
MORSE de tomas alfredson
Quel est votre rapport au fantastique ?
J'ai vu des Dracula quand j'étais enfant. Mais le genre ne m'a jamais intéressé avant. Je suis essentiellement connu pour faire des comédies car j'ai commencé à faire des films il y a maintenant 20 ans. Morse est mon quatrième long-métrage et ceux que j'ai réalisé par le passé étaient plus orientés vers la comédie noire. Ainsi, je suis parti à la découverte d'un nouveau monde. Depuis maintenant 15 ans, je fais partie d'une troupe de comiques et je me suis produit avec eux dans des spectacles. D'ailleurs, quand on y repense, Morse a des éléments de pure comédie. Ils ne sont pas évidents au premier coup d'oeil mais il y a une expression française pour définir cette forme d'humour : (en français) "les extrêmes se touchent". Les éléments étranges, comiques ou macabres sont intimement liés afin de créer des sentiments intenses et parfois amusants comme le cadavre que l'on retrouve dans la glace ou même l'attaque des chats. Tout cela est purement volontaire et assumé.
Comment avez-vous découvert le roman ?
J'ai découvert le roman il y a quatre ans grâce à un ami. Ce qui m'a frappé, c'est l'absence de sentimentalisme dans l'histoire et dans l'écriture. D'habitude, quand les films sont trop sentimentaux, je ne les regarde pas car je ne veux pas que quelqu'un d'autre ressente ce qu'on m'oblige à ressentir. Les films les plus sentimentaux sont ceux qui utilisent des procédés les moins sentimentaux, si vous voyez ce que je veux dire. Je n'aime pas le chantage à l'émotion, je préfère être ému par une forme d'intransigeance qui est aussi synonyme d'intégrité. Et c'est ce qui m'a plu dans le roman. Le portrait de l'adolescent était très juste, très pertinent. Je pense que beaucoup peuvent se retrouver dans ce personnage parce qu'il éprouve des sentiments que l'on a tous partagé. Personnellement, je me suis senti très proche de lui, à tel point que cela a fait remonter à la surface plein de mauvais souvenirs. Au lieu de vous détruire, ils vous donnent une force. Et c'est dans cette force que je trouve mon inspiration en tant que cinéaste.
MORSE de tomas alfredson
Comment êtes-vous arrivé à une telle maîtrise au niveau des effets illustratifs ?
J'ai beaucoup travaillé en amont. Je ne regarde pas de films pour m'inspirer lorsque j'en réalise un moi-même. Mes inspirations viennent plus d'autres expressions artistiques, comme la musique ou la littérature. Je ne révèle jamais mes goûts musicaux car c'est trop intime. Techniquement, le climax final fut la scène la plus difficile à organiser, essentiellement pour des raisons de timing, de lumière, du sang artificiel dans l'eau, de la musique que l'on entend à la radio mais aussi pour le jeune acteur qui reste sous l'eau. Il fallait que tout s'enchaîne de manière fluide.
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CINE : MORSE (LET THE RIGHT ONE IN)Même s’il souffre d’une étiquette péjorative de «bête de festival» et va suscite... | ||







CINE : MORSE (LET THE RIGHT ONE IN)
























