Une copie tout à fait correcte, une compression et une définition soignée et des couleurs relativement équilibrées même si l'image adopte une teinte globalement plus ou moins verte selon les téléviseurs et les lecteurs. Le transfert 16/9ème est évidemment encore plus beau et l'image y gagne en précision.
Le mono anglais est le plus riche et le plus clair. On s'amusera selon les versions (on appréciera en français la voix habituelle du très bon doubleur de Woody Allen) à comparer les ajouts et retraits sonores par rapport à la VO lors des bruitages et post-synchronisations réalisés dans chaque pays.
Un sommaire animé par une scène du film mais sans le moindre son. Suppléments : la bande-annonce plein cadre en VO non sous-titrée et un livret de quatre pages explicatives sur le film. Une question s'impose : pourquoi ne pas avoir profité de cette édition en DVD pour y intégrer comme bonus les quelques cinquante minutes de métrage coupé au montage par Woody Allen lui-même (cf. livret) ? Ont-elles définitivement disparues ?
Quatre Oscars dont celui du meilleur film pour ce qui constitue avec Manhattan l'un des films les plus formellement aboutis de son auteur, avec de magnifiques plans en profondeur, un montage favorisant la fragmentation de l'action (utilisation de flash-back, split-screen et même d'animation) et une chronologie désordonnée. Diane Keaton y est plus craquante et drôle que jamais et Woody Allen commence à poser les bases de ce personnage et de cette oeuvre qui continuent de hanter encore aujourd'hui les salles obscures et le coeur du spectateur. Avec cette histoire d'amour entre Alvy et Annie, Woody Allen explore la subjectivité, notamment dans sa relation à l'autre (le pour-soi face au pour-l'autre comme diraient les sartriens) et fait ainsi du spectateur le complice idéal, en contact direct avec la conscience de son personnage auquel il ne peut que s'identifier.
Par Renaud Moran