Les Editions Montparnasse nous ont habitué à des DVD d'une qualité irréprochable : Microcosmos, La vie est belle, Les enfants de la lumière. Malheureusement, ce n'est pas le cas ici.
Il semble évident, dès les premières images du film, que la copie est loin d'être en bon état : pellicule abîmée, sautes d'images. Mais c'est manifestement un problème d'encodage qui nuit à la vision du film. L'image étant constamment parasitée par un lignage vertical des plus grossiers. Même si on s'y habitue, il est difficile de ne pas penser qu'il existe une version quasi parfaite en zone 1.
La vision de ce DVD sur un téléviseur a permis de tempérer ce jugement. Le taille réduite de l'image (72 cm tout de même) permet de passer outre les défauts de la copie.
Conclusion : avec un téléviseur, ça passe mais avec un rétro ou un vidéoprojecteur, mieux vaut laisser passer.
Rien à dire. Que ce soit en VO ou en VF, le son mono est limpide et les voix sont très claires. Le son est de loin, le côté le plus positif de ce DVD.
Rien à ne se mettre sous la dent. Dommage, vu l'importance cinématographique d'un tel film. Des notes de production sur le contexte du tournage (période du maccarthysme) auraient, par exemple, été les bienvenues. Même la bande annonce nous aurait déjà fait plaisir.
Fraîchement marié à Amy (Grace Kelly), le shérif Kane (Gary Cooper) est sur le point de prendre sa retraite. Ses plans vont être contrariés par l'arrivée de trois cavaliers se dirigeant vers la gare. Ils sont là pour attendre le train ramenant Frank Miller, un malfrat que Kane a jadis envoyé en prison. L'heure de la vengeance a sonné.
Indémodable. On peut l'avoir vu des dizaines de fois, Le train sifflera trois fois reste l'un des plus grands western jamais tournés. Il suffit d'entendre les premières notes lancinantes de Si toi aussi tu abandonnes pour avoir envie de s'y replonger.
Un thème simple, une mise en scène linéaire, un suspense crescendo et une interprétation toute en retenue de Gary Cooper.
Les situations et les codes du western sont présents mais tout est magnifié lorsque l'on connaît le contexte du tournage. En plein maccarthysme, le scénariste, Carl Foreman, lui même blacklisté, livre une métaphore troublante sur la lâcheté des gens devant le danger.
Le train sifflera trois fois dépasse alors le cadre du western pour délivrer une réflexion poignante sur l'âme humaine et ses faiblesses.
Par Laurent Pécha