CRITIQUE CINE : INTO THE WILD
Tout sur INTO THE WILD - La Critique - Photos - Le 0000-00-00 00:00:00Titre : Bienvenue au Penn Club
Into the Wild
Réalisé par Sean Penn
Avec Emile Hirsch, Marcia Gay Harden, William Hurt, Jena Malone, Vince Vaughn, Hal Holbrook...
Sortie le 9 janvier 2007
Traduit littéralement par En pleine nature, Into the Wild renvoie évidemment par son titre au chef d'oeuvre de Jack London L'appel de la forêt (Call of the Wild en v.o.), mais aussi à une grande tradition de la littérature américaine dont John Steinbeck constituerait le point de ralliement. Le film repose sur les épaules d'un acteur encore peu connu, Emile Hirsch, vu notamment dans The Girl Next Door, Les seigneurs de Dogtown et Alpha Dog. Omniprésent, il porte littéralement le film face à des interprètes souvent beaucoup plus expérimentés que lui, qu'il s'agisse de William Hurt et Marcia Gay Harden (ses “parents”), Catherine Keener ou Vince Vaughn dans un contre-emploi très convaincant. Un pari réussi pour Sean Penn qui choisit de morceler sa narration, quitte à annoncer la couleur d'emblée en montrant que son personnage parviendra au terme de sa quête. Il y a dans cette fuite en avant un masochisme déchirant qui nous submerge d'une émotion incroyable.
Face au matérialisme d'un monde dont il refuse les compromissions, après s'être soumis à ses règles jusqu'au terme de ses études, ce jeune homme ni révolté ni dépressif incarne une alternative qui prend un sens très fort dans une Amérique en léthargie. Il convient de préciser que l'action se situe au début des années 90, c'est-à-dire sous la présidence de George Bush... père et alors que l'Amérique vit le traumatisme consécutif à la première Guerre du Golfe. Or on connaît l'engagement politico-pacifiste de Sean Penn et c'est bel et bien un miroir qu'il tend à ses compatriotes à travers cet itinéraire aussi singulier qu'emblématique. Au fil de ce récit morcelé et des gens que rencontre Chris McCandless, on découvre peu à peu le sens de sa démarche par son acharnement à refuser les attaches, que ce soit l'amour éperdu d'une jeune fille ou la protection d'un père de substitution. Ce film-là est semblable à un fleuve (il dure tout de même près de deux heures et demie) qui charrierait des émotions, sans jamais tricher avec les sentiments.
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