Le gangster devient au fil du temps et de l'évolution du cinéma un visage familier. On aime à souligner son caractère exceptionnel ou marginal, émancipé des lois communes qui régissent la société, dans une liberté précaire car toujours menacée, poussé à demeurer en cavale pour continuer d'en jouir (notamment dans Bonnie and Clyde d'Arthur Penn ou La Ballade sauvage de Terrence Malick).
Le cinéma explore aussi très souvent et magistralement les lois qui régissent le milieu et la morale parallèle propre aux truands (dans Le Parrain de Coppola et Les Affranchis de Scorsese, entrés dans la légende ou dans le plus récent et très bon La Cité de Dieu de Fernando Meirelles). Enfin la figure du truand ou du hors la loi, outrepasse parfois le genre dans lequel on pourrait l'enfermer (dans King of New York d'Abel Ferrara où il devient une figure torturée et spirituelle ou dans l'Impasse de Brian de Palma où il devient l'incarnation d'une destinée tragique et fatale).
Du jugement très moraliste et légaliste du Scarface original jusqu'aux gangsters de cinéma nuancés, complexes et quelquefois à la limite du parodique (dans History of violence de Cronenberg), c'est l'évolution du cinéma en tant que forme d'art capable de richesses, de complexité, de souffle historique, d'ironie, qui se déroule devant nous, rien qu'à l'évocation des figures de truands emblématiques, des bandits, des gangsters qui se révèlent régulièrement dans la beauté de grands films.
Les truands ont donc une large part dans la fascination de plus en plus profonde qu'a pu exercer le cinéma au fil de son histoire.
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