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CRITIQUE CINE EXCLU : SLIPSTREAM, LE FILM TRES SPECIAL D'ANTHONY HOPKINS

CRITIQUE CINE EXCLU : SLIPSTREAM, LE FILM TRES SPECIAL D'ANTHONY HOPKINS

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Rarement la première minute d'un film n'a réussi à faire le tri entre les réceptifs (les amateurs de puzzles mentaux) et les réticents (les plus cartésiens). Outrancier, atypique et provocant, Slipstream, long métrage de l'acteur baroudeur Anthony Hopkins, cherche à bousculer les repères du spectateur confortablement installé devant l'écran avec son paquet de pop corn. En considérant le cinéma comme art offensif, il exécute une mise à mort acide en utilisant une foultitude de procédés connus (déjà vus chez Lynch, Tarantino - traités ici sur un mode parodique voire narquois) et d'autres, totalement inédits (on a pour ainsi dire «jamais vu ça» sauf dans nos pires cauchemars cinéphiles). Résultat? Un film déboussolé qui dure seulement une heure et demie et donne l'impression de durer une éternité si on ne rentre pas dans le trip. Un patchwork de mythe, de rêve, d'histoire, de folie, d'ennui et d'enthousiasme. Le cinéma est mort. Vive le cinéma!

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Le film, incompréhensible pendant une bonne heure, va diviser. On ne se mouille pas trop en affirmant ça, mais sur le coup, impossible de faire plus radical, plus virulent, plus bordélique, plus déterminé. Déjà coupable de deux babioles anodines (August et Dylan Thomas: Return Journey), Anthony Hopkins repasse derrière la caméra et fait très mal au cinématographiquement correct. Ça débute et ça se termine par la même scène avec entre temps un «détail» qui a été modifié et qu'il faut ausculter à la loupe. Quelque chose a changé. Oui, mais quoi? Pendant qu'on cogite, Hopkins propulse des tonnes de personnages secondaires autour d'un scénariste tracassé (Felix Bonhoeffer, incarné par sir Anthony) qui révèlent plusieurs identités (le même acteur peut jouer le braqueur et le flic sans que l'on s'en rende compte).

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Peu importe de leurs statuts, pourvu qu'ils servent la sève créatrice de l'artiste narcissique enfermé dans sa bulle autiste. Le spectateur, lui, doit subir ses desideratas sans broncher. Au cinéma, ce n'est pas nouveau: les personnages de romans malmenés par leurs auteurs, on connaît! - le dernier exemple reste Waiter!, d'Alex Van Warmerdam. Pour les délires fantasmagoriques de l'écrivain qui contaminent le quotidien palot, il suffit de renvoyer à Barton Fink, des frères Coen, sésame du genre avec déjà John Turturro. Avec démesure, Hopkins montre le bouillonnement de l'artiste, ce qui est autour de lui et semble déglingué. A l'écran, le résultat ressemble à une chanson que l'on passe en accéléré: c'est dissonant, hétérogène et dérangeant. Ça peut aussi devenir insupportable.

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