Assez proche de celle du zone 1, l'image possède des couleurs joliment saturées (trop même parfois, les chemises de John Wayne et leur ton vif pouvant faire office de mire de réglage). Le master possède une bonne tenue (la copie souffre toutefois de l'usure du temps), la compression s'est faite sans véritable heurt et la définition s'avère convaincante (surtout pour un film de cette époque).
Les défauts sonores du zone 1 sont malheureusement repris et même légèrement amplifiés. Ainsi, la VO qui au demeurant possède une richesse et une dynamique bien supérieures au mixage français, souffre de la présence d'un souffle persistant. On note toutefois une usure manifeste de la bande son à 1H 15mn 30 et durant quelques secondes. La VF a beau être moins touchée par un souffle intempestif et possédait un doublage excellent (exception faite de la voix de James Caan), rien ne peut remplacer le naturel et le charme de la version originale.
Côté bonus, comme trop souvent pour de tels classiques, on n'a le droit qu'au minimum syndical, c'est à dire la bande annonce (en Vo non sous-titrée de surcroît). Les menus sont, quant à eux, tristement fixes et graphiquement pauvres.
Le sheriff J. P. Harrah (Robert Mitchum), ayant depuis longtemps sombré dans l'alcoolisme, tente de faire respecter l'ordre dans sa petite ville. Un riche propriétaire terrienne a mis un contrat sur sa tête. Cole Thornton (John Wayne), fine gâchette mais handicapé depuis peu par une vilaine blessure, arrive à point nommé pour aider son vieil ami.
Remake, variation, prolongement de Rio Bravo, El Dorado, est un peut tout cela à la fois.
Western formidable, El Dorado permet au regard cinéphile de s'amuser à noter et décortiquer les ressemblances (multiples à l'image de cette montée nocturne de la rue à la recherche d'un assaillant) et les différences (également multiples, le rôle des femmes étant moins fort ici que dans le précédent film) d'une oeuvre à l'autre.
Le novice, quant à lui, se délectera avec un récit lancinant mettant en exergue l'amitié virile, le conflit de générations, l'incompréhension (ou la difficile entente) des sexes, le courage le tout gravitant autour d'archétypes du genre (les magnifiques duels au pistolet en premier lieu) filmé et cadré de manière sublime (mais est-il besoin de le rappeler ?).
On attend désormais qu'un éditeur (FPE) prenne l'initiative de sortir, Rio Lobo, ultime variation orchestrée par Hawks, histoire de se faire dans la même soirée, une triptyque unique en son genre.
Par Laurent Pécha