Pas grand chose à reprocher. Même la compression, pêché mignon de l'éditeur, est globalement maîtrisée (quelques rares artefacts quand même). La définition s'avère constamment excellente et les couleurs sont saturées de fort belle manière. Les contrastes sont parfaits avec des noirs profonds. Et la copie est bien exempt de tout défaut.
Que ce soit en VO ou VF 5.1, la répartition des canaux est épatante. Bien sûr, c'est dans la dernière partie du film (et notamment l'attaque) que la bande son redouble d'efficacité et de dynamisme mais dans l'ensemble, c'est du tout bon avec une exploitation optimale du 5.1. La version québécoise (l'accent peu prononcé n'est aucunement gênant) présente un mixage homogène et quasi identique à la VO.
Warner offre des suppléments agréables mais rien d'emballant. Dans son commentaire audio, Taylor Hackford suit de façon très consciencieuse mais sans réel passion le cours de son histoire et de ses images. C'est certes instructif mais souvent bien monotone. Le making of (VO, 14' 02) ne s'éloigne jamais de la featurette promotionnelle (on apprécie toutefois les rares images du tournage). Les filmographies (5 acteurs + réalisateur) et la bande annonce (VO, Dolby Surround, 2.35, 16/9) clôturent une classique section des suppléments.
Amérique latine. A la suite du kidnapping de son mari par des milices militaires, Alice Bowman obtient l'aide d'un négociateur spécialiste des prises d'otages. Ce dernier n'étant pas insensible aux charmes de la jeune épouse.
Proof of life (L'échange) est passé complètement inaperçu en France pourtant en pleine folie Gladiator. Même aux Etats-Unis, l'impact de Russell Crowe n'a pas eu les effets escomptés (le film a essuyé un méchant bide). En visionnant le film, on le comprend aisément. Taylor Hackford est très à l'aise pour filmer carré des histoires qui se tiennent avec des personnages et des situations crédibles (Contre toute attente, Officier et Gentleman le prouvent).
Or, ici, le scénario a bien du mal à faire passer la pilule. Les comédiens (Meg Ryan en tête) n'y croient absolument pas, les situations s'enlisent avant de même de réellement débuter. Un conseil, zapper l'inutile première demi-heure qui tente désespérément de mettre le film sur de bons rails. En fait, seule les vingt minutes finales (c'est à dire l'attaque du camp) emportent l'adhésion. La mise en scène est alors d'une redoutable efficacité car d'une grande sécheresse et sans fioritures.
Suffisant donc pour finir Proof of Life sur une note positive mais largement insuffisant pour faire oublier les deux longues heures pénibles et souvent consternantes (toutes les séquences du mari prisonnier et ses ravisseurs) qui ont précédé.
Par Laurent Pécha