénith, et cela faisait bien longtemps qu’on ne l’avait vue comme ça. Première réjouissance. Ensuite son personnage s’attendrit, tombe amoureux et donc revient vers une nuance de jeu qu’on connaît plus. Elle se remet à chuchoter, à prendre des mines contrites mais nous ne sommes jamais dans l’excès et tout ceci passe très bien.
Enfin nous voyons une femme d’une quarantaine d’années, filmée avec amour pour ce qu’elle est et non plus ce qu’elle représente. Merci Baz.
Hugh Jackman interprète solidement le cow boy bourru qui a souffert. Mais le cas Jackman reste, pour moi, un mystère. Même si il exécute parfaitement sa tâche, il ne me convainc qu’à moitié comme toujours. Cet acteur, d’origine australienne comme Kidman, qui retrouve ici l’accent de son pays, est pour moi le parfait Wolverine mais sinon il ne m’a jamais fait palpiter. Ce qui altère un peu l’harmonie de leur couple à l’écran. C’est quand même autre chose que Kidman/McGregor. M’enfin… Il plaira beaucoup aux spectateurs(trices) avec ses muscles saillants et sa barbe de trois jours. Perso j’achète pas ! Mais de toute façon la relation la plus touchante du film se situe à un autre niveau : la relation entre Sarah et le petit Nullah, interprété par Brandon Walters, narrateur du film. Cet amour maternel qui naît sur des terres sauvages est l’angle le plus intéressant de l’œuvre. Grâce, justement, à l’interprétation, on y croit dur comme fer.
Australia se révèle être une fresque épique fort réussie sur plusieurs plans. Tout d’abord formellement. Baz Luhrmann n’a pas son pareil pour filmer. Il le fait avec une telle passion, aidé en cela par toute son équipe, vraie famille de cinéma (sa femme Catherine Martin signe les costumes et les décors), qui le soutient dans sa vision. Donc déjà pour la réalisation sublime le film est à voir. Et ce malgré des effets spéciaux visibles (la course effrénée des vaches par exemple) qui donnent un aspect fabriqué, qui faisait le sel de Moulin Rouge, rappelant sans cesse que l’on est au cinéma, un peu comme chez Méliès, mais qui ici peut apparaître un peu too much. Sinon malgré cette réserve, le film est visuellement splendide et donne à la terre natale de Luhrmann, Kidman et Jackman (tiens que des noms en -an), un écrin à la démesure de ses paysages.
Ensuite suivant un script classique (trop par endroits), Australia marque des bons points en voulant situer son film auprès des grandes fresques épiques typiquement Hollywoodienne (Lawrence d’Arabie, Autant en emporte le vent…) et embrasse un souffle que l’on a rarement la chance de voir sur un grand écran. Donc cet aspect là est là aussi très réussi. Toutes les références au Magicien d’Oz, se référant au voyage intérieur, sont aussi très bien amenées, et servent la cause cinématographique de la plus belle manière, ouvrant à un enfant une porte dans l’imaginaire, très important dans la construction psychique. Ce voyage intérieur sera autant celui de Sarah, de Drover que de Nullah, qui lui, l’attend ce voyage (le walkabout) avec impatience.
Quelques longueurs tout de même sont à mettre au compte de l’œuvre. Mais malgré cela, en ces fêtes de Noël, Luhrmann vous offre un beau livre plein d’images magnifiques. Pas la grande œuvre espérée mais une belle déclaration d’amour au cinéma et à ses comédiens ainsi qu’ à l’Australie et ses générations volées.
* * *
et JOYEUX NOEL A TOUS
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D�cembre au cin� : 3 critiques (Critique Cin�ma)
12/23/2008 3:17
LE JOUR OU MA VIE NE S’ARRETA PAS !
-Comment vont les petits-enfants ma chère Lucette ?
-Bien… Et les vôtres ? Paolo a-t-il passé ses examens ?
-Oui et bien évidemment il les a raté ! Vous savez ce que sait, la pression tout ça tout ça…
-Ca c’est sûr je le dis toujours à Francette, la pression c’est ce qui fait perdre leurs moyens aux jeunes d’aujourd’hui…
Un homme entre dans la pièce, interrompant les deux vieilles femmes.
-Excusez moi mesdames, mais ne deviez vous pas être en train d’écrire quelque chose sur Le Jour où la terre s’arrêta ?
Une des deux femmes se retourne vers l’homme en costume noir, l’œil mauvais.
-Pourquoi vous êtes de la Fox ? Vous l’avez vu cet étron ?
L’homme, surpris, tente de décrocher une phrase sans y parvenir. Elle le regarde avec un sourire de contentement.
-C’est bien ce que je pensais !
L’autre dame se lève, faisant tomber sa pelote de laine et ses aiguilles à tricot, l’œil fou.
-Vous reviendrez me voir lorsque vous nous proposerez un film avec un acteur qui joue bien, un script pas déjà vu mille fois et autre chose qu’une bande démo pour la haute définition sans âme et sans scénario.
L’homme part, l’air hébété, fermant la porte où y est inscrit : Screen Room. Les deux femmes retournent à leur discussion, à l’évidence bien plus passionnante.
Le Jour où la terre s’arrêta – sorti le 10 décembre – réalisé par Scott Derrickson 0
I LIKE TO MOVE IT... SHAKE IT BABY
Ils sont de retour… Et en forme ! Eux, ce sont les animaux du zoo de New York, qu’on avait laissé à Madagascar, il y a trois ans. Il y a Alex (le lion), Melman (la girafe), Gloria (l’hippopotame) et Marty (le zèbre). Mais aussi les créatures rencontrées au fil de leur voyage (les pingouins loubards, King Julian…). Tous ces personnages azimutés vont tout mettre en œuvre pour vous divertir et uniquement vous divertir. Mission accomplie ? Deux fois oui.
Bien évidemment, l’effet de surprise étant éventé, il fallait trouver une seconde histoire où la différence de vie entre animaux sauvages et animaux citadins, pouvait parfaitement être illustrée, sans pour autant tomber dans le redite. Les créateurs ont donc choisi d’y aller à fond dan le non sens, le décalage, et l’humour à tout crin. Et on peut s’apercevoir que cela fonctionne à plein régime. Moins intéressante, l’histoire amène tout de même de gentilles péripéties (Melman déclare sa flamme à Gloria, Alex retrouve ses parents…) contre d’autres plus attendues (l’amitié Alex/Marty encore remise en cause) mais la qualité du métrage ne vient pas de ses péripéties. La vraie qualité vient des scènes de gag nonsensiques. A cet égard saluons la férocité de trait des New-Yorkais perdus dans la jungle africaine, avec en tête de gondole, Tatie (la vieille femme qui frappait le lion dans la gare de New York), ici en roue libre et en Safari. Ses bastons avec les lions, qu’elle ne peut blairer, sont de vraies pépites d’humour décalé. Notons aussi la folie furieuse qui entoure tous les seconds couteaux (King Julian, la petite bestiole qui rit tout le temps…) et qui donne une patate et vous tord de rire autant que les enfants qui sont autour de vous. Une vraie bouffée d’air frais revigorant. I Like to move it move it, we like to MOVE IT !
Madagascar 2 (Madagascar : Escape 2 Africa) – Réalisé par Eric Darnell et Tom McGrath * *
BURN AFTER VIEWING ?
Les frères Coen sont de retour moins d’un an après leur Oscarisé, multi primé et surestimé No Country for old Men. Tout de même un bon film à la réalisation splendide et au message somme toute simpliste. Grand numéros d’acteurs au demeurant et meilleure réalisation (pas film !) des frangins les plus barrés du ciné Us. Après cet adoubement de quoi pouvaient-ils accoucher ? D’une oeuvre moins importante à coup sûr ! Et il est vrai que leur Burn After Reading n’est pas inoubliable. Première déception : la réalisation plutôt basique. Loin, très loin de leur précédent opus, Burn, ne se foule pas formellement ! Le but n’était peut-être pas là non plus et résiderai plus dans sa galerie de personnages loufoques (grand point fort de leur oeuvre). Là aussi, seconde déception, il y a trop de personnages dans cette intrigue faussement alambiquée, où se côtoient sept protagonistes autour d’un cd de données classées top secret. Les personnages les plus inutiles ou en tout cas les moins intéressants s’avèrent être ceux de George Clooney (qu’ils essaient de caser partout celui là) et de Tilda Swinton (trop attendue en femme revêche). Pour le reste c’est du tout bon. Frances McDormand et Brad Pitt en tête, hilarants. Rien que pour eux, ce film mineur est savoureux. Sinon, vu depuis quelques mois maintenant, je n’en garde pas un souvenir impérissable. Avec Intolerable Cruelty, leur épisode le moins percutant (tiens tiens encore George What Else Clooney).
Burn After Reading – Réalisé par Joel et Ethan Coen – Sorti le 10 décembre * *
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flash back LE VILLAGE (2004) (Dossier)
12/18/2008 5:03
Pour bien finir l’année et le cycle Shyamalan que j’avais débuté avec Incassable, il y a maintenant quelques mois, j’ai décidé de parler du meilleur film du monsieur : Le Village. Retour sur le film qui a le plus divisé les fans de Night, au point de créer désormais deux groupes : les pro et anti Shyamalan. Le Village est l’apogée de son style néo-classique mais comme tout pic, Le Village est aussi le début d’un changement dans son œuvre et la perception de celle-ci.
Petit rappel des faits. Son premier coup de maître, Sixième Sens, avait apporté à son auteur beaucoup de respect de la part du public et de la critique internationale. Et aussi énormément d’argent et de confiance de la part des studios en général et de Touchstone en particulier, qui s’intéressa à lui dès Incassable. Seulement son second film (en réalité son quatrième) à sortir internationalement ne fit pas les mêmes recettes. Shy renouait donc avec le succès public (toujours moindre qu’avec Sixième Sens) avec son invasion d’aliens (Signes). Très attendu au tournant, Le Village était l’un des évènements marquants de l’année 2004. Ce fut aussi le film qui provoqua le plus de dissidences auprès des spectateurs et critiques du monde entier. Retour donc sur l’œuvre phare du cinéaste.
Le marketing du film, comme souvent pour les films du bonhomme, accentuait beaucoup le côté film d’horreur. Ce qui, vous en conviendrez, est une erreur monumentale après la vision de ce chef d’œuvre ! Mais Touchstone avait envie de parier sur le côté horrifique de la chose. Rien qu’à revoir la bande annonce de l’époque maintenant, on peut se dire que l’axe choisi, pour vendre le film, n’était pas le bon. Musique grossièrement accentuée, plans choisis pour faire son petit effet kiss cool… Rien ne prédisposait le spectateur dit lambda à se préparer à la vision d’une œuvre aussi pleine.
Introduction et indications au spectateur
L’ouverture se fait au noir sur un travelling ascendant qui scrute les branches d’un arbre, en noir et blanc. Le nom des acteurs principaux apparaît puis disparaît dans d’élégants fondus enchaînés. Donc à ce stade, Joaquin Phoenix a le rôle principal. Précisons que pendant toute le production du film avec les news qui nous parvenaient au compte goutte, Sigourney Weaver, était la tête d’affiche du projet. Première surprise. Cela ne sera pas la seule. Puis on passe à un plan noir où vient s’inscrire le titre qui sonne comme le glas (magnifiquement secondé par un coup de grosse caisse). Première partie du générique inquiétante avec sa flute mystique. En l’espace d'une minute, une première indication est donnée au spectateur : vous êtes devant un mystère. L’angoisse naît. Puis le reste du casting et de l’équipe technique apparaît, sur des plans noirs avec inserts de plans d’arbres cette fois-ci filmés avec plus de déséquilibre. Le premier plan, un travelling ascendant bien droit, est secondé après le carton du titre par ces plans en contre plongée qui tournoient un peu dans tous les sens. Pour s’achever sur un plan de forêt en contre plongée, qui donne une plus grande vue de l’espace, plus inquiétante et imposante aussi, qui sera l’élément moteur du métrage : la forêt. A l’origine le film s’intitulait The Woods. Avec tout ce que cela comporte de connotation. Rappelez vous Blanche Neige et les peurs qu’elle projetait sur cette forêt nocturne. En jouant sur des peurs enfantines et très ancrées en chacun de nous Shyamalan ne fait qu’interroger nos peurs enfouies. Le noir, les fantômes, les aliens et maintenant les bois… C’est aussi une allusion à l’expression « l’arbre qui cache la forêt » (traduction sommaire : subjectif contre objectif ?). Instantanément on sait qu’il se cachera quelque chose derrière ce que l’on veut bien nous montrer. Et le réalisateur en a bien l’habitude !
Débute alors la première scène. Ouverture au noir en fondu, des gens apparaissent au premier plan. La caméra zoome pour finir sur un homme seul (Brendan Gleeson), penché sur un cercueil. Le groupe face à l’homme. Avec une belle séparation, qui symbolise bien l’une des thématiques du film (le collectif face à l’individuel), mais qui peut aussi indiquer une coutume ancienne (grâce aux costumes, on est dans le passé) où la famille est laissée seule avec le défunt, Shy donne énormément d’indications sur le film que nous allons voir. Les propos de l’homme restent indistincts et deviennent enfin audibles. On comprend le chagrin mais en tant que spectateur on arrive à la fin de sa phrase (« cette main que je tiens…donc laisse moi marcher…). Sûrement des propos religieux, directement liés à l’état du bonhomme (on apprend plus tard que le personnage couché a un problème de jambe). Ce n’est pas véritablement la première phrase du film. Elle arrive à la fin du second plan (zoom sur l’homme éploré) et en voix off (technique utilisée à plusieurs reprises dans le film). Pas une voix narratrice mais une voix d’un personnage dans une scène qui suit. Ici c’est celle du fondateur du village, Edward Walker (William Hurt). Les premiers mots sont, à la seconde vision bien plus évocateurs : « We may question ourselves at moments such as this. Did we make the right decision to settle here ?” (on peut se questionner dans des moments tels que celui ci. Avons-nous fait le bon choix de s’installer ici ?). Et c’est dans des mots de remise en cause de tout un système (on le verra plus tard), que débute le métrage. On sent directement que le film ne sera pas un horror movie lambda. Cette phrase se termine sur le troisième plan du film qui indique clairement l’époque : 1897. Dès les premiers plans, on assiste à un enterrement émouvant, la musique se fait clairement mélancolique (c’est la dualité musicale de l’œuvre angoisse/mystère vs. mélancolie), le groupe face à l’homme, le questionnement d’un homme sur un choix, éclairci plus tard dans le film, et une époque précise donnée, qui disparaîtrait au profit de nouvelles valeurs (notamment monétaires lors de la deuxième révolution industrielle). On est dans un village donc, loin des villes et des progrès. La musique mélancolique tient autant au moment filmé qu’à la disparition de toute une société et ses traditions. En ce sens, le film fut très critiqué pour passéisme, pour avoir un discours réactionnaire. Alors qu’on verra plus tard dans l’analyse que Shyamalan a un discours bien plus ambigu que celui rapporté par la plupart des dissidents de l’œuvre.
Ce qui est assez drôle en fait, c’est que dès le début, l’indication temporelle n’a pas empêché certains spectateurs roublards d’anticiper la fin et de ne pas se fier à ce qui est montré. Et je pense que cet exemple révèle bien plus de choses sur le rapport des spectateurs au cinéma moderne. Roublard, le spectateur refuse de rentrer dans un monde codifié, un univers donné car il attend toujours la fin, le twist, avec impatience, comme un gage de qualité intellectuelle, une fin en soi. Personnellement je préfère être bercé par un univers, me laisser porter et finalement être surpris. Surtout quand le film est fait avec autant de précision. Mais ce n’est pas une généralité, tout le monde n’a pas vu le film avec ce regard, mais ces spectateurs là (les roublards) sont ceux qui, la plupart du temps, ont détesté le film. A y regarder de plus près, Shyamalan s’était tiré une balle dans le pied avec son premier twist sur Sixième Sens. Il est l’un des précurseurs (avec Fincher) du rebondissement de dernière minute qui chamboule tout. Le spectateur était donc en droit d’attendre un twist. Mais contrairement à énormément de films des années 2000 où tout reposait sur ce rebondissement final (qui a dit Saw ?) au détriment d’une vraie histoire, de vrais personnages de cinéma et d’un vrai point de vue, les films de Shy en général et The Village en particulier, ne s’attachent guère à en faire un leitmotiv. D’ailleurs cette révélation, arrive bien avant le mot fin. La classe quoi ! Mais il est vrai que Shy ayant relancé une mode, suivi de près par des centaines de tacherons, a malheureusement incité son spectateur à se méfier des histoires que l’on nous raconte. En tout cas la révélation du Village, m’a étonnamment surpris et je suis content que personne ne l’avait vu avant moi dans mon entourage.
Retour à l’intro du film. Lors du quatrième plan (deuxième scène) où Edward Walker, rempli d’émotion, finit sa phrase, on peut voir au premier plan, le père éploré qui prend la main du fondateur du village, comme pour dire que ça va aller, que oui c’était la bonne décision. Inquiétudes donc sur la nature de ce village. Puis lors de ce repas de funérailles où tout le monde est convié, les premiers bruits venants de la forêt, se font entendre. Noah Percy (Adrien Brody), l’idiot du village se réjouit (on comprendra pourquoi par la suite), sous l’œil désespéré de ses parents (Celia Weston et John Christopher Jones). Après cette scène austère et angoissante (que se cache t-il dans ce bois ?) on repasse à des scènes de vie, filmées en tableaux. Vaisselle faite main par des petites filles, une femme allant nourrir les bêtes, d’autres travaillant dans des serres où des hommes viennent leur parler, pour finir sur deux jeunes femmes balayant leur porche. La musique, toujours lyrico mélancolique rappelle un passé enfui. On croirait voir des images sépia (même si les plans sont en couleur, les couleurs choisies reflètent l’esprit sépia). D’ailleurs la seule couleur vive (la fleur rouge) va être enterrée pour ne pas alerter les monstres des bois. On verra plus tard l’importance des couleurs. D’ailleurs c’est l’un des plans signature du film (un des mes préférés). En un plan séquence, deux femmes font virevolter leurs robes en travaillant, avec insouciance, jusqu’à ce qu’un détail vienne casser cette légèreté. En suivant le parcours de ces femmes, la caméra de Shy réalise un plan séquence d’une infinie beauté, rappelant que le dialogue est un plus dans un film et que rien ne vaut un plan séquence à la steady, exécuté avec beaucoup de lyrisme, qui en dit bien plus que n’importe quel dialogue. Plan fixe avec deux femmes qui tournoient, puis inquiétude, la caméra effectue un léger travelling descendant sur la plante rouge, puis suit le déplacement des femmes (l’empressement de retrouver le calme). Puis il revient au plan fixe, la plante rouge enfin enterrée. Léger travelling ascendant qui cadre le porche frontalement cette fois-ci, en plan fixe. Le calme est retrouvé. Elles reprennent leur activité. Mais filmé non plus de profil en plan américain, mais frontalement en plan de demi ensemble (beaucoup plus éloigné), le filmage nous renseigne étonnamment sur les personnages et l’histoire. Ces villageoises sont heureuses mais apeurées. La seule vision de cette plante rouge est prompte à leur filer un flip qui nous échappe encore à ce moment du film. La joie anodine d’une petite danse n’est que succincte face à leur crainte. Tout cela filmé sans coupe.
Après l’enterrement, le repas austère et les premiers bruits, les tableaux de vie avec inquiétude de la couleur rouge attirant les bêtes, on passe à une quatrième séquence de nuit, cette fois-ci. La musique jusqu’à présent mélancolique, se teinte. On passe à l’angoisse réelle. Un homme seul, en haut d’un poste de garde, surveille la forêt. Les craquements de branches, ainsi que la nuit, apportent le mystère et l’angoisse à la suite du film. Puis on passe à un plan d’eau, de jour cette fois-ci, avec le reflet d’un personnage drapé de rouge. Qui est-il ? La couleur étant bannie (la fleur enterrée, l’habit jaune du gardien) cela ne peut être que le monstre ! Après cette séquence, l’intrigue débute réellement avec la découverte du cadavre d’un animal par des enfants. Le professeur, qui n’est autre que le fondateur (Walker), va leur expliquer les rudiments de base face à ceux dont on ne parle pas.
En six minutes l’intro du film donne toutes les clés pour découvrir l’œuvre. Quels sont les enjeux (le choix d’habiter sur ces terres), l’intrigue (les bois avec leurs monstres), et présente un village tout sauf heureux, apaisé, sympatoche. Plutôt une tentative de la part des villageois de vivre dans l’innocence. Frappé par le mort d’un enfant, puis la découverte d’un animal écorché, Shyamalan évoque plus qu’il ne montre mais frappe fort. La mort rode dans ce village malsain. On a donc droit à une introduction fabuleuse (l’une des plus efficaces et l’une des plus programmatiques du 7ème art) où l’intrigue est ses ramifications sont solidement posées. Par contre aucune trace d’un personnage principal ou un héros quelconque.
Personnages
Les premières séquences croquent les anciens (à table, au conseil) mais présente par la suite l’acteur principal du film (qui passera le relais) : Joaquin Phoenix. Interprétant Lucius Hunt, fils de Alice Hunt (Sigourney Weaver), membre du conseil des anciens, Joaquin Phoenix trouve ici son rôle le plus émouvant, le plus puissant aussi. Celui d’un héros courageux, un peu fou, jeune homme presque mutique, amoureux de la fille Walker, Ivy (Bryce Dallas Howard). Déjà dirigé par Shyamalan dans Signes, dans le rôle du petit frère aimant et aidant, Phoenix était l’acteur parfait pour le rôle un peu bourru du héros peu commun. Son envie de rejoindre the towns (les villes) est une envie purement désintéressée. Son but est d’aller chercher des médicaments qui peuvent sauver des vies. Ce héros progressiste qui ira jusqu’à franchir les bois, défiant sa peur pour sauver des enfants, est un héros qui connaît une extraordinaire bravoure. Malgré tout il reste peu courageux pour annoncer son amour à Ivy. .
Contrairement à lui, son amoureuse est une farouche aventurière, très garçon manqué, qui brave son handicap personnel (elle est aveugle), pour aller rejoindre les villes par amour pour Lucius. Car le héros n’est pas seul, il est deux. Sous la forme d’un couple. Le ying et le yang. L’une prend le relais de l’autre en beau milieu de film et devient l’héroïne principale de l’intrigue.
Le reste du casting compose le village : les anciens vs. le reste de la population. Ceux qui dirigent face à ceux qui suivent. Seul le personnage d’Adrien Brody, handicapé mental, sort du lot par sa liberté de penser. On apprend plus tard dans le métrage son importance dans l’agissement des bêtes. C’est peut-être le personnage le plus ambigu et le plus problématique de l’œuvre. On verra pourquoi par la suite.
Choix artistiques
Les couleurs sont d’une importance capitale dans l’œuvre de Shyamalan au même titre que ses découpages, ses choix de réalisation, ses scripts ou encore son travail sur le son et les dialogues. Ici comme pour Sixième Sens, Incassable ou Signes, les couleurs automnales sont légion. Au vu des couleurs des feuilles (marrons avec un reste de vert), de la plaque mortuaire en début de film (il reste visible le –ber soit de september, october ou november, je pencherai plus pour october) on est en pleine demi saison qui annonce la rudesse de l’hiver. Cette saison splendide aux variations de couleurs de la nature, est une saison de transition, de mutation de quelque chose qui est entre la clarté de l’été et la froideur de l’hiver. Forcément un élément va basculer. L’élément rouge est l’élément déclencheur du drame. Autrefois une poignée rouge annonçant sa mort au docteur Crowe, une veste rouge annonçant un personnage diabolique (une femme dans la gare d’Incassable) ou encore un ballon rouge qui éclate prévenant du drame qui se trame (Cole enfermé dans un cachot dans Sixième Sens), la couleur rouge symbolise pour Shyamalan et pour beaucoup, le côté agressif des choses. Dans Le Village, elle est la couleur à bannir, celle qui excite ceux dont on ne parle pas. On voit bien que cette couleur vivace détonne dans ces couleurs presque sépia de l’œuvre. D’ailleurs saluons le travail remarquable effectué par Roger Deakins (No Country for old men dernièrement). La plus belle photo des films de Shyamalan. Il retranscrit une époque, un univers bien particulier. Avec ses éclairements à la bougie, on est directement mis dans un passé qui nous est inconnu.
Mais revenons à la couleur rouge tant utilisée par Shy. Il lui donne ici une importance capitale, presque un personnage à part entière. Avant un signal qui alertait le spectateur, elle est désormais un ennemi qu’il faut combattre dès que sa présence innonde le champ de vision (les scènes d’enterrement de la fleur, des baies que Noah donne à Ivy, celles cueillies plus tard par Lucius pour preuve ultime de bravoure, celle du costume des monstres…).
Ensuite le lyrisme de la mise en scène. En plus de la lumière de Deakins, Shyamalan réussit un ralenti d’une beauté époustouflante qui réhabilite un effet passé de mode. Lors de la scène de la première attaque officielle, Ivy attend son amoureux, persuadée qu’il viendra à sa rescousse. Le mouvement de la caméra, celui de la robe d’Ivy virevoltante, ou encore leur course vers la cave est un manifeste de précision de mise en scène. Ce qui met en lumière le perfectionnisme du bonhomme. Quatorze semaines de story-board acharné avec son story-boarder officiel, Brick Mason. A la fin de ce travail, le film est presque fait pour Shy. En tout cas visuellement déjà bien avancé. Ce perfectionnisme amène fatalement une logique d’auteur imparable. Jamais on sent que les choix apportés au film sont vains ou inutiles. Cette méticulosité rapproche directement le cinéaste de deux géants : Hitchcock et Kubrick. Il n’y qu’à voir cette déclaration d’amour splendide de Lucius à Ivy où tous deux de profils discutent dans la pénombre en plan séquence. Superbe, osé, et magnifiquement écrit, ce bout de cinéma est l’un des meilleurs manifestes de l’art cinématographique. Puis le baiser tant attendu, éludé par un balayement de la caméra qui part filmer une chaise vide (motif récurrent de l’œuvre). Avec cette scène qui évite les champs-contrechamps de rigueur pour ceux qui n’innovent pas, Shyamalan prouve qu’avec de vieilles recettes on peut faire des superbes films.
Lyrisme de la mise en scène, parfaitement secondé par le lyrisme du score de James Newton Howard, qui se surpasse toujours pour Shyamalan. Ici entre mélancolie et angoisse, il signe une fois de plus une partition avec instruments à vents et résonances, qui fait la signature des films de Night. Hitchcock était cité là haut pour sa précision de metteur en scène. On pourrait désormais citer la relation Shyamalan/Howard comme une belle suite de la collaboration Hitchcock/Herrmann.
Insérer de l’humour dans certaines scènes, un humour très décalé est une vraie bouffée d’oxygène qui ne nuit jamais au rythme du film, mais désamorce plutôt des situations trop tendues. Pour exemple, ces scènes où Lucius lit ses textes au conseil, trop timide pour parler avec éloquence. Ou encore cette déclaration ratée de la sœur d’Ivy à Lucius, qui lui dit en substance qu’il ne faut plus cacher leur amour (alors qu’elle seule ressent quelque chose). Ici Shy maîtrise parfaitement son humour décalé. Tous ces choix apparaissent comme légitimes et profondément en osmose avec le sujet et les thématiques traitées.
Un film nuancé qui crée l’ambiguïté
Le Village a divisé, je pense pour deux raisons. La première : son twist. Et la seconde : son propos nuancé. Le twist car les gens en avaient ras le bol de voir un rebondissement, comme dit plus haut, mais ce sont surtout les propos qui causèrent le plus de tort à Shy.
Ecrit après le 11/9 le film parle d’une société de personnes qui créèrent dans les années 80, un monde artificiel retranché dans une réserve, loin du monde qui les entoure, suivant des préceptes du passé. En cela on peut voir une analyse sur les Amish, dont la première règle de vie est : « Tu ne te conformeras point à ce monde qui t’entoure ». Evidemment à travers ce courant, Shy critique le système des religions qui entourent les fidèles mais surtout ceux qui dirigent ces religieux. Ici, les fondateurs ne prêchent nullement mais se servent de la peur pour éloigner leurs fidèles des forêts qui donnent directement sur le vrai monde. La manipulation va jusqu’à faire croire à ces fidèles (qui ici ne sont que villageois naïfs) que des monstres peuplent ces forêts là. Belle métaphore des terroristes qui se servent de la religion pour perpétrer les pires atrocités. Mais ce que Shyamalan dit en substance, c’est que ces américains, poussés dans leurs retranchements (ici l’atrocité des crimes urbains) peuvent eux aussi aller très loin pour pouvoir mettre en pratique leur idéologie. Ce qui ne les empêche en rien d’être touchés de l’intérieur (Noah est celui qui poignarde Lucius). Belle métaphore d’une Amérique qui aurait eu tendance à vouloir se replier sur elle-même à la suite de ses attentats. Et belle critique des dirigeants religieux voire politiques qui se servent de la peur comme instrument de manipulation ultime.
En revanche le film magnifie la foi qui peut animer ses personnages. C’est mue par l’amour que Ivy va arriver à la fin de son périple. Ces plans, motifs récurrents de l’œuvre de Shy (main tendue vers l’autre, ensemble main dans la main, qu’on peut voir ici et ailleurs, dernièrement plusieurs fois dans Phénomènes). Cette foi personnelle est toujours liée à l’amour. Et c’est cela qui a crée l’ambiguïté auprès de nombre de spectateurs. Est-il pour ou contre les fondateurs de ce village ? Vu la dernière scène on aurait tendance, à tort, à croire que Shy acquiesce. Alors que pas du tout, il acquiesce juste au sentiment amoureux qui peut pousser des êtres à se dépasser. Il faut pour cela voir les merveilleuses séquences dans la forêt et le périple que vit Ivy, pour comprendre son réel point de vue.
Mais dans ce film, Shy d’humeur plutôt dépressive face au monde actuel, enfonce le clou avec le personnage de Noah. Le simple d’esprit qui, ailleurs est celui qui s’en sort (regardez dans Cube par exemple), est ici remis à sa place, non pas comme le psychopathe de service (récurrence du cinéma d’horreur par exemple) mais bel et bien comme la victime number one de toute société dirigée par des humains rongés par le secret, qui manipulent leurs ouailles. Notre monde va mal et la naïveté (enfin presque car Noah sait ce qu’il se passe sans comprendre le pourquoi du comment) du simple d’esprit lui coûtera cher dans un monde où il vaut mieux être mentalement préparé. Et c’est sur ces différents tableaux que Shy dresse une vision noire de ce monde utopique qu’est celui du repli sur soi.
Son avis aussi sur le progrès reste nuancé. Le progrès pour le progrès (dans le sens d’un meilleur monde, ici les maladies) n’est pas possible, provoquant un tollé chez les dirigeants de ce monde, mais il est possible lorsque celui-ci est animé par un amour aveugle (tiens tiens) et une foi inébranlable qui désarme n’importe quel être humain. A cet égard la séquence poignante où Ivy, sortie du bois, demande au garde forestier, qui n’en croit pas ses yeux, des médicaments, est un grand exemple de la foi qui anime son personnage et qui désarme le jeune homme qui, au départ, croit à une blague. En cela, pour progresser Shyamalan n’a-t-il pas pousser ses personnages à accepter les choses pour avancer à ne plus avoir peur ? Ne peut-on dire que Shy n’est pas le réactionnaire décrié ici et là avec ce film ? Je pense qu’évidemment Shy n’est pas réac’. Des valeurs new age ici et là peut-être, sûrement même, mais jamais réac. Sinon ils continuerait à faire avancer ses personnages dans l’aveuglement total. La décision finale des fondateurs de continuer à mentir aux villageois, n’est pas la vision de Shyamalan de la vie mais bel et bien une critique d’une société dirigée par des hommes et des femmes faillibles, qui doutent, et qui prennent des décision irrémédiables, souvent atroces. Mais c’est un reflet très juste de nos sociétés actuelles (comme passées). En cela on peut voir l’ambiguïté de l’être humain dans cette œuvre. Une vision très dure mais réaliste.
Le Village ou le plus grand film de son auteur ?
Je n’irai pas par quatre chemins : oui, oui et encore oui. Par la richesse de ses sous textes, la qualité de son intrigue, de ses rebondissements, de son interprétation, de sa fabrication, Le Village est une œuvre multiple où plusieurs genres se côtoient pour ne faire qu’un (film fantastique, drame romantique, conte). Un grand film des années 2000. D’ailleurs celui que je préfère des années 2000, représentant parfaitement son auteur dans son plus bel atout. Un homme perfectionniste qui travaille d’arrache pied à la constitution d’une œuvre fondamentale. A jamais seront gravées dans ma mémoire ces séquences uniques, bouleversantes. C’est aussi son film le plus ambitieux formellement, celui qui marquera à jamais les esprits par la qualité de sa mise en scène. C’est aussi celui qui comporte le plus de stars (Weaver, Phoenix, Hurt, Gleeson, Brody) et qui fait découvrir au monde entier le talent et la beauté de Bryce Dallas Howard, que l’on retrouvera en sirène dans La Jeune fille de l’eau, deux ans plus tard. Et cette histoire d’amour… Ahhh l’amouuuur. Il n’a jamais été aussi bien représenté ou en tout cas aussi élégamment représenté. Rien que pour cet angle le film est à découvrir pour ceux qui ont peur de ne voir qu’un énième film à twist. Le Village se présente donc partagé entre deux pôles : noir par sa description d’une société étouffante et lumineux par l’amour que Ivy porte à Lucius. Deux pôles qui rappellent magnifiquement que la vie est ambiguë et que malgré le fait de manipuler son audience pour la surprendre (contrairement aux fondateurs du village), Shy ne ment jamais sur la réalité à laquelle Le Village fait formidablement écho.
* * * * *
Voilà le cycle Shy se termine ici. En attendant la nouvelle année pour un nouveau cycle d’un autre de mes auteurs favoris. Merci d’avoir lu jusqu’au bout.
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critique AGATHE CLERY (Critique Cin�ma)
12/9/2008 3:14
SORTIES BIEN DECEVANTES
Agathe Cléry est une cadre blanche, raciste qui va devenir noire. Sur ce pitch satirique en diable, Etienne Chatiliez va tenter de faire le portrait d’une femme qui change, qui évolue. En choisissant Valérie Lemercier, anticonformiste au possible, il ne pouvait rêver meilleur choix.
Et effectivement il a eu du nez : elle est l’attraction principale de sa nouvelle comédie, quatre ans après le médiocre La Confiance règne. A l’époque, le cinéaste se fâchait tout rouge envers la critique qui avait démoli (à juste titre) son film. Agathe Cléry ne sera alors pas présenter à la presse. Mais cela ne sert à rien de cacher une œuvre lorsqu’on en est fiers ! Cela pousse toujours les gens à se poser des questions sur la réelle qualité du film. Et effectivement ici on peut comprendre pourquoi le film fut cacher aussi longtemps. Pas un gros ratage qui tache mais un film décevant, aux choix artistiques très discutables. Commençons par le choix de la comédie musicale pour traiter son sujet. Si il avait choisi le musical à l’hollywoodienne, donnant du punch aux sujets sociaux, avec des musiques entraînantes dans la veine de l’excellent Hairspray 2007 (auquel le film essaie de ressembler par moments), Chatiliez aurait toucher plus vite son audience et aurait donner un tout autre rythme à son film. En lieu et place, il tourne une comédie musicale comme ses pubs d’antan (Eram par exemple) faisant directement référence à Demy et ses chansons peu musicales. C’est ici que le bas blesse. Peu d’acteurs ont un petit grain de voix (Lemercier n’est pas chanteuse !), les paroles ne se retiennent pas et apparaissent collées au script qui n’en finit pas de s’étirer. Seule la chanson sur le racisme (Agathe raciste ? pas possible ! un truc dans le genre) arrive à enlever quelques sourires. Ce choix très intrigant ne fait qu’alourdir un film qui aurait mériter une coupe de vingt minutes (il dure près de deux heures). De plus, contrebalancée par des moments hilarants, les musiques auraient pu passer comme une lettre à la poste, seulement voilà, Chatiliez est plus obsédé par la nuance (sujet explosif) et évite soigneusement de faire rire son spectateur. On sourit tout au plus. La réelle qualité du film est à mettre au compte de la direction d’acteurs impec’. Lemercier s’amuse comme tout, ayant trouver son rôle le plus fouillé, qui lui permet de montrer des qualités jusqu’ici inédites. Elle danse parfaitement, a un sex appeal du tonnerre, tout en restant très drôle. Malgré son maquillage visible, elle donne de la profondeur à son Agathe. Merci Valérie.
Deuxième sortie du 3 décembre : Délire Express. Encore une traduction française fabuleuse de Pineapple Express (une drogue). D’ailleurs le titre est doublement mal choisi car le film n’est ni délirant (il le voudrait pourtant) ni express (grosses longueurs). On navigue entre comédie stoned et polar-poursuite à deux roubles. Pourtant le début, bien croqué, promettait le meilleur… Pour James Franco, irrésistible en dealer idiot.
Dernière sortie de la semaine : Pour Elle. Ou comment le cinéma français s’insère de plus en plus dans le cinéma de genre. Ici, un homme veut faire évader sa femme, accusée d’un meurtre qu’elle n’a pas commis (on voit ce qui s’est passé au début lors d’un flash back bien naze). Le prof de français sans histoire va alors se transformer en dur à cuire, prêt à tout pour sauver sa douce. Vincent Lindon est très crédible dans une histoire déjà vue, qui manque de crédibilité, malgré une scène finale pleine d’action. Moyennement emballant.
*
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critiques TWO LOVERS - DUCHESS (Critique Cin�ma)
12/2/2008 11:45
AMUSES BOUCHES
En ouverture je parlerai volontiers de deux films sympathiques : The Duchess et Step Brothers. Le premier est un film historique, sur la prétendue ancêtre de Lady Di et le second une comédie « hénaurme » avec Will Ferrell et John C. Reilly.
Keira Knightley est une jeune actrice sublime et talentueuse souvent critiquée pour son manque de profondeur. C’est juste sa façon d’être : elle n’est pas très expansive. Ici elle incarne à la perfection la duchesse de Devonshire, très avant-gardiste, impliquée dans la politique et qui accepta (un peu obligée faut dire), de faire ménage à trois avec son duc de mari (Ralph Fiennes) et une amie (enfin plus trop par la suite – Hayley Atwell) car elle n’arrivait pas à donner un fils à son mari, alors que le contrat de mariage stipulait cette tache bien précise. Bon le film est un peu déjà vu et pas passionnant tout le temps (elle découvre le désir avec un autre homme tra la li tra la la) mais bénéficie d’un grand travail apporté à la photo, aux costumes et aux décors. Keira est fort convaincante en duchesse blessée et son port de tête aristocrate, ainsi que le peu d’expressions faciales qui sont sa signature physique n’y sont pas étrangers. Les autres acteurs ne sont pas en reste. Charlotte Rampling en mère autoritaire mais aimante ou encore Ralph Fiennes en homme bourru et violent apportent à l’ensemble un gros plus qui permet de ne pas sombrer à la vision de ce film historique. En sortant de la salle, on repense fortement à la composition toute en subtilité de la miss Knightley. Merci à elle.
Le second amuse-bouche est une comédie produite par Judd Appatow. Deux mecs, ados très attardés de 40 ans, vivant toujours chez papa maman vont devoir faire toit commun après le mariage de leur parents respectifs. Ces demi frères là étaient faits pour se rencontrer. Lourd, par moments consternant et à d’autres hilarant, Step Brothers est un plaisir coupable qui permet de revoir le duo génial de Ricky Bobby, Ferrell et Reilly. Tous deux sont tout simplement fabuleux. Richard Jenkins en père qui n’en peut plus (à l’affiche du nouveau Coen bientôt) est très drôle aussi. Un film con, subversif (la scène ou Reilly et Kathryn Hahn font l’amour lors du repas de noël est à coup sûr une future scène culte) qui fait du bien par où ça passe ! Si vous voyez ce que je veux dire…
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The Duchess – de Saul Dibb – sorti le 12 novembre
Step Brothers (Frangins malgré eux) – de Adam McKay – sorti le 19 novembre
LE CŒUR A SES RAISONS QUE SEULE LA RAISON IGNORE
Pour son cinquième long, James Gray, après son formidable We Own the Night, réalise un drame romantique avec Joaquin Phoenix. Alors qu’à l’accoutumée Gray espaçait ses tournages, il nous livre son nouvel opus, un an, tout juste, après son précédent. Et il fait bien ! Il a enfin compris qu’il faisait un bien fou à la production internationale par son ton intimiste et son goût prononcé pour la tragédie classique.
Ici, Phoenix incarne Leonard Kraditor, un ado mal dégrossi, qui repart vivre chez ses parents à la suite d’une séparation douloureuse. Ayant tenté de mettre fin à ses jours par le passé, il retente le coup en ouverture de film. Heureusement pour lui, des gens viennent le sauver. Mais c’est lui qui change d’avis et appelle au secours. Plus le genre d’homme que la fin d’un amour peut-être trop passionné rend déprimé, qu’un homme profondément dépressif. Il est aussi bipolaire, ce qui explique sûrement son changement de choix au dernier moment. Kraditor ne veut pas mourir mais aimer et être aimé en retour. Un soir, lors d’un repas familial, avec les futurs repreneurs de l’affaire familiale (un pressing), il rencontre la douce Sandra Cohen (Vinessa Shaw). Le feeling passe bien entre eux. Comme quoi Leonard a bien fait de se faire repêcher. Puis le lendemain, il rencontre la névrosée Michelle Rausch (Gwyneth Paltrow) qui va bousculer ses sentiments. La passion va le consumer. Qui va-t-il choisir ? Va-t-il choisir l’une des deux femmes ou se laisser porter par les aléas de la vie ?
En choisissant de changer de registre (polar contre drame romantique) Gray ne change rien de son style et de son approche feutrée. Ambiances chaudes (couleurs automnales marrons-beiges voire jaunâtres), sentiments forts mais souvent chuchotés voire étouffés. Gray a bel et bien une patte d’auteur. Superbement mis en scène, son Two Lovers est un tournant dans sa carrière qui lui permet de montrer qu’il peut tourner d’autres histoires avec la même profondeur. Phoenix, qui clame ici et là, qu’après ce film, il arrête le cinéma, trouve ici son rôle le plus complexe, le plus humain aussi. Coincé dans des sentiments passionnés liés à l’adolescence et ses idéaux (d’ailleurs la scène où il dit à Michelle qu’il l’aime pour de vrai et que ce n’est pas un sentiment d’adolescent mais un sentiment d’adulte, qu’il sait maintenant faire la différence), Kraditor n’en est que plus touchant car cette histoire d’amour plurielle va le faire grandir, évoluer mais sûrement pas replonger dans les pulsions suicidaires. Entre ombre et lumière, ce personnage d’homme - enfant, qui entretient une forte relation avec ses parents aimants (formidables Isabella Rossellini et Moni Moshonov), et qui veut fonder un vrai foyer à lui, est à coup sûr le meilleur rôle que pouvait lui offrir James Gray. Utilisant à bon escient les contradictions d’un acteur à fleur de peau, le cinéaste permet de donner beaucoup de consistance à son Leonard.
Tout comme dans ses films précédents, Gray travaille les thématiques du choix et de la famille avec subtilité et profondeur. Moral sans jamais être moraliste, Gray se dévoile de plus en plus film après film. Il prouve son attachement au cercle familial et amical en engageant les mêmes acteurs (Phoenix donc pour la troisième fois, Moni Moshonov pour la deuxième fois) et la même équipe technique mais reste très enclin à élargir son cercle (bienvenue à Rossellini, Paltrow, Shaw et les autres).
Two Lovers constitue donc un très bon drame, peut-être moins bouleversant que son précédent, mais d’une grande tenue cinématographique, qui prouve que le bonhomme peut à l’évidence réaliser des films avec une cadence plus soutenue, ce qui n’entame en rien son talent de conteur hors pair.
Two Lovers – de James Gray – Sorti le 19 novembre * * *
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