Le bon point, c'est la présence d'un transfert anamorphique qui permet d'assurer un minimum au niveau de la définition. Le mauvais, c'est l'état de la copie où les griffures et autres poussières sont bien visibles. Ces défauts sont accentués par le fait que la compression est souvent bien aléatoire (de nombreux vilains arrières plans). L'image n'est donc pas très belle mais la photo du film était-elle de qualité ? Laissez-nous en douter.
Ça commence par une surprise plutôt bonne. La VO est en Dolby surround et non en stéréo comme indiqué sur la jaquette. Pour autant, le spectacle sonore n'en sort pas grandi. Les explosions sont bien ternes et on a plus l'impression que les responsables pyrotechniques du film n'avaient que quelques pétards à se mettre sous la dent. En fait, seule la musique se voit offrir une certaine ampleur (dommage pour nos oreilles car l'insupportable thème musical des Delta Force est employé à tout bout champ).
La VF est seulement en mono et cela s'entend tellement elle semble écrasée. Bizarrement, les impacts de balles et autres explosions ont presque plus d'impact en mono (le bruit plus sourd y étant pour beaucoup).
Les désormais tristement célèbres menus du pauvre, façon MGM. Un concours de laideur graphique auquel vient se greffer la seule bande annonce du film en guise de supplément. Une misère qui pour une fois ne jure pas avec le niveau du film. Bien au contraire !
Chuck Norris (dans son rôle de monolithe encore moins expressif qu'un Steven Seagal) et un Lee Marvin au bout du rouleau sont les leaders d'une équipe d'intervention, la DELTA FORCE qui va intervenir de façon plus que musclée après le détournement d'un avion par des terroristes palestiniens.
Même si Delta Force réussissait à livrer un film d'action décent avec des séquences filmées avec un minimum de rythme et un sens honnête du cadrage (ce qui au contraire est très loin d'être le cas), cela n'empêcherait en aucune façon le film d'être détestable.
Car résumer la géopolitique du monde de cette façon est un foutage de gueule rarement vu sur un écran. La palme revenant à cette consternante scène où un des terroristes ordonne à l'hôtesse de l'air de chercher les passeports dont les noms sont d'origine juive. En larmes, cette dernière refuse catégoriquement en évoquant le fait qu'elle est d'origine allemande et part dans son couplet sur les nazis et les camps de concentration (!!!).
Le réalisateur, Menahem Golam, également patron des studios Canon (grand pourvoyeur de nanars en tout genre dans les années 80 : American Ninja, Portés disparus, et autre Over the top) se lance dans le film propagande sous couvert d'un récit musclé et militaire. Au mieux cela prête à sourire mais avec le recul, l'énervement l'emporte devant un tel ramassis de médiocrité.
Et dire que l'immense acteur qu'a été Lee Marvin a fini sa carrière sur cette merde ! Il y a des jours comme ça où un seul film peut vous dégoûter du cinéma.
Par Laurent Pécha