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LOL (LAUGHING OUT LOUD)
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VOLT, STAR MALGRE LUI
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3

L'ETRANGE HISTOIRE DE BE
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4

CE QUE PENSENT LES HOMME
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5

LE SEMINAIRE
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6

TWILIGHT - CHAPITRE 1 :
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7

SLUMDOG MILLIONAIRE
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8

MEILLEURES ENNEMIES
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9

RICKY
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10

LA LEGENDE DE DESPEREAUX
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Une image demeure, marquante et symbolique: celle de Denzel Washington recevant son oscar pour Training day en 2002. Dans l'assistance il salue Sidney Poitier, seul afro-américain avant lui à avoir décroché la statuette comme meilleur

Le grand monsieur qui imposait son élégance et sa classe naturelle dans bien des films marquants tout au long des années 90 recevait là une juste récompense. Washington est une figure, un acteur qui compte et qui apporte son charisme et son professionnalisme à chacun de ses rôles. Il est de ces très grands qui imposent une personnalité, un ton et une prestance particulières, quel que soit le registre qu'ils abordent. Dans American Gangster de Ridley Scott, il trouve un rôle équilibré, alliant la vivacité et l'intelligence des héros de ses débuts aux personnages plus troubles qu'il a pu aborder ensuite.


Héros

Dès le départ, la présence de Denzel le distingue, l'impose dans des rôles engagés et profonds, presque emblématiques. Ainsi dans Cry Freedom de Richard Attenborough, il incarne un journaliste activiste engagé dans la lutte anti-apartheid en Afrique du sud. Il est Steve Bicko, leader d'un mouvement appelé « black consciensness », par lui on va ressentir les injustices. Denzel Washington a souvent incarné avec force cette conscience, de sa manière sobre, nuancée et puissante. Il ne s'est cependant jamais laissé enfermé dans ce rôle de représentant de sa communauté. Sa légitimité est intacte auprès de Spike Lee autant qu'auprès de Tony Scott, il est un grand acteur qui échappe naturellement aux étiquettes réductrices.

Il collabore d'abord avec le grand Spike Lee dans un film allègre consacré au jazz, Mo' better blues, où il incarne un musicien pris dans ses affaires de coeur. Tout dans ce film est lié au rythme, la mise en scène est étourdissante et il est un spectacle tout simplement rafraîchissant. Denzel dans le registre léger emporte l'adhésion et l'oeuvre profite de ces énergies conjuguées, avec cet aspect du cinéma de Lee qui lorgne vers la comédie musicale, dans un univers pittoresque et qui n'a pas peur de s'aventurer dans l'outrance et l'exagération tout en demeurant juste et humain (ce qui fait toute l'originalité du style de Spike Lee). L'histoire est toute simple, mais l'ambiance est enivrante et on se laisse prendre avec délice dans ce blues endiablé et sans complexes. Denzel Washington est rayonnant d'insouciance. Il attire l'oeil. Mais le tournant de sa carrière arrivera plus tard, en 1992, auprès du même metteur en scène, et s'appellera Malcolm X.


Dans ce qui est l'un des plus beaux films réalisés pendant les années 90 (c'est Martin Scorsese qui le dit), le cinéaste et son acteur principal explosent, s'imposant comme de grandes figures cinématographiques. Rarement on a vu biopic plus complet, plus sensible et plus nuancé sur une figure qui déchaîna pourtant les passions et attira la controverse. L'approche de Spike Lee est totale, son ambition immense: retracer la vie entière de cet homme et de ses convictions des débuts de petites frappe à sa prise de conscience et son éducation en prison (presque son nouveau départ). On assiste à son implication totale dans la Nation of Islam, sa dévotion presque religieuse à son chef spirituel Elijah Mohamed. Puis l'odyssée de Malcolm continue, alors qu'il s'éloigne et finit par couper les ponts avec son maître à penser, pour prendre conscience des limites du dogmatisme en se rapprochant de Martin Luther-King pour faire progresser la cause Afro-américaine dans les Etats Unis ségrégationnistes de ces années-là. Cette distanciation de son organisation puissante, ce rapprochement avec d'autre agitateurs, même non-violents, a scellé sa perte puisqu'il a perdu alors toute protection. Il devient une cible pour la Nation dont il a été exclu et pour les Etats-Unis qui ne le portent pas spécialement dans leur coeur. Spike Lee a le bon goût de raconter son histoire en conservant tout son style de cinéma (alors que bien souvent, raconter une vie impose un style impersonnel et très académique), l'évolution de son personnage, sans s'attarder sur le sensationnel (s'interrogeant surtout sur ce que Malcolm a pu représenter). Son oeuvre est puissante, engagée, essentielle, épique également, car elle ranime une époque avec un grand souffle. Denzel Washington est grandiose, habité, aussi crédible en jeune voyou qu'en taulard brisé, en activiste fervent et éloquent qu'en homme brisé ou sous pression. C'est un personnage qui lui permet d'explorer tous les registres, d'unir des facettes très différentes de son talent d'acteur dans une trajectoire cohérente. Un rôle multiple et unique comme on en a rarement vu, un comédien qui passe par tous les états harmonieusement, maintenant avec force la vérité complexe de son personnage. Il donne véritablement à ressentir l'homme que fut Malcolm X, sans véritablement chercher à l'imiter, mais en servant avec une conviction absolue tout ce qu'il a pu représenter. Un très grand rôle dans un très grand film.

Evitant le piège réducteur de s'ériger en symbole de sa communauté, Denzel Washington refuse d'incarner Martin Luther King pour aller s'embarquer dans le réjouissant et Shakespearien Beaucoup de bruit pour rien de Kenneth Brannagh. Il est le noble Don Pedro, venu avec ses amis badiner avec l'amour au retour de la guerre. On assiste donc à un charmant marivaudage, qui met d'humeur légère. Les saillies que lance Benedict (Kenneth Brannagh) à Béatrice (Emma Thompson) sont mordantes et savoureuses. On s'aime, on se déteste, on se trahit, on s'amuse et tout finit par une grande danse. Denzel impose son port altier, son charisme bienveillant et sa classe naturelle, parfaitement à sa place en cette bonne compagnie. Il est le meneur respecté et superbe de cette petite troupe, un gentilhomme noble et chevaleresque. Cette oeuvre est un petit moment de grâce, une petite parenthèse enchanteresse et ravissante, assez inattendue juste après la gravité et l'importance de Malcolm X.


Philadelphia offrait un rôle délicat au comédien. Il était l'avocat homophobe d'un confrère séropositif que son cabinet avait écarté pour ce motif. Face à la composition bouleversante et spectaculaire de Tom Hanks, à une époque où le HIV était encore mal compris et souvent imaginé comme ne touchant que les homosexuels, Washington est un homme qui surmonte les idées reçues. Alors qu'il était d'abord extrêmement réticent, et aussi peu informé sur le sujet que le citoyen moyen de ce temps-là, il fait le chemin de celui qui s'éveille peu à peu une nouvelle forme de discrimination. Se noue entre les deux hommes une complicité inattendue. Peu à peu, ils partagent le fardeau. Le personnage d'abord indifférent et bourré de préjugés, presque antipathique, s'investit émotionnellement dans la vie de son client courageux qui se bat pour retrouver sa légitimité malgré sa maladie. De ce point de vue, il fait exactement le même chemin que le spectateur et il est celui qui symbolise la catharsis, le fait que ce procès se mue en prise de conscience. Et l'émotion dégagée par les deux acteurs est grande. Même si l'on s'attend à la tragédie, à un final déchirant, leurs personnages sont servis avec tant d'intégrité que l'émotion est réelle, violente, car ils ont gagné une profondeur et une existence.

Dans l'Affaire Pelican d'Alan J.Pakula, Washington aborde le genre délicat de l'enquête complexe, au coeur d'un complot. L'exercice est casse-gueule car dans ce genre d'univers, c'est l'histoire qui est le moteur du film, les personnages n'en sont que des vecteurs. Or, le couple qu'il forme avec Julia Roberts porte le film, le lien entre eux devient aussi important que ce qui se passe. On oublie souvent ce petit quelque chose en plus qu'apportent deux grandes stars. L'enquête est d'une complexité exemplaire et comme le duo d'acteurs bénéficie d'un indéniable capital de sympathie, comme ils s'entendent manifestement très bien, le film profite aussi de leur présence prestigieuse et de leur bel accord, et c'est par leur alchimie que l'enquête nous touche. On accroche à ce scénario adapté d'un roman de John Grisham (à l'intrigue assez complexe à base de complots politiques) grâce à leur charisme.


Avec USS Alabama, Denzel Washington rencontrait un cinéaste dont il allait devenir presque l'égérie, Tony Scott. Ces rencontres sont toujours belles. Car l'acteur va accompagner l'évolution stylistique et revenir régulièrement dans son univers, comme une figure incontournable, une inspiration, une évidence (Dans les très bons Man on Fire et Déjà-vu). De même que Denzel est récurent chez Spike Lee qu'il retrouve régulièrement (pour le sympathique He got game et l'efficace Inside man), on sait qu'il retrouvera toujours Tony Scott, qu'il fait partie de la famille. Que ce soit comme ici en mutiné contre l'affreux Gene Hackman dans un sous-marin, en homme brisé, sauvé par l'amour d'une fillette et mû par un impitoyable désir de vengeance dans l'impressionnant Man on fire (sans doute le plus beau film de Scott avec Revenge) ou dans la peau de ce flic amoureux d'une fille qui s'est fait tuer dans le passé dans Déjà-vu. Peu importe le rôle, on sait qu'il tombera parfaitement pour Denzel avec ce cinéaste qui a l'intelligence de ne pas l'utiliser pour sa « marque », hors de ses repères habituels.


C'est un fait, Denzel impose un ton à un film, une certaine noblesse, une grande puissance qui peut embrasser toute une vie, comme il l'a fait pour Malcolm X, comme dans la peau d'Hurricane Carter incarnant un destin pour dénoncer le racisme et la ségrégation qui régnèrent longtemps aux Etats Unis. Ce sont des rôles qu'il s'approprie facilement, dont il a l'envergure. Pour raconter l'histoire du boxeur accusé de meurtres qu'il n'a pas commis, le choix s'imposait de lui-même. Washington lui prête son humanité, sa sagesse, sa prestance, son épaisseur. Il fait ressentir l'espoir de cet homme à voir lavé son honneur, qui lui donne la force d'écrire son autobiographie, de s'instruire, de s'imposer une discipline pour échapper au désespoir et au renoncement. La trajectoire vers l'instruction comme seul salut est d'ailleurs assez proche de celle de Malcolm X, qui découvre le sens des mots en prison. La mise en scène et de facture classique, la structure est convenue, mais le rôle est beau, presque sur mesure ou à la mesure de son comédien. On prend peu à peu l'habitude de le voir incarner des modèles.

Anti-héros

C'est dans le contre-emploi que l'icône qu'est devenu Denzel estomaque. Parce qu'on l'attend forcément bienveillant, désintéressé, vertueux, chevaleresque et sans failles. Et il se joue de cette idée préconçue au début des années 2000. C'est avec surprise qu'on le redécouvre dans Training day, en flic ripou corrompu jusqu'à l'os. Il prend tellement à contre-pied qu'on y croit immédiatement. Denzel s'aventure hors de sa voie toute tracée et c'est presque spectaculaire, il compose l'une des plus belles pourritures de ces dernières années, à la fois sympathique et totalement amoral (lui à qui on reconnaît d'ordinaire une moralité irréprochable). Là il prend réellement son envergure car on ne l'attendait franchement pas dans ce registre, c'est un peu comme découvrir Henry Fonda l'exemplaire dans le rôle horrible de Frank dans Il était une fois dans l'Ouest. Alonzo Harris ressemble à ceux qu'il est censé traquer, se comporte dans les bas-quartiers comme un gangster plus que comme un flic, il tourmente sa nouvelle recrue m'initie à son quotidien et à ses combines, le met au parfum, le violente, il ne voit plus où est le mal, il se considère comme la référence expérimentée qui doit affranchir le bleu. Il est assez impressionnant.


Cela lui vaut un oscar et un tournant dans sa carrière, lui permettant d'aborder des rôles plus troubles, surtout auprès de Tony Scott. Denzel peut avoir des tourments, des fêlures, et même une certaine cruauté. Il est humain après tout. Il gagne en épaisseur, en rugosité. Man on fire en est le plus brillant exemple. Car le héros Creasy est bourru, au bout du rouleau, pas commode. A l'inverse de l'image sympathique et emblématique que l'on a de Denzel. Il est porté sur la bouteille et désabusé, antipathique au début du film. Evidemment l'amitié qui se noue avec la jeune Dakota Fanning, l'attendrit et le rend humain. Mais après l'enlèvement de celle-ci, on assiste à l'une des plus belles histoires de vengeance de ces dernières années: dure, impitoyable et jusqu'auboutiste. La violence du héros ne connaît pas de pitié, sa réaction est furieuse et froide. A la mise en scène explosive de Tony Scott qui expérimente sans cesse de nouveaux procédés, multiplie les plans pour appuyer la violence sans compromis de son oeuvre, répond ce personnage monolithique, spectaculaire, figé dans sa douleur comme dans un traumatisme. L'intégrité dont les deux hommes font preuve, ce déchaînement de violence qu'ils savent justifier de leurs deux manières complémentaires (la sobriété de jeu de Washington, le style décomplexé et justifié de Tony Scott) font de ce film un moment d'une rare intelligence dans le cinéma d'action contemporain, car il ne cède à aucun cynisme, à aucun second degré, aucune punchline. Il s'assume comme un film violent, cruel, sans aucune concession, une oeuvre absolue comme on n'en avait pas vue depuis longtemps à un tel degré d'intégrité, un parti pris artistique total, ambitieux, sans volonté d'adoucir les angles, de faire quelque entrave que ce soit pour chercher la connivence. Man on Fire est un objet brut comme on n'en fait plus, un coup de poing dans la gueule et un très grand film. Car il tient aussi par le charisme de Denzel Washington, son jeu investi et sobre, parfait contrepoint à l'audace de montage et de cadrage de Scott. L'alliance et la cohérence du propos en deviennent exemplaires. Lorsqu'il n'a pas un comédien de ce charisme pour le soutenir, ça donne pour Tony Scott quelque chose d'intéressant mais de beaucoup plus bordélique et désuni: Domino.


Denzel Washington est un acteur sérieux et investi, parfois même habité par ses rôles (Malcolm X est spectaculaire à ce titre). Au fil de sa carrière, il a évolué vers un registre plus trouble. Dans American gangster, il poursuit dans cette voie, celle de sa maturité, en incarnant un gangster emblématique, un trafiquant de drogue avec un sens aigu des affaires qui a compris avant tout le monde (mais dans sa branche), ce qu'était la mondialisation. On y retrouve son élégance, son activisme discret et constant: un homme noir empiétait sur les plates bandes des mafia traditionnelles, italiennes, qui considérait sa race comme inférieure. Mais il est surtout débarrassé de cette exemplarité, de cette moralité à laquelle il a longtemps été associé. Il a échappé aux stéréotypes projetés sur lui et gagné une liberté absolue dans le choix de ses rôles.


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