L'image est globalement de bonne facture. Pas ou peu de grain. Une image joliement contratée, avec des couleurs parfaites mais qui manque un peu de détails dans les zones sombres. Qui manque de détails tout court d'ailleurs, la faute en imcombe au réducteur de bruit .Quelques tâches sur le master ainsi que quelques problèmes de compression sont malheureusement à signaler.
Le son est présenté en 2.0 stéréo. Sans défaut majeur, mais sans relief particulier.
Les menus sont fixes. On trouve en bonus la bande-annonce du film ainsi que celle de Happy End sorti chez le même éditeur, ainsi que des mini bio/filmo du réalisteur et des interprètes principaux. Et merci Universe.
Critique technique : TOTORO

Le cinéma asiatique continue de nous surprendre par sa richesse et sa diversité, jusqu'à générer d'authentiques ovnis tels que cet ahurissant L'Ile qui reprend à son compte les clichés du drame contemplatif pour en faire un cocktail de situations sulfureuses et de passions perverses. Une expérience inoubliable.
Un ex-flic en cavale après le meurtre de sa fiancée se planque dans l'un des bungalows flottants tenus par Hee-Jin. Celle-ci fait aussi bien office d'hôtelière que de prostituée. Mais rapidement, une passion trouble s'installe entre ces deux marginaux. Leurs sentiments parviendront-ils à surnager dans cet univers mouvant et traître ?
Kim Ki-Duk fait de l'élément liquide le symbole de l'existence humaine, chaque ilôt représentant l'être humain, par essence individualiste et solitaire mais contraint, par les nécessités pratiques, à s'échaffauder une vie sociale. De là découlent toutes les séquences d'un réalisme cru où les actions du quotidien (uriner, manger, baiser) sont autant d'épreuves. Totalement métaphorique, le scénario de L'Ile incarne avec brutalité les relations entre les protagonistes : ainsi, la séduction revient à prendre autruit à l'hameçon, âmes sensibles s'abstenir...
L'Ile a la force imparable des films qui assument jusqu'au bout leurs partis pris, quitte à vider la moitié de la salle et à laisser l'autre moitié partagée entre l'incompréhension et le dégoût. Mais il est clair qu'au delà de son sadisme insensé, L'Ile regorge d'un très solide humoir noir impitoyable.
Laissez-vous pêcher par le cinéma hautement barré de Kim Ki-Duk !
Par Denis Brusseaux