IGOR de anthony leondis
Avant d'entrer dans le vif du sujet sur Igor, pourriez-vous nous rappeler votre parcourt professionnel ?
J'ai commencé il y a vingt ans dans la série animée, ma formation initiale. J'ai appris le travail d'animation sur le tas. A l'époque je dessinais, j'avais un book en sortant de l'école de pub, un domaine qui ne m'intéressait plus du tout. Je me suis présentée dans un studio d'animation appelé Tifoon, qui n'existe plus aujourd'hui. Je faisais les intervalles, puis l'animation proprement dite puis je suis partie chez Ellipse où j'ai travaillé sur Babar et Tintin. Là j'y ai appris le design, c'est à dire à faire tourner les personnages sur eux-mêmes, adapter les personnages de l'univers de la bande-dessinée à la série animée comme sur Tintin. Je m'occupais des expressions de visages des personnages, les labiales, tous les aspects techniques relatifs aux personnages. Ma première création proprement dite fut Orson et Olivia où j'ai créé tous les personnages à partir d'une bande-dessinée appelée Basil et Victoria de Yan Le Pennetier et Edith mais en amenant quelque chose de très différent parce que la dessinatrice, Edith, voulait vraiment ouvrir cet univers à l'animation. J'ai essentiellement travaillé dans la série 2D mais petit à petit, j'ai commencé à me frotter à la 3D en collaboration avec des infographistes. J'ai également une occupation de sculptrice, ce qui me permet d'appréhender le domaine de la tri-dimension de façon très naturelle. Donc je faisais mes oeuvres personnelles comme un Blueberry de Moebius, une autre sculpture tirée de l'univers de Loisel également. Peu à peu j'ai accompagné mes dessins de sculptures pour mieux traduire les volumes des personnages car le dessin n'offre qu'une illusion de relief. Pour Chasseurs de dragons, la série animée 2D, j'avais sculpté les trois personnages principaux pour l'étape de la validation pour le film 3D. Certains détails ont été rajoutés, des narines avec des trous de nez, un pli de paupière, un ourlet de lèvre, des petites choses dont le dessin se passe très bien mais qui, au moment d'être mis en volume ne fonctionne plus de la même façon.
Le dessin est en effet plus abstrait, un seul trait peut signifier beaucoup de choses...
Tout à fait. Il fallait aussi s'approcher d'un univers plus réaliste.
IGOR de anthony leondis
Vous avez aussi créer les costumes du premier Astérix et Obélix en 1997, c'était votre première expérience avec le cinéma ?
Oui et en fait j'ai servi d'illustratrice et de porte-parole aux costumières qui travaillaient difficilement avec Claude Zidi, le réalisateur du film. Je me suis amusé à caricaturer les acteurs et les habiller avec les costumes que les costumières voulaient leur mettre. Elles agrafaient des bouts de tissu sur mes dessins, elles décidaient le nombre de pièces qu'ils devaient avoir sur eux, etc. J'avais beaucoup de documentation photo par rapport aux armures, aux habits d'époque. L'univers du costume était quelque chose que je ne connaissais pas du tout. Après le film je me suis replongée dans la série animée car à chaque fois que je décroche sur un autre type de travail, j'ai besoin de revenir à ce que je connais le mieux. C'est mon repère de travail. Mais j'aime bien sortir de temps en temps de cette routine aussi. J'aime rencontrer d'autres types de personnes dans d'autres studios. Le milieu de l'animation, comme celui du cinéma, sont des milieux très restreints où les équipes tournent énormément. Chaque projet amène des départs, des arrivées, etc. et l'on connaît très vite tout ce petit monde qui gravite autour.
![]() | ||
CINE : IGORDans un marché de l'animation où l'hégémonie de Disney n'est plus qu'un lointain... | ||







CINE : IGOR






















