Un transfert de belle facture. La caméra en mouvements de Zonca, adoptant un style très cassavetesien, est servie par une image pas loin d'être irréprochable. La compression d'abord n'accuse aucun défaut, et le film jouit d'une belle fluidité (vu le dynamisme des scènes, c'est là une qualité primordiale). Les contrastes sont profonds et riches, rendant avec raffinement les scènes de nuit, où les lumières éclatent par endroit et déploient de belles nuances. Chaque détail se détache avec clarté, la profondeur de champ est appréciable. Le master est immaculé. La palette colorimétrique est assez impressionnante de justesse, sublimant les moments différents du film (la boite de nuit aux couleurs factices, les matins blafards et saturés d'une lumière froide, les intérieurs glauques, la verdeur de la forêt, la chaleur du désert, le Mexique). Le centre d'attention, c'est
Tilda Swinton. L'image précise souligne sa peau diaphane, la splendeur en désordre de ses cheveux écarlates et surtout ses yeux vert émeraude qui semblent transpercer l'image. Son regard apporte une nuance tranchante dans un monde souvent plus monochrome. Studio Canal nous permet d'apprécier et de percevoir Julia dans d'excellentes conditions.