Malgré un master pas toujours bien propre (quelques poussières et rayures) et un léger grain ambiant, la facture générale se révèle très honnête. L'image bénéficie d'une définition relativement pointue et les couleurs, tout en gardant leurs teintes naturelles, offrent à l'ensemble un bel éclat.
La piste Dolby Digital 5.1 anglaise ne se voit malheureusement offrir qu'un faible relief en terme d'exploitation des ambiances et il n'y a guère que la bande originale à profiter des voies Surround. Le mixage mono français est, quant à lui, essentiellement axé sur les voies frontales et offre un relief bien plus timide. Pour leur part, les dialogues se montrent bien plus naturels sur la version originale, la version française les mettant par moment bien trop en avant.
Quel dommage que pour son commentaire audio Morgan Freeman, ici en compagnie de Danny Glover et de Alfre Woodard, ne se montre pas plus éloquent. La plupart du temps, les trois compères regardent le film et le ponctuent de petites remarques sans grand intérêt. A vouloir un peu trop de spontanéité, on finit par oublier que l'on doit intervenir. On ne retiendra donc que quelques anecdotes de tournage. Dommage !
Micah Mangena est assis sur un baril de poudre et il ne le sait pas. Il est sergent dans la police sur africaine et adhère complètement aux pouvoirs qu'elle représente. Mais la contestation qui gronde et déchire l'Afrique du Sud de 1980 est sur le point d'ébranler violemment ses convictions. Son fils prend conscience que l'apartheid est un système odieux... et que Micah en fait partie.
Réalisé par le comédien Morgan Freeman, et c'est d'ailleurs à ce jour sa seule et unique réalisation, Bopha ! se distingue plus par le message qu'il véhicule que par la réalisation en elle-même. Mais c'est justement le point fort de cette oeuvre et là où réside l'intelligence de Morgan Freeman. Jamais il ne cherche à se mettre en valeur en usant de multiples artifices mais charge ses acteurs de véhiculer les propos et donne ainsi tout le poids à son scénario. Résultat, le message passe et l'on reste hanté par cette histoire menée par un Danny Glover touchant au plus haut point.
Par Benjamin Bach