Romain Le Vern 5
NOISE
Un film de Henry Bean
Avec Tim Robbins, William Hurt, Bridget Moynahan, William Baldwin, Margarita Levieva, Gabrielle Brennan, Maria Ballesteros, Eric L. Abrams, Jessica Almasy, Leora Barish, Michael J. Burg, Lou Carbonneau
Durée : 1h30
NOISE de henry bean
Le générique de Noise plonge dans le chaos urbain New-Yorkais avec des bretelles de périphérique bondées et des buildings déshumanisés. La force des images sont amplifiées par l'utilisation d'une bande-son agressive. Une plongée laisse apercevoir un homme qui passe sur un pont et s'approche d'une voiture. D'un côté, il y a la description d'un univers métallique et glacé; de l'autre, les conséquences humaines à travers la descente aux enfers d'un quadragénaire fatigué du monde moderne. Le sujet est intéressant (montrer notre insensibilité aux bruits qui entourent) et un réalisateur comme Elia Kazan période L'arrangement en aurait tiré un film potentiellement traumatisant. La surprise, c'est que le réalisateur Sean Bean refuse de tomber dans cette gravité-là et propose un traitement, toujours à l'opposé de ce que l'on pourrait attendre. C'est sans doute la qualité de ce film qui, au lieu de tomber dans la thèse, désamorce l'esprit de sérieux par un humour pince-sans-rire.
NOISE de henry bean
Loin de la noirceur que l'on pouvait imaginer, le récit tire son argument vers la comédie gentiment subversive avec un fond paranoïaque et fait se succéder des scènes aux tonalités variées. Encore faut-il y être réceptif. On attend toujours que Sean Bean, scénariste émérite - même s'il a signé le script de Basic Instinct 2 - et réalisateur prometteur de Danny Balint confirme. Le point noir est le même que dans son précédent long-métrage : une facture télévisuelle qui bride la force du sujet. Dans Noise, il se contente d'une simple farce dopée au mauvais esprit sans avoir quelque chose de plus consistant à mettre sous la dent. Accessoirement, il lui manque l'envergure et le grain de folie supplémentaires. Même s'ils opèrent sur un mode comique, les interprètes apportent leur savoir-faire sans réussir à animer des personnages basiques. Dans un rôle impuissant, Tim Robbins semble inconsciemment recevoir la punition du retournement de situation final de Arlington Road. William Hurt cabotine en maire dépassé par les événements et Bridget Moynahan est un fantastique accessoire de cuisine.
Romain Le Vern































