Gaumont
1979
Comédie Musicale
Format 1.66 - 16/9 compatible 4/3 - THX - DTS - Double couche
Langages : - Italien DTS 96/24 / Italien Dolby Surround remixé / Italien Dolby Surround d
Sous-titres : Français / Anglais
Critique Image
On commence à s'habituer au travail de Gaumont Video sur ses titres, et une fois encore, l'éditeur propose un Don Giovanni qui ne vole pas sa certification THX, puisqu'on peut être sûr de ne trouver nulle part ailleurs le film dans une telle qualité. Supervisé le chef opérateur d'origine, Gerry Fisher, le nouveau master permet de profiter du film sans la moindre fioriture, à tel point que cela en devient stupéfiant. Nous avons beau chercher un peu partout, les défauts de pellicule sont pratiquement inexistant, et la compression générale rend un honneur grandement mérité à la photographie d'origine. Une compression dont le seul inconvénient serait de fourmiller sensiblement sur l'un des premiers plans ennuagés, mais qui ne cesse ensuite de faire des merveilles : netteté à toute épreuve, profondeur de champ épatante, contraste impeccable et même les décors réels assombris ne trahissent aucun pixel. Assurément un joli cadeau pour les lecteurs DVD.
Critique Son
N'y allons pas par quatre chemins, cette édition de Don Giovanni est tout simplement ce qui existe de mieux à ce jour en matière de remixage muticanal sur DVD. Attention, il serait vain de le comparer avec quelques standards actuels puisque ces derniers sont pensés en 5.1 dès leur conception, mais surtout parce que l'optique artistique y est totalement différente. Il vaut donc mieux considérer l'objet comme un DVD audio mis en images au même titre qu'un concert. Nous sommes effectivement bien loin des nombreuses bouillies 5.1 infligées un peu n'importe comment sur certains films datés (on pense à de nombreux collectors MGM) car d'une part ce sont les monteurs d'époques qui se sont chargés de cette nouvelle version, mais surtout parce le film bénéficiait déjà d'un enregistrement en 16 pistes. Par conséquent, tous les éléments utilisés ici sont d'origine. Notons également que par soucis de perfection, il n'a pas été question d'"étirer" la piste stéréo dolby surround 4 canaux de 1979, compressée sur deux pistes lors de l'exploitation en salle pour tenir sur la pellicule, mais bien de remonter chacune des 16 bandes retrouvées après de fructueuse recherches.
Le constat est effectivement effarant puisque n'étant qu'à ses balbutiements en 1979, le Dolby Surround d'origine proposé ici pour les puristes semble avoir pris un sérieux coup de vieux. Pour son histoire de compression sur pellicule réutilisée en vidéo comme nous l'indiquions plus haut, mais surtout parce qu'il n'exploitait pas totalement son potentiel d'enveloppement. En résulte une petite stéréo dynamique un peu étouffée qui doit bien faire profil bas face à l'autre Dolby Surround du disque, toujours conçu à partir des pièces d'origines mais bénéficiant du nouveau mixage à la fraîcheur évidente et grandement conseillé aux consommateurs ne bénéficiant pas d'un décodeur de DTS. Car le DTS 96/24, c'est bien ce qui nous intéresse aujourd'hui sur ce splendide objet. Nous étions jusqu'à présent habitué aux pistes DTS mi-débit (764 kbps), et plein débit (1596 kbps), en 5.1 ou en ES 6.1. Le 96/24 est en fait une nouvelle norme de DTS, la fréquence habituelle de 48khz montant ici à 96khz (le double !), et l'encodage 24-bit ne changeant pas. Un ampli compatible DTS 96/24 est évidemment indispensable pour profiter pleinement de ce format, le débit montant à 2108kbps contre 1596kbps sur une piste DTS plein débit traditionnelle. Soit une progression de 512kbps ! Les amplis décodant uniquement le DTS traditionnel descendent quant à eux automatiquement le signal en 48khz et 1596kbps.
Ecrasant avantage pour ce format encore trop peu commun face au faible débit du Dolby Surround offrant une limpidité extrême aux voix des chanteurs enregistrés préalablement au tournage pour une grande partie du film. Du play-back, certes – à l'exception des récitatifs enregistrés en direct et uniquement accompagnés par un clavecin – mais qui donne tout son sens à ce mélange cinéma/opéra souhaité par les créateurs du film. Une sensation "Opéra" effectivement des plus convaincante, offrant une puissance rare à l'orchestration bien évidemment située dans l'univers frontal, usant judicieusement des surrounds pour une discrète réverbération toujours bien placée ainsi que quelques effets d'ambiances (orages, vent, pluie) qui n'empiètent jamais sur le reste. Mais il s'agit surtout d'une atmosphère offrant cette impression d'être confortablement assis dans un théâtre. Un lyrisme fidèlement retranscrit chez soi qui nous prouve également qu'un film ancien peut faire un usage impressionnant du 5.1 sans avoir à rougir de son âge.