sidney lumet (25 Juin 1924 - )
Je trouve sa carrière exemplaire, c’est un vieux monsieur aujourd’hui et il tourne toujours, c’est incroyable.
Il a fait des films extraordinaires, 12 Hommes en Colère, La Colline des Hommes Perdus, qui est un film culte pour moi, Le Gang Anderson, Le Prince de New York et un film passé quasiment inaperçu, A bout de course. C’est un cinéaste que je suis, que j’aime, c’est un peu un Arthur Penn pour moi, mais Arthur Penn s’est arrêté et Lumet a continué. Ce sont deux cinéastes assez proches pour moi, faisant finalement partie d’un triptyque des années 70, Arthur Penn, Sidney Lumet et Franklin J.Schaffner. Ce sont des cinéastes qui m’ont énormément influencé, à chaque fois il y a le fond et la forme, un cinéma qui s’intéresse au genre mais des films qui sont aussi des films d’auteur, ce que l’on oublie un peu en France où l’on a tendance à séparer les deux...
Florent-Emilio Siri
Sans doute l’une des dernières légendes du cinéma américain encore en activité, et indubitablement l’un des meilleurs « directeurs d’acteurs », Sidney Lumet peut se targuer d’avoir une filmographie longue comme le bras, aussi passionnante que variée. Presque cinquante films pour autant d’années de carrière, et parmi eux, des chefs d’oeuvres immortels, des pépites inconnues, et, forcément, quelques incidents de parcours... Bref, un cinéaste idéal pour passer à la loupe d’un Classe/pas classe.
DOUZE HOMMES EN COLERE - TRES, TRES CLASSE
Malgré une longue période d’apprentissage, à la fois au théâtre (dans une troupe de Broadway qu’il dirige dès 1947, soit à 23 ans) et à la télévision (où il réalise plus de 150 émissions en direct), Sidney Lumet aura au moins sa place dans les livres historiques juste à côté d’Orson Welles. Inattendu ? Pas vraiment, puisque les deux hommes ont réussi dès leur premier long-métrage à accoucher d’un chef d’oeuvre absolu. Quoique moins formaliste et révolutionnaire que Citizen Kane, Douze hommes en colère synthétise déjà les obsessions de son réalisateur et l’avant-gardisme de son style, que l’on qualifiera ensuite par paresse de « classique ». Comme d’autres grands cinéastes éduqués à la télévision (John Frankheimer, par exemple), Sidney Lumet a pourtant dès le départ tout compris des enjeux de la narration cinématographique, utilisant le gros plan comme un facteur de tension, et le huis-clos comme un révélateur des pulsions de chaque homme. Tourné en à peine 20 jours, à l’économie, l’histoire de ces douze jurés confrontés à une affaire qui se révèle plus complexe qu’on ne la présente, reste étonnamment moderne dans son message humaniste, même 50 ans plus tard. Le duel Henry Fonda – George C.Scott, qu’on jurerait manichéen, échappe encore et toujours à toute simplification idéologique, pour toucher au plus juste, au plus indicible : les notions de doute, de confiance, de justice. Celles qui constituent le ciment de toute société. Des années plus tard, William Friedkin lui-même se cassera les dents en voulant « moderniser » un film pourtant déjà parfait.
LE PRETEUR SUR GAGES - TRES TRES CLASSE
Comment parler de l’horreur de l’Holocauste au travers du film de genre ? Avec l’histoire d’un prêteur sur gages new yorkais juif ayant survécu aux camps de concentration, mais si marqué, qu’il sombre dans un nihilisme absolu. Idée géniale de Lumet, filmer les bas-fonds de New-York pour explorer ceux de l’humanité. Et surtout éviter de sombrer dans les bons sentiments ou la compassion avec une réalisation des plus modernes pour les 60’s : noir & blanc sec, regard sur les mouvements sociaux du moment, jazz à fond les ballons et même quelques scènes de nu. Longtemps resté inédit en France, Le prêteur sur gages continue à estomaquer par sa virulence et ses audaces. L’extraordinaire composition de Rod Steiger en homme brisé n’étant pas la moindre des qualités de ce film dérangeant.
POINT LIMITE - TRES, TRES CLASSE
Sorti la même année que Dr Folamour, Point Limite peut être considéré comme son cousin dépressif. Là où le pamphlet satirique de Kubrick sur la bombe atomique faisait exploser le globe dans un grand éclat de rire (noir, bien sûr), Lumet privilégie un sombre fatalisme, personnalisé par le regard fuyant et désabusé du Président des Etats-Unis (Henry Fonda, une nouvelle fois impeccable). Désormais rompu à l’exercice du long-métrage, le cinéaste n’oublie pas qu’il est au départ un homme de théâtre. Et une fois encore, Point Limite est un huis clos, méticuleusement écrit, terriblement réaliste dans sa description d’une escalade incontrôlable vers le chaos mondial, déclenchée par une simple erreur informatique. Pas une trace d’humour ou de second degré échappatoire ici : on sentirait presque la sueur perler sur le front des technocrates retranchés dans leur bunker anti-atomique, tâchant de stopper l’inévitable. Avec peu d’effets, et un maximum d’efficacité, Lumet signe une nouvelle perle immanquable, meilleure, bien meilleure que son remake télévisé tourné en direct avec George Clooney.
LE GANG ANDERSON - UN PEU CLASSE
Après une série d’adaptations littéraires ayant rencontré peu d’écho, et un documentaire sur Martin Luther King (co-réalisé avec Joseph Manckiewicz), Sidney Lumet débute la fertile décennie 70 avec son premier véritable divertissement grand public, Le gang Anderson, mené par une star qu’il a déjà dirigé par le passé, Sean Connery. Baignant dans un genre ultra-codé (le film de cambriolage), le metteur en scène n’oublie pas pour autant ses thèmes favoris en cours de route. Place de l’individu dans une société corrompue, observation paranoïaque des progrès technologiques (ici, c’est tout l’immeuble convoité par la bande d’Anderson qui est surveillé par caméra)... Lumet débarrasse le genre de sa candeur parfois ambiguë, et fait passer l’opération vol du gang pour ce qu’elle est : un braquage dangereux pouvant mener tout droit à la prison, mené par des rebelles en désaccord avec les règles établies (ce qui nous vaut cette célèbre réplique d’Anderson, s’expliquant sur ses méfaits : « Quelques hommes d’affaire dévalisent une banque, on appelle ça une success story. Couvertures de magazines, la totale. Un autre mec vole le magazine, et c’est lui qu’on arrête ! »). Avec ses décors kitsch et son décorum hi-tech pour l’époque, Le Gang Anderson paraît forcément daté aujourd’hui. La maîtrise du cinéaste permet toutefois de passer un bon moment, surtout lorsqu’on sait que l’immense Christopher Walken faisait ici ses débuts de comédien.
THE OFFENCE - TRES TRES CLASSE
La France aura dû attendre l’année 2007 pour découvrir en salles l’un des meilleurs films de Sidney Lumet, qui plus est interprété par Sean Connery. Echec total à sa sortie (ce qui le priva d’une exploitation normale dans de nombreux pays), ce long-métrage tourné dans la grisaille britannique explore l’inconscient pour le moins dérangé d’un flic resté trop longtemps sous pression, et qui grille littéralement un fusible lors d’une enquête sur un serial-killer de petite filles. Ce flic au regard fou et dont la bestialité ne demande qu’à s’exprimer, c’est bien Connery qui l’interprète, avec une intensité qu’on ne reverra que rarement à l’écran. Toujours prompt à expérimenter, Lumet débute cette plongée dans les ténèbres comme une séance d’hypnose, avec une bande-son sifflante, une séquence tournée en ralenti (en fait un flash forward de l’intrigue à venir), et quelques effets stroboscopiques. Une immersion étrange, entrée en matière sous LSD pour une enquête au départ classique, mais qui se transforme peu à peu en étude clinique d’un individu broyé par le mal. Hystérique avec sa femme, puis brutal avec un suspect dont il est certain de la culpabilité, le détective Johnson dérape, et d’interrogateur, devient l’interrogé. Ce schéma narratif en trois temps, composé de longues séquences entrecoupées de courtes scènes dérangeantes où Johnson s’imagine reproduisant les actes du tueur, est bien sûr hérité du théâtre, et de fait, The Offence est l’adaptation d’une pièce de John Hopkins (également scénariste d’un James Bond, Opération tonnerre). Plus noir que noir, le film est un choc esthétique et moral au moins aussi pertinent que L’étrangleur de Boston, où la folie contamine insidieusement tous les rouages de la société.
LE CRIME DE L’ORIENT-EXPRESS - CLASSE
Unanimement considéré étant comme la meilleure adaptation d’un roman d’Agatha Christie (avec Mort sur le Nil), Le crime de l’Orient-Express est également un merveilleux exemple, quoique presque anachronique vu que l’époque était au film catastrophe, de ce que Hollywood peut produire lorsqu’il réunit pour les besoins d’un film les plus grands talents de l’industrie. Sidney Lumet est bien sûr comme un poisson dans l’eau pour reproduire à l’écran ce classique du « Cluedo » en huis-clos, où Hercule Poirot déballe le grand jeu. Mais c’est surtout le all-star cast absolument incroyable qui fait le prix de ce divertissement de luxe. Autour d’un excellent Albert Finney (pas aussi bonhomme que Peter Ustinov dans le rôle de Poirot, mais mémorable tout de même), des légendes du 7e art se croisent au détour d’un wagon : Lauren Bacall, Richard Widmark, Ingrid Bergman, Anthony Perkins, John Guielgud, Sean Connery... Casting international et stellaire où l’on croise même Jacqueline Bisset et Jean-Pierre Cassel ! Friandise ludique garnie de dialogues savoureux (spécialité british de la romancière) bardés de sous-entendus lubriques, Le crime de l’Orient-Express est à redécouvrir au coin du feu, un brandy à la main. Pour le plaisir !
SERPICO - TRES TRES CLASSE
Premier des deux chefs d’oeuvre de Lumet tournés avec Pacino, Serpico doit autant à l’aura du personnage réel dont il s’inspire, qu’à la mise en scène classieuse et inspirée du cinéaste, qui filme une fois encore une ville de New York à nulle autre pareille. En prise avec la réalité la plus sordide, éminemment romanesque malgré les décors tristement banals dans lesquels il prend place, Serpico est avant tout l’oeuvre la plus représentative des convictions profondes de Lumet, en proie à un questionnement profond sur l’équité et la justice, un vétéran passé par les horreurs de la guerre et la bêtise sectaire de la société. Presque prisonnier de la performance de son acteur principal, Lumet continuera ensuite à creuser ce sillon de la corruption ordinaire au fil de sa carrière, notamment avec Le prince de New York et Contre-enquête. Mais il trouve malgré tout ici son héros idéal en la personne de Frank Serpico, figure emblématique de l’incorruptible seul contre tous, définitivement entré dans le langage commun. Serpico, flic aux allures de hippie qui perdra tout, femme, santé, métier, dans sa quête éperdue d’honnêteté. Un destin d’autant plus poignant que jamais auparavant le cinéma n’avait construit avec autant de patience et d’intimité un portrait de flic « normal ». Plus que tout autre personnage du cinéma américain des seventies, Serpico est le reflet d’une époque pas si lointaine, et en tout cas loin d’être révolue. La preuve, la télévision s’est empressée de piller le film à longueur de séries, d’abord en offrant un show dérivé au personnage, puis avec Hill Street Blues (Mick Belker est quasiment un décalque parodique de Serpico), jusqu’à à The Shield. Un héritage au long cours, assurément.
UN APRES-MIDI DE CHIEN - LA CLASSE 70s
Régulièrement cité dans les classements des plus grands films américains, Un après-midi de chien, s’il est un peu daté par certains aspects (le tabou de la transsexualité par exemple n’en est plus vraiment un), reste toujours ce film choc époustouflant, qui décortique mécaniquement l’emballage médiatique autour de la violence, et l’exploitation systématique du malheur des petites gens. Drôlatique, dramatique, iconoclaste, décalé, de multiples adjectifs viennent à l’esprit lorsqu’on (re)voit les infortunés Sonny et Sal s’embarquer dans un cambriolage tragiquement raté. Lumet parvient magistralement à mêler la destinée d’un marginal flamboyant et l’observation d’une hystérie collective et typiquement américaine. Celle qui consiste à prendre les armes contre tous ceux qui sortent du rang, perpétuant une tradition de « violence républicaine », qu’Al Pacino synthétise dans cette réplique fameuse : « Attica ! Attica ! Rappelez-vous Attica ! ». On passe ainsi du rire aux larmes et inversement, sans que jamais la tension ne retombe, jusqu’à un final passé à la postérité, où comme souvent chez le réalisateur, l’espoir des personnages de pouvoir changer de vie est réduit brutalement à néant. Culte, cela va sans dire.
NETWORK - TRES, MAIS ALORS TRES CLASSE
Les critiques sont tombés d’admiration devant « l’audace » des scripts d’Andrew Niccol (à savoir The Truman Show et S1mone), louant le caractère visionnaire des histoires inventées par l’auteur. Puis ce sont Studio 60 et Dirt, à la télévision, qui ont été applaudis comme des show incroyablement décapants, sur l’envers du monde de la télévision et de la presse trash. Aussi sympathiques soient-ils, ces titres paraissent toutefois inoffensifs une fois que l’on a vu Network. Le brûlot incandescent imaginé par Paddy Chayefsky (récompensé par l’Oscar pour l’occasion), a allumé une mèche qui n’est pas près de s’éteindre. Car, aussi seventies qu’il soit, Network nous parle d’un monde bien réel, et très moderne, celui du tout-médiatique, de la sur-consommation d’informations, et de la réalité érigée en sacro-saint divertissement. La télévision est un miroir déformant de notre aliénation, pas étonnant alors de voir que ses coulisses deviennent un monde de fous. C’est d’ailleurs sur un coup de folie que s’ouvre le film, celui du présentateur Howard Beale, qui annonce en direct que suite à son licenciement, il compte se suicider lors de sa prochaine émission. La suite, vous la devinez : dans un élan de cynisme glaçant, il est décidé de maintenir Beale à l’antenne, et d’en faire un « personnage » vendeur. Grandiloquent, car écoeuré par l’apathie de ses concitoyens, Beale (Peter Finch, oscarisé à titre posthume) passionne les foules, et entraîne toute une industrie dans son sillage apocalyptique. Derrière la caméra, Lumet multiplie les éclairages oniriques et surréalistes, baignant tantôt ses personnages dans les ténèbres d’une salle de conférence, ou le rouge déviant d’un salon de building. Le final, tout en démesure stylistique et en nihilisme ravageur, contribua à faire rentrer Network dans la légende, et au panthéon des chefs d’oeuvre de Lumet.
EQUUS - TRES CLASSE
Pourquoi un ado anglais a-t-il sauvagement énucléé six chevaux ? Un psychiatre mène l’enquête. A sa sortie, Equus laisse perplexe la presse et le public, déstabilisés par la solennité du film, notamment dans les scènes de monologues ou Richard Burton (le psy) se laisse peu à peu perdre les pédales face à ses propres démons intérieurs. Mais aussi par la théâtralité de son dispositif, probablement influencée par l’écriture d’Anthony Shaffer, le dramaturge auteur de la pièce ici adaptée. Equus n’en est pas moins un époustouflant duel psychanalytique où l’Oedipe incriminé n’est pas forcément celui que l’on croit. La pièce de Shaffer a refait récemment parler d’elle par son retour sur la scène anglaise, avec Daniel Radcliffe en vedette. Dommage que le puissant film de Lumet, très inhabituel dans sa filmographie, n’ait pas profité de cette résurrection.
LE PRINCE DE NEW YORK - LA CLASSE ULTIME
Ambitieuse fresque juridico-policière, Le prince de New-York, moins connu que son cousin Serpico, n’en constitue pas moins une fameuse variation. Sur près de trois heures d’un récit fourmillant de personnages et de sous-intrigues (Lumet a tourné dans près de 130 lieux différents !), le réalisateur raconte la descente aux enfers d’un ripou se découvrant une conscience, et payant le prix de sa « trahison ». Malgré la complexité d’une histoire parfois difficile à suivre, tout tourne autour de ce Danny Ciello (Treat Williams, dans le rôle de sa vie), flic en perdition, qui jouissait du pouvoir que lui octroyait son badge, avant d’ouvrir les yeux sur les conséquences de ces actes. « Comment des types commes nous peuvent-ils recevoir des sacrements ? », se demande-t-il. La géniale ambiguïté du personnage résidant dans le fait que celui-ci adore son job, lui sacrifiant sa vie privée et son éthique. Sobrement, évitant de susciter l’empathie pour son héros pas si héroïque, Lumet accumule les preuves à charge, renforçant à chaque scène la crédibilité de ce qu’il dénonce (le film est d’ailleurs adapté du volumineux roman d’un véritable flic, Bob Daley). Malgré la longueur de l’oeuvre, la tension ne faiblit pas. Un battement de coeur angoissant ouvre d’ailleurs le bal des ripoux, tandis que Ciello tente sans y parvenir de trouver le sommeil. « Tout va bien », pense-t-il. Au contraire. Tout n’a déjà jamais été si mal. Et ni avant, ni après, Lumet n’a été si loin dans son exploration des vices de la Grande Pomme.
LE VERDICT - CLASSE
Pour son grand retour dans les prétoires des tribunaux, après le coup d’éclat des Douze hommes en colère, Lumet choisit de s’intéresser à la rédemption d’un avocat alcoolique et dépressif, incarné par Paul Newman, catapulté sur une affaire d’erreur médicale et qui décide de refuser l’arrangement prévu pour passer devant la cour, à la surprise générale. Véhicule idéal pour la star au regard d’acier, Le Verdict comporte pourtant de nombreux grands numéros d’acteur, à commencer par celui de James Mason dans le costume de l’avocat de la défense. Ecrit avec un sens certain du crescendo dramatique par David Mamet, Le Verdict, qui est autant l’histoire du retour à la vie d’une âme perdue, que le film de procès à suspense que l’on imagine, gagne à être redécouvert, car c’est également à cette occasion que Sidney Lumet prouve à quel point il peut transcender, par ses cadrages et ses choix de montage rigoureux, de simples scènes de dialogue.
PIEGE MORTEL - MOYENNEMENT CLASSE
Puzzle mental divertissant et interprété par un duo d’acteurs inattendu (Michael Caine et Christopher Reeve), Piège mortel souffre par contre de la comparaison avec le chef d’oeuvre absolu de Joseph Manckiewicz, Le limier (la présence dans les deux titres de l’acteur anglais n’y étant pas étrangère). Même jeu d’influence entre deux égocentriques pervers, même suspense quant à l’efficacité de leurs manipulations, même bataille pour un enjeu unique (une femme dans Le Limier, une pièce géniale dans Piège mortel), et même tendance à imaginer le crime parfait... Le contexte littéraire du film permet toutefois une mise en abyme originale, puisque la pièce imaginée par le personnage de Reeve par étrangement ressembler au scénario du film. Inhabituellement statique pour une oeuvre de Lumet, ce qui trahit quelque peu l’origine théâtrale du script, desservi de plus par une fin peu concluante, Piège mortel reste comme une déception, toutefois relative, dans la carrière du maître.
THE WIZ - PAS CLASSE
En 1978, John Badham a Hollywood à ses pieds depuis le triomphe mondial de La fièvre du samedi soir. Le moindre projet de comédie musicale passe par lui, notamment cette adaptation d’un spectacle de Broadway revisitant Le magicien d’Oz avec des vedettes noires. Badham ne sait pas que les Stars ont plus de pouvoir que les réalisateurs, et se fait virer du projet quand il conteste le choix de Diana Ross, qu’il trouve peu crédible pour jouer la gamine Dorothy. Lumet est appelé en remplacement pour livrer un des films les plus incongrus de sa carrière, pas forcément désagréable à voir, mais des plus encombrants par le kitch de son concept, ou ses fausses bonnes idées (Diana Ross donc mais aussi Michael Jackson en épouvantail, Richard Pryor en Wizard). Le résultat ayant souffert d’un tournage chaotique entre incidents techniques à répétition n’ayant pu être repris faute de temps ou le parasitage de Joël Schumacher, à l’époque scénariste officiel des films blacks disco, qui aurait bien voulu prendre la main. Au final, The wiz est souvent répertorié dans les listes des plus grands films cultes de tous les temps. Mais surtout parce qu’il y a un imposant plaisir coupable a regarder ce nanar dont il n’y a que la B.O à sauver.
LES COULISSES DU POUVOIR - TRES CLASSE
Comment construit-on un homme d’état ? Dans les années 80, les spin doctors étaient encore dans l’ombre. Trente ans plus tard, on les appelle désormais consultant en communication politique, et ils sont plus dans la lumière sans pour autant que la transparence soit vraiment faite sur leur action. Les coulisses du pouvoir, récit d’une « opération » d’un de ces consultants sonne encore plus juste aujourd’hui que lors de sa sortie, les nouveaux « hommes du président » étant désormais avant tout d’insoupçonnées puissance médiatique. Que Lumet aie engagé Richard Gere, pour jouer un de ces manipulateurs professionnels (un American Gigolo marionnettiste du pouvoir ?) n’en est que plus ironique, avec Des hommes d’influences, le tout autant méconnu film de Barry Levinson sur le sujet, ce film de Lumet est sans conteste parmi les meilleurs films politiques américains des années 80-90 : drôles pour éviter de pleurer sur le sale état de la démocratie.
A BOUT DE COURSE - VRAIMENT CLASSE
Sans têtes d’affiches, avec son sujet difficilement identifiable à première vue, A bout de course avait tout pour passer inaperçu. Et pourtant, aucune chance d’être déçu par cette chronique désenchantée et passionnante d’une famille déchirée par son passé. Les parents, d’anciens activistes pacifistes, sont en fuite avec leurs enfants depuis qu’ils ont fait exploser un labo (pour protester contre la guerre au Vietnam) et tué accidentellement un employé. L’aîné, Danny, veut toutefois quitter cette vie de fugitifs après avoir rencontré Lorna. Ce dilemme cornélien (démarrer une nouvelle vie ou rester avec les siens ?), malgré le contexte spécifique du film, a quelque chose d’universel. Le fait que Danny soit en pleine adolescence rajoute une certaine innocence au film, qui n’a rien d’une bluette mièvre, tant les rapports amour-haine entre enfants et parents restent au coeur de l’intrigue. Dans l’un de ses premiers rôles principaux, le regretté River Phoenix confirmait là son exceptionnelle maturité de jeu, entrevue dans Stand by me et Mosquito Coast. Le choix que son personnage assume finalement dans les dernières minutes du film devrait provoquer les crises de larme de plus d’un spectateur. Parole de cinéphile blasé.
FAMILY BUSINESS - PAS TRES CLASSE MAIS UN PEU QUAND MEME
A la base, Family Business consiste surtout en une brillante idée de casting : rassembler deux légendes du cinéma moderne américain, Sean Connery et Dustin Hoffman, avec une étoile montante en guise d’arbitre (Matthew « Ferris Bueller forever » Broderick). Las, cette caper comedy moyennement divertissante ne rencontra pas le succès escompté à l’époque de sa sortie. Même si les rebondissements s’enchaînent et que l’alchimie entre les trois acteurs semble bien réelle, il manque en effet un grain de folie à ce film de commande exécuté sans trop de zèle par Sidney Lumet. A noter qu’il s’agit à ce jour de la cinquième et dernière collaboration entre le cinéaste et sir Connery.
CONTRE-ENQUETE - MOYENNEMENT CLASSE
Troisième opus d’une trilogie non-officielle sur la corruption policière, Contre-enquête reste bien moins considéré que Serpico et Le prince de New-York. La faute à son acteur principal, Timothy Hutton, sympathique mais pas vraiment taillé pour s’imposer dans cette chronique rude et sans compromis du crime ordinaire. Pour sa défense, le comédien joue ici un assistant du procureur ambitieux chargé d’enquêter sur un flic teigneux et sanguin, Brennan. Volontairement ou non, le scénario met en retrait ce héros inquisiteur, en le cantonnant à un rôle d’observateur encore moins bien informé que le spectateur. Du coup, l’habituelle intrigue romantique devient vite inintéressante, tout comme le suspense lié aux activités du boss mafieux Bobby Tex (royal Armand Assante). Non, ce que Contre-enquête laisse comme souvenir, c’est de voir un Nick Nolte moustachu et enveloppé grogner sur tout ce qui bouge, dans un rôle de ripou grande gueule, et le doigt toujours sur la détente. Impressionnant de rage (à peine) contenue, l’acteur fait ici un grand numéro qui sauve le film de la redite inutile.
UNE ETRANGERE PARMI NOUS PAS TRES CLASSE
Etrange polar que cette Etrangère parmi nous, qui emmène le spectateur à la découverte de la communauté hassidique de New York, façon Witness. Ces religieux aux rites et traditions inconnus du grand public cachent un tueur, que Mélanie Griffith tente d’arrêter. Passe encore qu’on nous fasse croire que la blonde actrice joue une inspectrice chargée d’infiltrer la secte (déjà peu crédible dans le rôle d’un flic, alors en juive rigoriste...). Mais qu’on tente de transformer l’enquête en love-story entre l’inspecteur Eden et le pieux Ariel, qui entre en conflit avec les siens, quand même pas ! Visiblement tiraillé entre plusieurs options scénaristiques (polar ou romance ? action ou traditions ?), malgré un postulat de départ intéressant, le film n’en ressort pas grandi et tombe dans la normalité excessive des polars hollywoodiens, sitôt vus, sitôt oubliés.
L’AVOCAT DU DIABLE PAS CLASSE
Symbole d’un gros changement d’époque, le retour de Sidney Lumet dans le genre « film judiciaire à suspense » s’effectue via un Hollywood night des familles, starring la glacée Rebecca de Mornay et ses yeux de bille, face au ténébreux Don Johnson, jamais très doué quand il s’agit de jouer les méchants ambigus. Soit deux acteurs presque has-been à l’époque, pour une série B téléphonée et faussement sulfureuse. L’avocat du diable peut se réjouir d’avoir un réalisateur de grande classe derrière la caméra. Car, en dehors de ça, rien ne sauve ce mollasson suspense de l’ennui.
DANS L’OMBRE DE MANHATTAN - MOYENNEMENT CLASSE
Des procureurs, des flics corrompus, New York... Vous commencez à connaître la chanson ? Vous avez de la chance, alors, car Sidney Lumet aussi. L’homme connaît la chanson, et si certains ont pu soupiré en lisant le pitch de Dans l’ombre de Manhattan (« quoi, encore une histoire de corruption ? »), le résultat prouve qu’il ne laisse malgré tout rien au hasard. Basé une nouvelle fois sur un roman de Bob Daley (Le prince de New-York), le film tire sa richesse du conflit familial qui oppose un jeune procureur (Andy Garcia, impeccablement torturé) à son flic de père (Ian Holm), qui cache quelques cadavres dans le placard. Des cadavres que le jeunot s’apprêtait à déterrer, avant que son père ne se fasse tirer dessus... Classique, forcément, tout comme la love affair avec Lena Olin, ou la plaidoirie enlevée de Richard Dreyfuss. On pourrait bailler d’ennui (le film manque d’ailleurs sacrément de rythme), mais pourtant cette intrigue balisée se laisse suivre sans déplaisir, offrant même au détour d’un dialogue une réplique mémorable : « Si tu veux garder les mains propres, deviens plutôt curé ». Une sentence qui pourrait être lancée à tous les personnages du cinéma de Lumet, en somme.
JUGEZ-MOI COUPABLE - MOYENNEMENT CLASSE
Dans la lignée de la série Tribunal Central (deux saisons) qu’il contribua à créer, Sidney Lumet, désormais octogénaire, démontre qu’il n’a pas encore étanché sa soif de cinéma, et retourne à un genre qu’il maîtrise plus que quiconque, le film de procès. Dans une veine plus légère cette fois, puisqu’il s’agit d’une comédie mafieuse douce-amère, dont la vedette est un méconnaissable Vin Diesel. Le colosse à la voix rauque démontre son talent pour la comédie et l’outrance « sopranienne » dans le rôle de Jackie Giacomo, un véritable truand qui a assuré lui-même sa défense dans un énorme procès visant à détruire l’une des grandes familles mafieuses de New York. Perruque poivre et sel, le bon mot toujours au coin des lèvres, Vin Diesel est la principale attraction d’un film essentiellement basé sur des discours de prétoire. Un principe casse-gueule, que Lumet consolide avec un métier certain. On peut trouver le film drôle mais aussi désabusé, puisque comme Serpico et Danny Ciello, l’attitude de Jackie face à ses semblables (qu’il défend et ridiculise en même temps) l’isole chaque jour un peu plus, et au final, n’améliore pas sa propre situation puisqu’il reste prisonnier.
7h58 CE SAMEDI-LA - CLASSE
Pas encore détenteur du record de longévité derrière la caméra (Manuel de Oliviera est encore loin devant), Sidney Lumet est pourtant en pleine possession de ses moyens. Si Jugez-moi coupable reste un film mineur, 7h58 ce samedi-là (on lui préférera le titre original tiré d’un proverbe irlandais, Before the devil knows you’re dead) porte la marque des grands drames qui ont jalonné sa carrière. Véritable tragédie funèbre, imaginée par une scénariste débutante, Kelly Masterson, ce récit d’un cambriolage particulièrement sordide prend aux tripes, grâce une nouvelle fois à des acteurs merveilleusement mis en valeur, et une partition envoûtante de Carter Burwell (compositeur attitré des frères Coen, et donc d’un cousin germain de 7h58..., Fargo). Sous les oripeaux du film de genre, que les cadrages secs et impitoyables du cinéaste démythifient un à un, se dévoile une chronique familiale particulièrement tordue. Une fratrie au bord de l’implosion, pour laquelle un braquage raté sert de détonateur. Sidney Lumet ne se décrit pas comme étant « particulièrement pessimiste quant à la nature humaine, mais... ». Mais tout de même : difficile de tourner la page sur 7h58... sans avoir un goût amer dans la bouche. Sacrée leçon de cinéma.
Dossier réalisé par Nicolas Lemâle
et Alex Masson.
Film par Réalisateur
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Un film de
Sidney LumetAvec
Anne Bancroft,
Ron Silver,
Carrie Fisher,
Steven Hill,
Catherine Hicks,
Howard Da Silva,
Dorothy Loudon,
Harvey Fierstein,
Hermione Gingold,
Richard B. Shull,
Michael Lombard,
Ed Crowley,
Alice Spivak,
Tony DiBenedetto,
Mary McDonnell,
Liz Smith -
Un film de
Sidney LumetAvec
Nick Nolte,
Timothy Hutton,
Armand Assante,
Patrick O’Neal,
Lee Richardson,
Charles S. Dutton,
Luis Guzman,
Jenny Lumet,
Paul Calderon,
Leonardo Cimino,
John Capodice,
G.W. Bailey,
International Chrysis,
Dominic Chianese,
Fyvush Finkel -
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Un film de
Sidney Lumet Avec
Sean Connery,
Matthew Broderick,
Dustin Hoffman,
Rosanna DeSoto,
Janet Carroll,
Victoria Jackson,
Bill McCutcheon,
Deborah Rush,
Marilyn Cooper,
James Tolkan,
Tony DiBenedetto,
John Capodice,
Luis Guzman,
B.D. Wong,
Alberto Vazquez,
Danny Aiello III -
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Un film de
Sidney Lumet Avec
Sean Connery,
Harry Andrews,
Ian Bannen,
Alfred Lynch,
Ossie Davis,
Roy Kinnear,
Jack Watson,
Ian Hendry,
Michael Redgrave,
Norman Bird,
Neil McCarthy,
Howard Goorney,
Tony Caunter -
Un film de
Sidney LumetAvec
James Mason,
Vanessa Redgrave,
Simone Signoret,
Harry Andrews,
David Warner,
Denholm Elliott,
Eileen Herlie,
Alfred Lynch,
Kathleen Widdoes,
Ronald Radd,
Karen Miller,
Frej Lindqvist -
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Un film de
Sidney Lumet Avec
Sean Connery,
Dyan Cannon,
Martin Balsam,
Ralph Meeker,
Alan King,
Val Avery,
Christopher Walken,
Paul Benjamin,
Richard B. Shull,
Max Showalter,
Tom Signorelli,
Scott Jacoby,
Dick Williams,
Garrett Morris,
Stan Gottlieb -
Un film de
Sidney LumetAvec
Candice Bergen,
Joan Hackett,
Elizabeth Hartman,
Shirley Knight,
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Jessica Walter,
James Broderick,
Larry Hagman,
Hal Holbrook,
Richard Mulligan,
Peter Boyle,
Mary-Robin Redd,
Kathleen Widdoes,
James Congdon -
Un film de
Sidney LumetAvec
Jane Fonda,
Jeff Bridges,
Raul Julia,
Diane Salinger,
Michael Prince,
Bob Minor,
Frances Bergen,
Don Hood,
Kathleen Wilhoite,
Geoffrey Scott,
José Angel Santana,
Bruce Vilanch,
Michael Flanagan,
James Haake,
Richard Foronjy,
Fran Bennett,
Rick Rossovich,
Kathy Bates -
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Un film de
Sidney LumetAvec
Rod Steiger,
Geraldine Fitzgerald,
Jaime Sanchez,
Brock Peters,
Thelma Oliver,
Juano Hernandez,
Baruch Lumet,
Marketa Kimbrell,
Linda Geiser,
Nancy Pollock,
Raymond St. Jacques,
Morgan Freeman,
John McCurry,
Ed Morehouse -
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Un film de
Sidney LumetAvec
Richard Gere,
Julie Christie,
Gene Hackman,
Denzel Washington,
Kate Capshaw,
E.G. Marshall,
Beatrice Straight,
Fritz Weaver,
Michael Learned,
J.T. Walsh,
Matt Salinger,
D.B. Sweeney,
Katherine Kerr,
Polly Rowles,
Tom Mardirosian -
Un film de
Sidney LumetAvec
Henry Fonda,
Susan Strasberg,
Joan Greenwood,
Herbert Marshall,
Christopher Plummer,
Daniel Ocko,
Pat Harrington jr,
Frank Campanella,
John Fiedler,
Patricia Englund,
Jack Weston,
Sally Gracie,
Nina Hansen,
Harold Grau -
-
Un film de
Sidney LumetAvec
Faye Dunaway,
William Holden,
Robert Duvall,
Peter Finch,
Wesley Addy,
Ned Beatty,
Conchata Ferrell,
Darryl Hickman,
Lane Smith,
Lance Henriksen,
Ed Crowley,
John Carpenter,
Jerome Dempsey,
Kathy Cronkite,
Mitchell Jason,
Beatrice Straight -
Un film de
Sidney LumetAvec
Sean Connery,
Trevor Howard,
Vivien Merchant,
Ian Bannen,
Peter Bowles,
Derek Newark,
Ronald Radd,
John Hallam,
Richard Moore,
Anthony Sagar,
Maxine Gordon,
Hilda Fenemore,
Rhoda Lewis,
Cynthia Lund,
Howard Goorney -
Un film de
Sidney LumetAvec
Michael Caine,
Christopher Reeve,
Dyan Cannon,
Henry Jones,
Irene Worth,
Joe Silver,
Tony DiBenedetto,
Al LeBreton,
Francis Creamer Jr,
Stewart Klein,
Jeffrey Lyons,
Joel Siegel,
Jenny Lumet,
Jayne Heller,
George Peck,
Perry Rosen -
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Un film de
Sidney LumetAvec
Al Pacino,
John Cazale,
Penelope Allen,
James Broderick,
Sully Boyar,
Carol Kane,
Marcia Jean Kurtz,
Charles Durning,
Chris Sarandon,
Lance Henriksen,
Amy Levitt -
Un film de
Sidney Lumet Avec
Sophia Loren,
Tab Hunter,
Jack Warden,
Barbara Nichols,
Keenan Wynn,
George Sanders,
Henry Morgan,
Johnny Seven,
Peter Deyell,
Stephen Bolster,
Beatrice ArthurUNE ETOILE EST NEE -
Un film de
Sidney Lumet Avec
Melanie Griffith,
John Pankow,
Tracy Pollan,
Lee Richardson,
Mia Sara,
Jamey Sheridan,
Eric Thal,
David Margulies,
Burtt Harris,
James Gandolfini,
Jake Weber,
Chris Latta,
David Rosenbaum,
Ruth Vool,
Maurice Schell -
Un film de
Sidney LumetAvec
Paul Newman,
Charlotte Rampling,
Jack Warden,
James Mason,
Milo O’Shea,
Lindsay Crouse,
Ed Binns,
Julie Bovasso,
Roxanne Hart,
James Handy,
Wesley Addy,
Joe Seneca,
Bruce Willis,
Lewis Stadlen,
Kent Broadhurst,
Colin Stinton,
Burtt Harris -
-
Un film de
Sidney LumetAvec
Michael Jackson,
Diana Ross,
Mabel King,
Thelma Carpenter,
Ted Ross,
Nipsey Russell,
Theresa Merritt,
Lena Horne,
Richard Pryor,
Stanley Greene,
Clyde Barrett,
Robin Givens,
Quincy Jones,
Tony Brealord,
Joe Lynn,
Clinton Jackson,
Charles Rodriguez