box office

1

L'ETRANGE HISTOIRE DE BE
entrées : 826 315 (1 semaine)




2

LOL (LAUGHING OUT LOUD)
entrées : 738 734 (1 semaine)




3

VOLT, STAR MALGRE LUI
entrées : 727 387 (1 semaine)




4

TWILIGHT - CHAPITRE 1 :
entrées : 2 195 038 (5 semaines)




5

WALKYRIE
entrées : 515 493 (2 semaines)




6

LES NOCES REBELLES
entrées : 872 374 (3 semaines)




7

SLUMDOG MILLIONAIRE
entrées : 772 644 (4 semaines)




8

DE L'AUTRE COTE DU LIT
entrées : 1 616 512 (5 semaines)




9

YES MAN
entrées : 631 799 (3 semaines)




10

ESPION(S)
entrées : 318 167 (2 semaines)

frank miller (27 Janvier 1957 - )

Alors qu'avec Sin City le nom de Frank Miller commence à dire quelque chose aux cinéphiles, retour sur cet artiste de génie qui révolutionna ces vingt dernières années l'univers du comic-book américain.



Frank Miller. Itinéraire d’un "gros bourrin"

La bande dessinée a toujours été considérée comme un art enfantin. Quelque chose de chronique, initiant l’enfant à la lecture par le biais d’images. Sitôt cet apprentissage sommaire, le bambin pourra s’atteler à l’apprentissage du monde et de la culture par de vrais livres et une expérience empirique.
C’est cette mentalité sévissant depuis la création de la bande dessinée qui empêche une réelle évolution du media. Depuis les années soixante, son statut a régressé, par la faute de préjugés envers un art considéré pour adolescents attardés. Will Eisner, Robert Crumb, Alan Moore et Frank Miller vont être les quatre grands auteurs donnant ses lettres de noblesse au neuvième art. Les quatre piliers permettant une démocratisation de la bande dessinée. Si tous expriment ou exposent des opinions politiques dans leurs œuvres avec plus ou moins de subtilité, Frank Miller, lui, fonctionne comme un bulldozer. Qu’importe l’image que l’on aura de lui, l’important est dans l’efficacité du message.



Frank Miller est né le 27 janvier 1957 aux Etats-Unis, en nouvelle Angleterre. En 1978 il publie ses premières planches chez Gold Key, signe quelques histoires de guerre pour DC puis passe chez Marvel. Ses premiers travaux pour la maison des idées le font passer pour un artiste fort sympathique, livrant des travaux très corrects. Il travaille sur des séries comme John Carter , fait le Marvel team up #100, les spectacular Spider Man #27 et 28, et illustre les couvertures de Power Man & Iron First à partir du numéro 66.

"J'adore l'idée de tout ce que l'oeil peut assimiler avec peu d'informations. Ce qui constitue selon moi la science de la bande dessinée. On ne voit qu'une image parmi mille potentielles en lisant une bd."



1979 marque la première grande étape du parcours de Frank Miller. Joe Duffy, éditeur chez Marvel, le charge de prendre la succession sur un de leurs personnages : Daredevil, jadis popularisé par Gene Colan dont les ventes sont en chute libre. Le scénario reste sous l’égide de Roger Mac Kenzie, Miller se contenterait d’illustrer. Quasi immédiatement ils redynamisent le trompe la mort, et l’éditeur offre au jeune dessinateur les pleins pouvoirs. C’est sur le numéro #168 qu’il introduit Elektra, invente l’organisation de la Hand, réactualise King Pin et donne à Bullseye une réelle envergure. Ses planches sont extrêmement découpées et se dégagent du cadre habituel des six cases par planche pour un style qu’on pourrait rapprocher du manga. Pendant trois ans Miller offre à la Marvel des ventes record, s’octroie une réputation solide et sauve littéralement les aventures de Matt Murdock du néant auquel elles étaient destinées. S’en suivront des projets magistraux comme: Born Again, Elektra Assassin, Elektra lives Again, The Man Without Fear…



En 1982, Miller abandonne le héros de hell’s kitchen, pour s’atteler avec Chris Claremont aux aventures de Wolverine, dans lequel notre homme y exprime clairement son amour pour le Japon. Le mutant y est supposé avoir vécu sa première histoire d’amour. A peine un an plus tard, Frank Miller découvre Kozure Ôkami par le biais de son adaptation cinématographique, Baby Cart. Les mangas qu’il se procure aussitôt vont avoir une influence considérable sur son travail. Suite à quoi il entreprend de créer sa propre mini série : Ronin. Dc lui laisse carte blanche, il dessine et scénarise six fascicules. Ronin raconte l’histoire d’un samouraï déshonoré du XIIIème siècle au XXIème siècle à New York. A la manière de Tetsuo de Tsukamoto, son corps se reconstitue à partir d’éléments métalliques.



DC a en la personne de Frank Miller une confiance absolue, et lui permet de s’attaquer à une icône de la bande dessinée américaine. Batman : Dark Knight Returns va faire l’effet d’une bombe. Nous sommes en 1986 et grâce à la sortie chez le même éditeur des Watchmen, Miller et Moore font basculer le monde de la bande dessinée dans un âge résolument adulte. Aucun retour en arrière n’est possible, le super héros (dans le sens large du terme) devient résolument humain, possédant des vices, des faiblesses, et capable d’erreurs. Leurs défauts psychologiques les mettant au niveau de colosses aux pieds d'argile. Dès lors, le monde entier prend conscience des capacités du medium qu’est la bande dessinée. Art Spiegelman entreprend Maus, Robert Crumb est redécouvert et sort définitivement de son univers underground.



"On savait depuis longtemps que les super héros avaient des ennuis, les ventes étaient mauvaises, cela a créé une atmosphère sympathique où les éditeurs disaient : laissons les fous s'emparer de l'asile car on commence à s'ennuyer."

Dark knight return présente un Bruce Wayne plus que cinquantenaire, ayant un pied dans la tombe et ne supportant pas que le crime perdure après lui. Las, l’homme chauve souris n’a plus qu’un but, tuer les criminels.
Prendre un personnage que deux générations d'Américains ont pris pour modèle et le faire passer pour un idiot va déchaîner les foules. Miller transforme Batman en un réel psychopathe, se mettant à dos une grande partie des biens pensants, qui voient le super héros comme un archétype ayant pour devoir de combattre le mal et rendre le monde meilleur.

Deux ans plus tard son Batman : Year one, réalisé avec le concours de David Mazzucchelli, recomposera totalement le personnage en revenant à ses origines, et revient aux personnages d’Elektra et de Dardevil.

"Mon problème avec Batman ? Pourquoi le monde aurait il besoin de lui ? Le monde est parfait aux éditions DC comics. Si je regarde par la fenêtre, ce n'est pas ce que je vois. C'était irrésistible de créer un super héros anarchique dans l'Amérique de Reagan."



Les sirènes hollywoodiennes ne tardent pas à contacter Miller et lui proposent d’écrire la suite des aventures de Robocop. Passionné par le premier opus, il accepte immédiatement et ce lance dans l'écriture de la firme Orion Pictures. Commence alors un combat homérique entre un auteur de comics ayant le vent en poupe et une maison de production incapable de lui faire pleinement confiance. Il recompose un Robocop si dense et violent que les maisons de production décident de le limoger, aseptisent le scénario de Robocop 2, et le scindent en deux épisodes sans se soucier des ses intentions originales. Les films tournés n'ont finalement qu'une lointaine parenté avec le bdéaste.



Après cette expérience qui lui laissera une sérieuse cicatrice, Frank Miller déclare avoir besoin d’indépendance, puisque Hollywood est peuplé à ses yeux de putes, de maquereaux, d’escrocs, et de flics corrompus et cocus. Cette haine viscérale se transformera en une satire : Sin City. Quand il s’attaque à la première histoire, "The hard goodbye", il change complètement de style, et fait par son dessin un hommage évident à Jim Sterenko. Le graphisme noir et blanc n’offre aucune place à un quelconque contraste.

Toute la difficulté du travail de Miller est d'instaurer un rythme de lecture qui rende. "Il faut trouver la façon de capturer le lecteur de sorte qu'il ne lise pas à toute vitesse. Techniquement on peut lire une bd en un clin d'oeil, mais on apprécie pas une bd en lisant trop vite."

Avec Sin city, il recherche le réalisme émotionnel. Il n'a plus besoin que le personnage puisse voler pour être un héros. Son travail se nourrit des aspects romantiques qu'il trouve dans un réel paroxystique. Les super héros n’ont que trop dominé la bd, surtout aux USA. Conjuguée avec ses précédents travaux, Miller offre une mode au monde de la bd, pleine de corruptions, de vices et de ténèbres.



"Les auteurs de bd sont des hors la loi, c'est notre destin"

Jusqu'en 1998, Miller livrait ses opus de Sin City d'une manière routinière, l'auteur accuse un break. Il se met à conter une histoire qui le travaillait depuis longtemps, oeuvre somme de toute son œuvre : 300. La mini-série reprend en effet l'un des plus célèbres faits d'armes de l'histoire antique : la bataille des Thermopyles, qui eut lieu en 480 avant JC. Malgré tous les handicaps qu'il s'impose (format panoramique, aucun super héros, sombre période de l'Histoire) Miller livre avec 300 ce qui reste aujourd'hui sa meilleur bd.



L'engouement des adaptations de Comics au cinéma remet bien malgré lui Miller au devant de la scène. D'abord avec Daredevil, reprenant principalement le run du maître sur la série. Le film, même médiocre, permet la sortie d'un spin off, mettant en scène sa création ultime : Elektra. Déçu mais n'ayant son mot à dire, il reste en marge de ce pseudo succès, mais gagne en estime.



Le procès moral entre Frank Miller et Hollywood sera oublié à partir du moment où un cinéaste va venir montrer quelques premiers rushes, un certain Robert Rodriguez. L'alchimie prend aussitôt entre les deux hommes, et permet à Miller de se voir offrir sur un plateau une nouvelle plateforme d'expression. L'adaptation littérale de Sin City est immédiatement lancée. Réussite commerciale comme d'estime, d'autres oeuvres intéressent à ce jour les réalisateurs. 300 est en pré-production avec Zack Snyder (Dawn of the dead) aux commandes. Sin city 2 est déjà en tournage.




Frank Miller (à droite) sur le tournage de Sin City


"Je ne suis pas nihiliste, mes histoires sont romantiques, c'est juste un romantisme plutôt sadomasochiste"

Quel futur pour Franck Miller ?
Ses scripts pour Robocop existent enfin grâce à une bd récemment parue en France chez Albin Michel, qui pourrait servir de base à un hypothétique nouveau Robocop au cinéma que Paul Verhoeven pourrait presque plus de vingt ans après le premier à nouveau réaliser. Vertige Graphic annonce la sortie prochaine d'un nouvel opus de Sin City, qui sera marqué par les événements du 11 septembre 2001.
L'homme a réglé ses comptes et s’impose en tant que meilleur ambassadeur du comic book... Le meilleur moment pour tirer sa révérence ? On n'espère pas...


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