Pas grand chose à reprocher à une image qui bénéficie d'un master propre, d'une compression performante, d'une gestion du contraste convaincante et d'une définition relativement précise.
Préférez la VO DD 4.0 bien plus dynamique que son homologue française. D'autant plus que l'éditeur a eu la bonne idée de proposer une version longue du film et qu'à plusieurs occasions, le film passera en Vost, le doublage français n'existant pas pour ses passages. En tout cas, sans être impressionnant, le mixage anglais arrive parfois à surprendre par son excellente répartition des canaux et notamment quelques effets bien sentis.
Question bonus, il faudra se contenter de peu même si le zone 2 propose un bonus inédit par rapport au disque américain, soit une scène intégrale en deux partie (2mn 28, plein cadre, Allemand sous-titré français). Pour le reste, on a le droit à la bande-annonce (Vo, 16/9) et trois malheureuses photos du tournage.
Avec Enemy Mine, le réalisateur allemand Wolfgang Petersen franchit définitivement l'Atlantique et signe son premier authentique film américain. S'étant déjà attelé avec plus ou moins de bonheur au film à effets spéciaux (L'histoire sans fin a pris un sérieux coup de vieux), on le sent parfaitement à l'aise à créer un univers de SF plausible.
Mais là où on attendait un space opéra, le futur réalisateur de Air Force One (!) nous livre une oeuvre bien plus philosophique que spectaculaire. Reprenant le canevas utilisé par John Boorman dans Duel dans le Pacifique (deux soldats ennemis étant forcé de cohabiter sur une île déserte), Petersen soigne l'aspect humaniste de son récit (la compréhension de l'autre, l'acceptation des différences sont souvent au coeur des débats). Son film, délicieusement kitsch (certains effets visuels paraissent bien obsolètes) doit beaucoup à la qualité d'interprétation de Dennis Quaid (l'humain) et Louis Gossett Jr. (le Drac).
Quelque peu longuet, manquant de rebondissements convaincants, Enemy Mine se revoit avec le plaisir nostalgique que l'on éprouvait à la vision de ces oeuvres de SF qui fleurissaient dans les années 80, surfant sur le succès phénoménal d'une certaine première trilogie lucasienne (Starfighter, Flash Gordon).
Par Laurent Pécha