L'image en 4/3 plein cadre fait bien plus peur que le film lui même.
Après les 5 premières minutes catastrophiques avec des couleurs d'une fadeur extrême et une compression battant des records de pixelisation (le ciel ressemble à une oeuvre cubique) et un gel de l'image à 1'08'', les choses s'améliorent quelque peu.
Les couleurs prennent vie et l'ensemble gagne en fluidité. On passe alors de catastrophique à juste mauvaise. Il reste tout au long du métrage un manque de définition insupportable et de gros problèmes de
compression.
Une seule piste présente, c'est peu. En stéréo 2.0, la version française du film manque sérieusement de pêche et de relief. En revanche le doublage est de bonne qualité et rend l'ensemble audible. Mais cela ne peut excuser le manque flagrant d'ambiances durant toute la projection.
Un menu très légèrement animé et musical (country en voici) qui ne fait pas illusion très longtemps. On aurait démarré directement sur
le film, cela n'aurait pas changé grand chose. Seul interactivité, l'accès direct aux chapitres.
Une petite ville au coeur du désert californien subit les assauts meurtrier d'un loup-garou. Mais que fait la police ?
La seule originalité (?) du film consiste à transposer le concept du loup-garou, souvent utilisé en milieu urbain (Le loup-garou de Londres, de Paris, de Washington...) dans un far-west contemporain. Mouais, passons sur le scénario. Le véritable problème vient de son traitement et de la réalisation, poussiéreuse à souhait. L'ennui gagne à chaque instant et il faut patienter 23 mn de scènes d'exposition plus pénibles les unes que les autres pour assister enfin à la première attaque du fauve. Parlons en de cette attaque, un
filtre rouge pour simuler la vision du monstre (vraiment original ça ! mais complètement raté).
Le manque de moyens n'explique pas tout. Les volontés du scénariste, monteur, réalisateur, producteur Clive Turner (rien que ça) ne sont pas très claires : sa chose comporte plus de scènes de Country Music (mais alors bien plus) que de séquences se rapprochant de loin à un film d'horreur.
Que reste-il au final ? Ben rien, et surtout pas les effets spéciaux qui font rire ou pleurer (c'est selon) tellement ils sont pitoyables (la métamorphose finale à 1H26''10, tout en morphing ignoble).
On ne s'attendait pas à un tel ratage, d'autant plus que le thème des loups-garous a donné au cinéma fantastique quelques uns de ses meilleurs films : Le loup-garou de Londres, Hurlements et Wolfen.
Par Philip Dowland