
CRITIQUE CINE EXCLU : SLIPSTREAM, LE FILM TRES SPECIAL D'ANTHONY HOPKINS
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Le film, incompréhensible pendant une bonne heure, va diviser. On ne se mouille pas trop en affirmant ça, mais sur le coup, impossible de faire plus radical, plus virulent, plus bordélique, plus déterminé. Déjà coupable de deux babioles anodines (August et Dylan Thomas: Return Journey), Anthony Hopkins repasse derrière la caméra et fait très mal au cinématographiquement correct. Ça débute et ça se termine par la même scène avec entre temps un «détail» qui a été modifié et qu'il faut ausculter à la loupe. Quelque chose a changé. Oui, mais quoi? Pendant qu'on cogite, Hopkins propulse des tonnes de personnages secondaires autour d'un scénariste tracassé (Felix Bonhoeffer, incarné par sir Anthony) qui révèlent plusieurs identités (le même acteur peut jouer le braqueur et le flic sans que l'on s'en rende compte).

Peu importe de leurs statuts, pourvu qu'ils servent la sève créatrice de l'artiste narcissique enfermé dans sa bulle autiste. Le spectateur, lui, doit subir ses desideratas sans broncher. Au cinéma, ce n'est pas nouveau: les personnages de romans malmenés par leurs auteurs, on connaît! - le dernier exemple reste Waiter!, d'Alex Van Warmerdam. Pour les délires fantasmagoriques de l'écrivain qui contaminent le quotidien palot, il suffit de renvoyer à Barton Fink, des frères Coen, sésame du genre avec déjà John Turturro. Avec démesure, Hopkins montre le bouillonnement de l'artiste, ce qui est autour de lui et semble déglingué. A l'écran, le résultat ressemble à une chanson que l'on passe en accéléré: c'est dissonant, hétérogène et dérangeant. Ça peut aussi devenir insupportable.
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